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Le bonus moyen à Paris est plus de 3 fois inférieur à celui de Londres

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Après plusieurs années de vaches maigres, les attentes des financiers parisiens à l’égard de leur bonus 2014 étaient très fortes. D’autant que les banques françaises ont toutes enregistré de bons voire d’excellents résultats en 2013. Verdict de l’enquête eFinancialCareers* : 2014 affiche un léger mieux par rapport à 2013, mais les financiers français restent sur leur faim…

Près de la moitié (48%) des 250 financiers français sondés cette année ont vu leur bonus augmenter par rapport à celui de l’an passé. C’est beaucoup plus que les 36% bénéficiaires d’une hausse l’an dernier. Cette année, dans le même temps, 24% des collaborateurs ont vu leur bonus stagner et 20% leur bonus diminuer. Des évolutions assez similaires à ce qui a été observé dans les enquêtes réalisées par eFinancialCareers sur les autres grandes places financières.

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VOIR : INFOGRAPHIE (complète) – Bonus 2013 des financiers

Selon notre enquête, le bonus moyen en France s’établit à environ 20.400€ soit 28,2k$, un peu plus qu’en Allemagne (26,9k$) et, plus surprenant qu’à Singapour (20,3k$), où les bonus n’ont pas été bons cette année. En revanche, les financiers français ont de quoi envier leurs collègues américains (72,8k$) et surtout leurs confrères basés à Londres qui ont empoché un bonus en moyenne 3,4 fois plus élevé (96,6k$).

La City, championne des bonus 2013

La City n’a pas été seulement là où le bonus moyen a été les plus élevé au monde cette année, c’est également sur cette place financière où le bonus moyen a enregistré la plus forte progression en un an, soit +30% alors qu’ailleurs les hausses sont modestes (+2% à Hong-Kong par exemple). Comme si Londres voulait défier une dernière fois l’Union européenne, qui a instauré à partir de 2015 un plafonnement des bonus à deux fois le montant du salaire fixe.

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VOIR : INFOGRAPHIE (complète) – Bonus 2013 des financiers

En attendant, pour beaucoup de professionnels parisiens, l’écart croissant avec La City est source de frustrations. « Vous avez vos collègues ou confrères à Londres avec qui vous travaillez quotidiennement et qui font exactement le même job que vous, et qui sont rémunérés trois fois plus que vous ! Même avec un coût du logement et des écoles plus élevés, cet écart est difficilement acceptable pour les banquiers français et crée une forme de désemparement voire de démotivation », confie un banquier d’investissement qui a préféré jeter l’éponge et finalement quitter une grande BFI française après y avoir passé 15 ans… pour rejoindre un leader de l’assurance.

Le compte n’y est pas !

Tous marchés confondus, les Français sont d’ailleurs les plus nombreux à trouver que le montant de leur bonus n’était pas à la hauteur cette année. Ainsi 61% d’entre eux estiment leur bonus en deçà de leurs attentes, c’est bien plus que sur les autres places financières, y compris celles où le bonus moyen est inférieur au bonus moyen des Français, comme en Allemagne (seulement 27% d’insatisfaits), à Singapour (42% de mécontents) et au Moyen-Orient (47%).

Pour Odile Couvert, co-fondatrice du cabinet de chasse Amadeo Executive Search Managing Partner à Paris, « les bonus ont certes augmenté cette année parfois significativement dans certains établissements (jusqu’à 40% de hausse en un an) – après un cru 2013 qui avait déjà marqué la fin de la baisse – cependant ils restent toujours très loin des niveaux de 2008, environ 50-60% inférieurs à ce qu’ils étaient alors ».

Voilà pourquoi les financiers français restent sur leur faim, selon elle. Et la consultante d’illustrer schématiquement : « un financier qui gagnait 100k€ de bonus avant la crise, a touché au mieux 25k€ pendant les années 2009-2012. Au vu des bons résultats des établissements financiers l’an dernier, il espérait 70-80k€ et n’a reçu que 50-60k€ ! ».

Bonus « discrétionnaires »

Autre source de frustration : la distribution dite « discrétionnaire » des bonus. Le bonus médian se révèle plein d’enseignements pour comprendre les distributions asymétriques. En France, le bonus médian au titre de 2013 est de seulement 9.400€ (autrement dit, les financiers à empocher une somme supérieure à ce chiffre sont aussi nombreux que ceux à avoir empoché moins). C’est deux fois moins que le bonus moyen (20.400€), laissant entendre qu’une petite poignée de financiers se sont vus attribuer de très hauts variables, faisant ainsi monter « artificiellement » la moyenne.

Rien d’étonnant dans un contexte de retour de guerre des talents. Pourtant, là encore, les top performers n’ont peut-être pas autant été choyés à Paris qu’à Wall Street ou à la City où cette année le bonus moyen a atteint près de 5 fois le bonus médian. Les banquiers stars semblent d’ailleurs bénéficier sur ces places financières d’une part de plus en plus importante de l’enveloppe des bonus. « Malgré une différenciation croissante ces dernières années également en France, les bonus y demeurent encore bien moins individualisés qu’ailleurs, surtout dans les grandes banques », témoigne Etienne Maillard, fondateur et associé de Themis Executive Search.

Les fixes au point mort

À Paris, cette année, les financiers sont souvent plus déçus par leurs fixes que par leur bonus, qui ont souvent augmenté notamment car le gateau a été partagé entre moins de personnes, fait remarquer Florence Soulé de Lafont, associé en charge de la Finance au sein du cabinet Boyden à Paris. « En revanche, les fixes ne bougent pas en France, et restent à la traîne. Pendant ce temps, beaucoup d’établissements à Londres ont déjà déjoué les contraintes réglementaires européennes qui pèseront sur les prochains bonus en revalorisant les fixes et en créant des ‘allocations mensuelles’, des variables déguisés sous forme de fixe en somme, et déjà effectifs depuis plusieurs mois », observe cette consultante.

Cette année, 48% des financiers n’ont pas connu d’augmentation de salaire, selon l’enquête eFinancialCareers. Plus de 4 financiers sur 10 (44%) se déclarent insatisfaits, voire très insatisfaits de leur fixes – une proportion identique à l’an passé.

Un printemps sous le signe du retour des chaises musicales ?

D’ailleurs, 40% des financiers envisagent de trouver un nouvel emploi dans une autre entreprise cette année. Ce désir de mobilité est confirmé par les recruteurs, qui peignent également un contexte plus opportun. « L’industrie financière parisienne retrouve des couleurs, on constate des redéveloppements d’équipes (à l’exception de la finance de marchés), des étrangers reviennent à Paris… Il devrait y avoir des départs et le retour des mobilités ce printemps après 5 ans quasiment de statu quo », prédit Odile Couvert d’Amadeo Search. Seul dilemne pour les banquiers : changer d’employeur ne garantit pas un meilleur bonus, pas plus qu’une promotion interne.

 

* Méthodologie : l’étude eFinancialCareers Bonus 2013 pour la France a été réalisée en ligne en mars 2014 auprès de 337 professionnels de la finance résidant ou travaillant en France. Elle a recueilli les réponses de 250 professionnels de la finance informés de leur bonus, employés en majorité par des établissements comptant 1.000 salariés ou plus (65% du panel). La moitié des répondants travaillent en banque, un quart chez un gestionnaire d’actifs, et le reste au sein de hedge funds, sociétés de conseil, courtiers ou assureurs. Près de 2/3 du panel (63%) travaillent en front-office.

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