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Conseils carrière : les banquiers quadra parlent aux trentenaires…

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Il y a quelques semaines, une psychologue chargée de coacher des analystes et des associés de Goldman Sachs avaient insisté dans un article publié sur notre site anglais sur le fait qu’il ne fallait « pas penser que nos 20 ans comptent pour du beurre ». Ces années sont déterminantes pour la suite de votre vie. 

Si la vingtaine est un prélude important, la trentaine marque un vrai tournant dans la vie elle-même. La quarantaine, elle, consacre la vie tant professionnelle que familiale. Si vous travaillez dans le secteur bancaire (où les carrières se terminent souvent vers 45 ans), vos 30 ans vont donc être LA décennie qui feront (ou pas) la différence. Voilà comment les gérer, d’après les conseils de psychologues qui ont travaillé avec des banquiers et de cinq professionnels senior de l’industrie financière, qui après avoir vécu leur trentaine ont basculé de l’autre côté de la force.

1 – Dominez votre sujet !

« Trouvez votre secteur et brillez-y », affirme un managing director responsable des métiers actions dans une banque d’investissement américaine. Passé 30 ans, vous avez une décennie pour devenir l’expert dans votre secteur. « Si vous êtes dans les ventes, vous devez être le meilleur vendeur. Si vous êtes dans la recherche, vous devez être le meilleur analyste sur votre marché. Si vous travaillez dans le trading, affichez le meilleur P&L dans la limite de la gestion des risques définie par votre banque », explique-t-il. Car selon lui, à partir de 40 ans, il ne sera plus question que de management.

Kate Grüssing, une ancienne banquière chez JPMorgan et fondatrice de la société de recherche Sapphire Partners confirme : « Vous devez devenir the expert – que ce soit en termes de segmentation de clients, de secteur, de produit ». Et, selon elle, c’est d’autant plus cruciale pour les femmes qui envisagent d’avoir des enfants, à défaut de quoi leurs collègues hommes auront plus encore les coudées franches pendant qu’elles seront en congés maternité notamment. 

2. Pensez aux conséquences de vos choix de carrière

« Durant la trentaine, il est surtout question de planifier et d’anticiper », affirme Chris Wheeler, directeur chez Mediobanca, après avoir passé dix ans chez Lehman Brothers, puis dix ans chez Barclays. Gardez en tête que ce que vous faites pendant cette décennie déterminera les 10 prochaines années de votre vie professionnelle. « Essayez d’être avant-gardiste et de vous projeter pour savoir ce vous voulez faire exactement dans 10 ans », conseille ce banquier.

« Dans cette industrie, on travaille de longues heures si bien qu’il est facile de simplement se laisser happer par le courant, ajoute-t-il. Essayez de prendre un peu de recul et de planifier votre avenir. »

Rétrospectivement, Chris Wheeler avoue qu’il aurait aimé travailler en Asie alors qu’il était bien plus jeune…

3. Trouvez un mentor (ou lâchez l’affaire !)

Si vous n’avez pas trouvé un “mentor” ou un “sponsor” en la personne d’un banquier senior avant de passer le cap de la quarantaine, vous pouvez abandonner, avance (en plaisantant qu’à moitié) Peter Hahn, un ancien directeur général de Citigroup qui enseigne maintenant la finance à la Cass Business School à Londres.

« Si vous travaillez pour une petite organisation, vous pouvez être bon et vous faire remarquer. Mais si vous travaillez dans un grand établissement, vous aurez besoin de quelqu’un pour vous aider. J’ai eu quelques années un peu difficiles, et puis un banquier senior m’a repéré et fait prendre à ma carrière un joli tournant », témoigne-t-il.

4. N’essayez pas de mettre toute votre vie en ordre en même temps

La plupart des trentenaires supportent beaucoup de pression, constate Karin Peeters, une coach habituée à travailler avec des banquiers. « Ils sentent qu’ils doivent se réaliser dans tous les aspects de leur vie : avoir une vie sociale excitante, dégotter un super job, faire beaucoup d’argent, trouver ou garder sa moitié, penser au mariage et aux enfants, acheter un appartement qui impressionnera leur entourage, décrocher régulièrement des promotions, faire du sport pour rester en forme, etc., etc. La liste est sans fin, et il est très difficile de voir tous ses vœux exhaussés ».

5. Ne restez pas coincé dans un personnage qui ne vous ressemble pas 

Karin Peeters remarque que parmi ses jeunes clients travaillant dans l’industrie financière, beaucoup mènent une vie pour plaire avant tout à d’autres. Ces derniers ont l’habitude de dire : “Mon titre rend mon père très fier, mais je ne suis pas si sûr d’aimer ce que je fais” ou “j’ai dit oui à cette promotion, mais – si je suis honnête avec moi-même – je l’ai fait parce tout le monde attendait cela de moi, en réalité ce nouveau job ne m’intéresse pas plus que ça”.

« Si vous vous sentez vivre la vie d’un autre, pour plaire aux autres ou satisfaire la petite voix qui vous dit “tu dois, tu devrais, tu es censé faire cela”… Méfiez-vous ! », prévient Karin Peeters. Vous ne voulez pas vous retrouver en burnout, marié(e) à la mauvaise personne ou simplement épuisé(e) d’avoir trop essayé. « Si le corps et l’esprit sont accablés, vous ne vivez pas votre vie. Prenez le temps de faire le bilan, il n’est jamais trop tard pour changer de cap et de reprendre votre vie en main », assure-t-elle.

6. Si vous êtes une banquière et que vous voulez des enfants, commencez à penser très vite à la façon dont vous allez vous organiser  

Oliver James, psychologue et auteur de nombreux ouvrages traitant des problèmes des sociétés riches, considère que la trentaine est une période particulièrement difficile pour les banquières. « Si vous êtes une femme, vous devez commencer à réfléchir au sujet des enfants dès que possible, en particulier à la question de la garde des enfants », conseille-t-il.

De nombreuses études suggèrent que les trois premières années de la vie d’un enfant sont cruciales pour son évolution cérébrale. Les jeunes banquières peuvent ne pas être en mesure d’avoir une nounou à domicile ou ne pas vouloir de nounou et préférer un mode de garde collectif. « La chose la plus difficile pour ces femmes est finalement de trouver un homme qui, en plus de leur plaire, sera capable d’être un père disponible et attentionné avec leurs jeunes enfants », conclut Oliver James (sur une note sujette à controverse).

7. Mettez un frein à vos dépenses

Sans distinction de sexe, tous les trentenaires employés dans les services financiers doivent faire attention à leurs dépenses, conseille Oliver James. « Un nombre incroyable de banquiers dépensent sans mettre un sou ou presque de côté », nous dit-il. Or le mode de vie dans les grandes villes (en particulier à la City) est tel que souvent vos dépenses montent progressivement en flèche pour rattraper dangereusement le niveau de vos revenus. Et au psychologue d’interpeller : « Rappelez-vous lorsque vous étiez étudiant, avez-vous vraiment besoin de beaucoup plus ? »

8. N’ignorez pas l’avis des autres, mais ne suivez pas non plus toujours à la lettre ce que l’on vous dit

Pendant cette période de votre vie, tout le monde autour de vous aura une opinion sur votre vie en général et votre carrière en particulier, explique un vendeur senior employé par une banque américaine. « Le monde est rempli de gens qui essaient de vous faire faire ce qu’ils pensent que vous devriez faire. Écoutez-les tous, mais ne les laissez pas vous écarter du chemin que vous pensez être bon pour vous », tranche-t-il.

9. Rappelez-vous : le début de la trentaine doit être consacré à la production, tandis qu’à l’approche des 40 ans, la « politique » interne deviendra centrale

Dernier point, vos 30 ans constituent une décennie charnière dans votre carrière. « Au départ, il faut misez sur la production et le résultat, mais vers la fin il sera surtout question de politique interne, explique ce vendeur expérimenté. Plus vous montez en grade, plus votre travail sera considéré pour acquis. Pourtant, en devenant plus senior, vous aurez toujours autant besoin de travailler, à la simple différence que la reconnaissance de ce travail sera contraint par les questions de politiques internes ».

« En fin de compte, c’est un travail d’équipe, ajoute-il. Il m’a fallu dix ans pour le comprendre »

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