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Quant awards 2013 : la crise n’a pas tué les mathématiques financières

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Organisés par CFA Society France en partenariat avec State Street global advisors, les Quant awards ont primé, pour cette quatrième édition, Jean-Damien Villiers, pour son mémoire : « Non Linear Dependence Structures: a Copula Opinion Approach in Portfolio Optimization ». Le diplômé de l’ESSEC s’est imposé parmi les 13 inscrits de ce concours de finance quantitative, tous étudiants en dernière année de master dans des grandes écoles de commerce et d’ingénieur. Comme tous les ans, les Quant awards ont fait la part belle aux sujets techniques, à contre-courant de la méfiance que la crise a provoquée contre les instruments et techniques financières les plus complexes.

Stratégie professionnelle et calcul financier

Pourquoi, dans ce contexte, le succès de la finance quantitative ne se dément-il pas ? Dans un pays où les mathématiques occupent une place centrale dans la hiérarchie des cursus et rayonnent depuis les années 1980 dans le champ de la finance quantitative, autour de prestigieux masters comme celui dirigé par Nicole El Karoui à Jussieu (Paris 6), les étudiants sont naturellement friands de technicité.

Au-delà de la passion pour la discipline, le concours s’insère dans des stratégies professionnelles. « Les recherches d’emploi sont de plus en plus compliquées, explique pour Philippe Maupas, président de CFA Society France, qui n”embauche pas en tant que tel, l’association étant exclusivement composé de volontaires. Néanmoins nos 750 membres travaillent au sein de grands gérants d’actifs comme SSgA, partenaire de l’évènement, de banques, de compagnies d’assurances… Ce prix a clairement pour vocation de faciliter la recherche d’emploi, en donnant une visibilité au gagnant. »

Frédéric Jamet, membre du jury et directeur des investissements chez SSgA, met en avant les 3.000 euros donnés au premier prix : « Si vous êtes un étudiant en finance et que vous êtes strictement rationnels, quand vous avez l’occasion d’augmenter votre richesse, tout à fait logiquement, vous devez le faire. » De fait, la participation à un concours souligne l’esprit de compétition et la capacité à se motiver dans un but financier, des qualités professionnelles qui complètent le profil scientifique pointu des étudiants en finance quantitative.

Un travail de recherche avec une dimension opérationnelle

Le classement des candidats se fait sur un plan strictement scientifique. Les membres du jury attribuent des notes aux mémoires soumis durant l’été, en fonction de quatre critères, la présentation, la précision, l’applicabilité et l’innovation. « Nous avons orienté le prix vers des articles de recherche qui ont un côté opérationnel », confie Frédéric Jamet. Attention au hors sujet, donc : les travaux doivent se rapporter à des méthodes de gestion, et ne pas constituer des études de recherche fondamentale, sans application pratique.

Le critère d’innovation apparaît crucial pour l’obtention des premières places. Le travail de Jean-Damien Villiers fait ainsi appel au concept de copule, et propose ainsi une « technique d’optimisation de portefeuille qui va bien au-delà des approches traditionnelles », commente Frédéric Jamet. Parmi les mémoires qui ont retenu l’attention du jury, se trouvent des sujets tels que la stratégie utilisée pour identifier des sociétés sous-valorisées à partir d’indicateurs originaux, la problématique d’utilité dans les hedge funds, le calcul de volatilité pour tracer les produits dérivés.

Une approche traditionnelle à contre-courant

Dans le procès intenté aux mathématiques financières depuis 2007, procureurs et avocats ont pour ainsi dire fait match nul. La confiance dans les modèles mathématiques a été ébranlée, suscitant une inquiétude d’autant plus forte que ceux-ci sont devenus structurants pour les marchés depuis les années 1970. Mais les partisans des maths ont su se défendre en rappelant que les formules n’étaient que des instruments et que les catastrophes restaient de la responsabilité des hommes.

Ces questionnements soulevés par la crise ont cependant affecté le champ de la recherche dans le domaine des mathématiques financières. D’après Frédéric Jamet, « depuis 2007, on voit des interrogations moins techniques mais plus fondamentales, sur le rôle de la gestion, sur ce qu’est une obligation souveraine, sur ce qu’est un taux sans risque… » Les Quant awards ne suivent pas tout à fait ce mouvement. Les étudiants saisissent l’occasion pour se confronter à des problématiques opérationnelles plus en ligne avec leur futur métier. « Les études proposées portent sur des choses relativement sophistiqués, en termes de niveau de calcul, de technicité des instruments, d’élaboration de l’approche… Ainsi, le choix des sujets est plus dans la lignée quantitative et technique. »

Une manière pour les professionnels de rendre sa légitimité à leur cœur de métier. Par les Quant awards, CFA Society France fait le pari que l’excellence scientifique renforce nécessairement la déontologie. Une partie des candidats a commencé à suivre, avant de participer au concours, un programme CFA. « Nous voulons récompenser une recherche innovante, sans perdre de vue l’objectif stratégique de CFA Institute : remettre la finance au service de la société », conclut Philippe Maupas. Face au succès du concours, ses organisateurs ont décidé de l’internationaliser : la prochaine édition sera portée à l’échelle européenne.

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