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CV : ce qu’il faut y mettre pour faire mouche auprès des recruteurs en finance

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Vous connaissez la rengaine : pour taper dans l’œil des recruteurs – qui souvent reçoivent une centaine de candidatures par jour – il faut savoir se démarquer, idéalement en mettant en avant des compétences que ces derniers peinent à trouver.

Il ne faudrait pas pour autant oublier le B.A-BA : répondre à une offre qui correspond bien à votre profil. « Nous écartons près d’un CV sur deux simplement parce que le candidat ne possède pas les diplômes ou l’expérience en lien direct avec la discipline sur laquelle il devra travailler », explique Gregory Lachmany, directeur associé de Walters People France. Et ce dernier de conseiller de mettre en gras sur votre CV les compétences requises dans l’offre d’emploi. Pour les professionnels de plus de 10 ans d’expérience, exit le CV version “historique de vos expériences” où le risque de doublons des tâches est fort, et optez plutôt pour un CV organisé par domaine de compétences.

Voilà pour la piqure de rappel sur les basiques. Maintenant intéressons-nous aux termes et autres phrases clés qui excitent la curiosité des recruteurs et chasseurs de têtes.

1 – Un Master 2 spécialisé en finance et la maîtrise du jargon financier

Commençons par le commencement. Dans la rubrique Formation, vous devrez idéalement justifier d’un Master 2 spécialisé en finance. « C’est devenu la norme, y compris pour des postes basiques en back-office  », relève Hélène Frasca, manager de la division banque de Walters People. Afin de valoriser ce diplôme, un candidat junior devra justifier d’une première expérience dans le domaine (stage ou alternance) afin de pouvoir être rapidement opérationnel sur les produits complexes (dérivés, OPCVM…), précise cette consultante.

Votre CV doit non seulement refléter vos compétences, illustrées de manière lisible sous forme de bullets points par exemple, mais « aussi inclure un maximum de technicité », relève pour sa part Gregory Lachmany, qui cite l’exemple d’un comptable qui pourra faire référence à des termes comme clôture comptable, gestion des cutt off bas de bilan, normes IFRS, états financiers US GAAP.

2 – Des chiffres, encore des chiffres !

Par nature, les financiers sont à l’aise avec les chiffres. Aussi pas de raison de ne pas en mentionner dans le CV, « sous la forme d’indicateurs de productivité par exemple », conseille Gregory Lachmany. Et toutes les fonctions sont concernées. Le gestionnaire paie indiquera le nombre de paies qu’il peut traiter en autonomie. Idem pour le comptable sur le traitement et la comptabilisation d’un volume de factures chiffré.

Afin d’illustrer un bon track record auprès de clients institutionnels, un asset manager pourra donner le montant d’actifs nets par an qu’il est capable de collecter. « Un commercial institutionnel ayant affiché une collecte nette supérieure à 300 millions d’euros sera au centre de toutes les attentions », nous confie Denis Marcadet, président du cabinet Vendôme Associés.

Pour avoir plus d’impact, vous pouvez également détailler les opérations sur lesquelles vous êtes intervenu. « Dans un CV, il ne faut pas hésiter à développer les caractéristiques des investissements en mentionnant par exemple la taille de la cible, son chiffre d’affaires, ses effectifs, le montant de la dette levée », explique Jérôme Hacquard, associé gérant du cabinet de chasse Singer & Hamilton.

3 – À chaque job son progiciel…

Dans les postes à pourvoir en banque, Hélène Frasca se dit « particulièrement réceptive aux candidats qui maîtrisent la programmation (VBA, C++, SQL) et connaissent suffisamment bien les logiciels spécifiques métiers pour être immédiatement opérationnels ». À chaque job son logiciel : crédits financiers (Loan IQ), OPCVM (GP 3, Chorus), flux (Swift), marchés de capitaux (Summit, Calypso). Les sites d’informations financières (Bloomberg, Reuters,…) doivent aussi être maîtrisés, rappelle-t-elle.

De son côté, Gregory Lachmany, assure qu’il y a un intérêt, « au-delà de la maîtrise des logiciels comptables (Sage, SAP, JD Edwards, HyperVision…), de faire apparaître dans le CV une sensibilité informatique comme par exemple la maîtrise de l’ergonomie d’un ERP ou mettre en avant les connaissances en programmation (VBA) pour les contrôleurs de gestion ou un analyste financier notamment. »

4 – Connaissance des normes et de leur mise en application

Pour Hélène Frasca, un bon CV doit mettre en avant votre maîtrise de la partie réglementaire selon le secteur d’activité : Bâle 3 pour les banques, Solvency 2 pour les assurances ou encore réglementation AMF pour la gestion d’actifs.

En rapport avec l’application des normes, la simple évocation d’une expérience en audit interne peut suffire à attirer l’attention. C’est encore mieux si les auditeurs internes peuvent justifier sur leur CV d’un « passage antérieur en cabinet d’audit externe car ils y apprennent la méthode, la résistance à la pression, à tenir les délais ainsi qu’à développer la capacité de travail », précise Valérie Kolloffel-Clavert, du cabinet Nicholas Angell.

Pratiquement tous les secteurs financiers sont concernés. « Un CV qui offre un double parcours risque/contrôle, entre la BFI et les régulateurs est le bienvenu », précise-t-on chez Vendôme AssociésCôté IT bancaire, les recruteurs sont sensibles au profil d’un Architecte avec une double compétence fonctionnelle et opérationnelle qui participe, par exemple, à l’uniformatisation mondiale des SI de filières métier en intégrant les normes et contraintes de chaque place financière, selon le cabinet.

5 – Vous maîtrisez les process de A à Z (ou presque)

« Idéalement, si vous justifiez d’une expérience “projet” avec l’automatisation de tâches récurrentes et la mise en place de process cela sera un plus sur votre CV », rapporte Hélène Frasca, citant en exemple l’automatisation de reporting financiers à destination des clients.

Dans la même veine, les candidats qui sont à même de maîtriser les différentes étapes d’un processus d’investissement ont tout pour plaire aux recruteurs. « Nous constatons une vraie demande pour les spécialistes du montage, également impliqués dans la vente et le trading », déclare sous couvert d’anonymat un chasseur de têtes expert du secteur de la dette “high yield”.

En private equity par exemple, ceux qui ont une expérience dans l’origination, l’exécution et le suivi d’investissement sont activement recherchés. Ne négligez donc aucun de ces aspects. « Et cela vaut aussi pour les profils juniors qui, à défaut d’être eux-mêmes à l’origine d’une opération, peuvent toujours indiquer qu’ils ont participé à son origination », explique Jérôme Hacquard. L’expérience n’attend pas le poids des années !

6 – Des mots qui flashent : DETTE, DIGITAL ou BILINGUE ANGLAIS

En fonction du contexte économique, il est des mots qui exercent une véritable fascination chez les recruteurs en finance. « La conjoncture est porteuse pour tous les spécialistes de la dette, aussi bien dans les directions financières (structuration, restructuration et renégociation de dette) que dans le corporate finance (Dette / Capital Advisory) », relève Jérôme Hacquard.

Parmi les métiers de la dette les plus recherchés recensés par le cabinet Vendôme Associés, on peut citer le directeur de fonds de dette, les analystes credit senior (notamment High Yield) et des spécialistes rating (agence de notation), sachant qu’il existe entre ces fonctions des passerelles et une mobilité cross-sector.

Les nouveaux métiers du digital exercent eux aussi une certaine fascination auprès des recruteurs et chasseurs de têtes. « Data scientist, architecte big data ou expert en data visualisation : ces profils sont particulièrement recherchés par les entreprises brassant un nombre colossal de données d’origines multiples », explique Benjamin Stanislas, fondateur et directeur de Clémentine, un cabinet de conseil en recrutement spécialisé dans les métiers du web.

Enfin, la dimension internationale de la finance requiert une parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare. Or, nombreux sont les cabinets de recrutement (Robert Walters, Michael Page, Approach People pour ne citer qu’eux) qui pointent régulièrement le trop faible niveau en anglais des cadres français en finance. À défaut d’être bilingue, on exigera de vous « la maîtrise de l’anglais a minima et si possible d’une troisième langue », complète Valérie Kolloffel-Clavert. Et si c’est une langue prisée comme le russe ou chinois par exemple, c’est évidemment encore mieux pour décrocher un poste en relation avec les marchés émergents.

Crédits photo : AndSim / gettyimages

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