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« Best of » des pires questions posées en entretien

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Les responsables recrutement des institutions financières et les consultants des cabinets et autres chasseurs de têtes n’ont pas toujours bonne presse auprès des professionnels à la recherche d’un emploi. En effet, à peine un tiers des financiers se déclarent satisfaits ou très satisfaits par le processus de recrutement après avoir postulé en direct auprès d’un employeur. Ce chiffre tombe à 19% lorsqu’ils ont à faire avec un cabinet de recrutement ou un chasseur de tête !

Tel est l’un des nombreux enseignements tirés d’une enquête eFinancialCareers.fr menée il y a quelques années mais qui reste toujours d’actualité à en juger les témoignages que nous recevons de candidats ayant récemment passé des entretiens.

Parmi les raisons expliquant ce désamour figure la manière dont sont menés les entretiens d’embauches. Pour s’en convaincre, nous avons pris le temps de lire attentivement les 161 réponses données par les sondés à la question « quelle est la pire question que l’on vous ait jamais posée en entretien ? ».

Certaines sont tout simplement illégales, quand elles ne sont pas outrageantes, bizarres ou juste piégeantes car difficiles voire impossibles à répondre… Attention, préparez-vous vraiment au pire… A ce sujet, le cabinet de recrutement Fed Finance spécialisé dans les métiers financiers, comptables et de gestion, vient de dresser la liste des questions illégales en entretien d’embauche.

Les questions interdites « en théorie »

Théoriquement, seules les questions permettant d’évaluer l’aptitude du candidat pour le poste sont autorisées par la loi. En pratique, c’est une autre histoire. Les questions discriminatoires sont spontanément celles les plus citées ici par les financiers interrogés, au premier rang desquelles les questions relatives à l’âge. « Quel âge avez-vous ? »  revient une dizaine de fois. On trouve même plus pervers : « La discrimination par l’âge est interdite par la loi, mais ne pensez-vous pas que 30 ans c’est trop âgé pour le poste ? » ; Un candidat âgé de 29 ans à l’époque à qui l’on demande son âge, se voit ensuite dire « vous n’êtes pas jeune » ; ou encore « à 40 ans, avez-vous encore vraiment la motivation pour évoluer ? ».

L’autre dérapage totalement incontrôlé et aussi très courant concerne la situation familiale : « Est-ce que vous pensez vous marier ? », « Êtes-vous fiancé ? » « Pourquoi avez vous divorcé ? », mais surtout « avez-vous, souhaitez-vous, comptez-vous avoir des enfants » ou autre variante « Pourrez-vous concilier travail et vie de famille avec 2 enfants en bas âge? » restent des questions favorites visiblement d’un certain nombre de recruteurs. Deux perles à relever dans ce domaine : « Vous êtes une femme, ce n’est pas trop compliqué ? », et celle qui explose tous les interdits : « Vous êtes une femme et vous n’avez pas encore d’enfant : quel âge avez-vous ? ».

Ne sont pas en reste, bien que plus en retrait, les questions sur la religion, la nationalité, les « origines » du nom, ou encore l’orientation sexuelle des candidats (« Êtes-vous gay ? ». Véridique : un candidat s’est vraiment vu poser cette question).

Enfin dans cette catégorie, spéciale dédicace à la question ‘école des fans’ « que font vos parents dans la vie ? ». Un candidat témoigne du « petit rire gêné quand je leur ai dit qu’ils étaient ouvriers », un autre nous indique qu’on lui a posé la question alors qu’il avait 55 ans, et que ses parents étaient décédés.

Rappelons au passage que face à ces questions d’ordre privé, le candidat est en droit de refuser de répondre, mais aussi de mentir.

Les questions sexuelles (ou ‘juste’ vulgaires)

Nous avons mis artificiellement ces questions à part pour les besoins de l’article. Pour autant, elles relèvent des mêmes interdits législatifs.  En voici quatre qui ont clairement franchi la ligne :

– Que portez-vous comme dessous ?

– Je vois que vous êtes auditeur. Comment feriez-vous pour m’auditer moi ?

– Comment réagiriez-vous si on vous proposait une relation homosexuelle ?

– Qu’est-ce qui vous fait “bander” ? (Pour information, le candidat était une candidate. Sans commentaire !)

Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Les recruteurs français ne sont pas en manque d’inspiration quand il s’agit de sortir hors des sentiers battus du classique entretien. Même avec beaucoup de volonté, on ne comprend pas franchement le lien avec la sélection d’un candidat pour un job donné… à vous d’en juger :

– Si vous étiez un animal / un légume, vous seriez quoi ?

– Votre signe astrologique ?

– Quelle est votre couleur préférée ?

– Quel est votre joueur de foot préféré ?

Il y a plus bizarre encore :

– Si un client vomit, comment réagissez-vous ?

– Voulez-vous vous payer une voiture à 60.000 euros ?

Et, aussi, de drôles de demandes :

– Faites-nous une blague !

– Faites un écrit d’une dizaine de lignes.

– Traduisez-moi mon acte notarié italien.

Les questions techniques pièges, impossibles à répondre

Ce n’est pas un scoop, les employeurs en finance sont friands des tests de raisonnement numérique et autres questions techniques. Certaines mettent visiblement dans l’embarras :

– Selon vous, combien y a t-il d’accordeurs de piano sur Paris ? (pour un poste de manager dans le Conseil en Achats sur Paris).

– Comment résoudriez-vous la crise financière actuelle ?

–  Faites-nous une prévision du marché des taux…

–  Re-démontrez le théorème de Girsanov

Qui a dit que l’argent était tabou ?

En France, parler d’argent est socialement perçu comme un sacrilège. Dans le milieu du travail, il est plus difficile de s’accommoder de ce tabou. Ne travaille-t-on pas accessoirement pour  gagner de l’argent ? Une évidence qui ne l’est pas manifestement pour tous les interviewers, un candidat  s’est vu poser la question :

–  Acceptez-vous de travailler gratuitement ?

Plus souvent, les candidats se voient demander :

– Seriez-vous prêt à baisser votre salaire pour nous rejoindre ?

– Quelles sont vos prétentions salariales ? (sans qu’aucune indication n’ait encore été donnée sur le poste)

– Combien êtes-vous rémunéré actuellement ?

– Combien pensez-vous ramener ? (de millions d’euros, sans évidemment savoir ce que feront les marchés financiers, quelles seront les performances de la société…)

La traditionnelle question sur les qualités et les défauts revisitée

Bien que couramment utilisée dans les entretiens, la question sur les qualités et défauts déroute toujours autant les candidats, qui sont nombreux à la citer spontanément comme « pire » question jamais posée par un recruteur. On a retrouvé également quelques variantes, plus ou moins ciblées :

– Les résultats de l’évaluation qui ressort de notre outil d’analyse (tests de personnalité) ne correspondent pas à la description que vous faites de vous-même, pourquoi ?

– Quel est votre coté ‘fun’ ?

– Que diront les membres de votre future équipe sur vous ?

– Pourquoi je ne vous choisirais pas ?

Les questions qui ne donnent pas envie…

Si le recruteur doit tester les capacités du candidat pour le poste, il est aussi censé « attirer » un peu le chaland. Certains RH et consultants ont visiblement du mal… 

–  Vous ne pensez pas que vous allez vous ennuyer ici ?

–  45km tous les matins, c’est faisable. En plus, vous serez dans le bon sens des bouchons. Ça vous intéresse ?

–  Vous veniez pour un CDI Bac+5, nous n’avons qu’un CDD renouvelable niveau BAC, est-ce que vous êtes prêt à accepter une telle offre ?

Les questions « has been »

Ces questions ont (peut-être) été pertinentes, fut un temps. Aujourd’hui elles ne font plus beaucoup sens dans le contexte du marché de l’emploi actuel. Pourtant, les recruteurs continuent de demander aux candidats « Où vous voyez-vous dans 10 ans ? ». Alors que les CDD représentent désormais plus de 80% des embauches en France, un intervieweur s’est permis cette question : « N’estimez vous pas qu’accepter un CDD est une faute dans votre parcours ? »

Les questions dont les réponses vont (en principe) de soi

Que cela soit voulu ou non, les intervieweurs déstabilisent souvent les candidats avec des questions inattendues car a priori évidentes du point de vue de candidat. On ne vous le dira pas assez, il faut se préparer à répondre à tout, absolument à tout. Y compris :

– Pour quelles raisons êtes-vous ici ? (souvent posée, notamment à un candidat qui se retrouve dans un cabinet de recrutement pour un poste pour lequel il a été chassé)

– Êtes-vous certain de vouloir intégrer notre société ?

– Êtes-vous motivé par ce poste ?

– Pourquoi avez-vous besoin de travailler ?

– Pourquoi ne recherchez-vous pas à nouveau un stage ?

– Avez-vous consulté notre site Internet ? (il se trouve que le candidat ne l’avait pas fait, et nous a promis qu’on ne l’y reprendra plus !).

– Quelle est votre expérience front ? (cette fois, c’est le recruteur qui est à côté de la plaque, le candidat assure que sur son CV il est clairement marqué qu’il n’a pas d’expérience ‘front’).

Gare à votre parcours : accusé, levez-vous !

Il est légitime pour les recruteurs de vous interroger sur votre parcours. Seulement ils mettent parfois sans hésiter les pieds dans le plat, sans faire preuve d’une grande délicatesse… Quelques illustrations :

– Vous changez souvent de poste, êtes-vous instable ?

– À votre avis, pourquoi vous n’avez toujours pas trouvé un poste ?

– Pourquoi avoir changé si souvent d’employeur ?

– Pourquoi un délai de chômage si long ?

– Que faites vous de vos journées ?

– Vous avez été licencié, c’est que vous n’aviez pas les compétences requises ?

– Pourquoi avez-vous autant de diplômes ?

Les questions ouvertes qui « tuent »

Chaque candidat doit s’attendre à être interrogé sur le pourquoi et le comment de sa candidature. Pourtant, ces traditionnelles questions ont traumatisé visiblement plus d’un candidat… :

– Pourquoi est-ce que l’on vous a adressé à moi ?

– Pourquoi vous ?

– Pourquoi pensez-vous être le meilleur candidat ?

– Pourquoi devrais-je vous embaucher ?

– Qu’attendez-vous de nous ?

– Parlez-moi de vous ?

Crédits photo : moodboard / gettyimages

commentaires (2)

Comments
  1. eh bien pour moi ce nest pas une surprise ,dans les agences d’interim aussi on pratique ce genre de chose et quelque soit le poste proposé.de toute façon les recruteurs actuelle ont 25ans d’âge maxi donc juste sorti de l’école et donc formater un max…et non aucun respect pour les candidats une législation plus stricte et des sanctions fortes les obligeraient a réfléchir .

  2. Et une inédite pour compléter ce florilège:

    “la trentaine, pas mariée, et pas de gamin, vous trouvez ça normal?”

    ni l’age, ni la situation familiale n’avaient été évoqué dans l’échange qui a précédé ou mentionné sur CV

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