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Depuis 2009, le salaire moyen dans l’industrie financière en France a bondi de 15% !

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Il n’y a pas de données plus fiables sur l’emploi que les cotisations sociales déclarées par les entreprises à l’Urssaf. Par chance, l’Acoss, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale, autrement dit la caisse nationale des Urssaf, délivre des données sectorielles particulièrement éclairantes, y compris sur les activités financières et d’assurance. Voici ce que nous avons retenu des dernières statististiques rendues publiques aujourd’hui.   

1 – L’industrie financière a perdu moins d’emplois que beaucoup d’autres secteurs…

Après avoir montré que les banques françaises avaient détruit quatorze fois moins d’emplois dans le monde que leurs consœurs britanniques depuis 2008, les chiffres de l’Acoss permettent d’affirmer, cette fois, que les activités financières et d’assurance n’ont pas davantage souffert des baisses d’effectifs que la plupart des autres secteurs en France.

Au premier trimestre 2013, les activités financières ont enregistré des « baisses plus modérées » que beaucoup d’autres secteurs, signale le communiqué de l’Acoss. La baisse sur un an est limitée à 0,2% – soit 761 jobs perdus – alors que l’emploi reculait sur la même période en France de 0,7%, tous secteurs confondus. En deux ans, l’industrie financière n’a supprimé que 1.000 emplois nets, une goutte d’eau au regard des quelques 761.000 personnes qu’elle emploie.

2 – … mais la tendance n’est pas bonne

L’avenir pourrait être cependant plus noir pour les financiers au regard des dernières évolutions de recrutements dans le secteur. Si les embauches reculent dans tous les secteurs, cette tendance semble être plus bien accentuée dans l’industrie financière, d’après une autre étude publiée par l’Acoss fin avril.

Ainsi, près de 50.500 embauches de plus d’un mois (CDD et CDI) ont été déclarées à l’Urssaf au premier trimestre 2013. Ce chiffre correspond à une baisse de 9,3% sur an et de 8,4% par rapport au dernier trimestre 2012 (contre respectivement -3,3% et -7,2% au niveau national). Les activités financières n’ont jamais connu de telles baisses depuis le déclenchement de la crise financière en 2008.

3 – Retour à la hausse salariale

Dans sa note trimestrielle de ce jour, l’Acoss souligne qu’en France le salaire moyen par tête « ralentit nettement (+0,2 % au premier trimestre) ». L’une des explications serait un « repli des primes dans certains secteurs comme les activités financières » (-1,2% par rapport à T4 2012).

Les chiffres lissés sur un an restent cependant encourageants pour les salariés de ce secteur, qui voit son salaire moyen progresser de 1,6% en un an, après une baisse annuelle de 1,2% entre 2011-2012. On est encore loin de l’augmentation de plus de 5% enregistrée entre le premier trimestre 2010 et le premier trimestre 2011, période qui correspondait à une soudaine mais précaire embellie du marché de l’emploi en finance en France.

Il n’empêche, les employés du secteur financier peuvent s’estimer bien traités par leurs employeurs puisque la hausse du salaire moyen depuis le premier trimestre 2009 a atteint près de 15% (quasiment autant que les +16% enregistrés avant crise entre 2004 et 2009 !). C’est quatre points de plus que la hausse du salaire moyen en France, tous secteurs confondus. Le salaire moyen par tête dans l’industrie financière atteint aujourd’hui 3.767 euros mensuel, ce qui représente 1.354 euros de plus que la moyenne nationale.

À l’approche de la directive européenne CRD4 relative au plafonnement des bonus, la donne pourrait cependant changer. Ou pas. En effet, si l’on en croit l’étude publiée hier par le cabinet Towers Watson & Co, la majorité des responsables RH des grandes banques à Londres anticipent une hausse des salaires fixes pour contourner la nouvelle réglementation.

4 – où l’herbe est plus verte…

Si la situation de l’industrie financière ne convainc pas ses salariés, ces derniers pourront toujours s’intéresser aux rares secteurs qui recrutent. Les activités de recherche et développement, l’action sociale et les activités informatiques ont ainsi vu leurs effectifs « augmenter sensiblement » ce dernier trimestre. Si l’aspect rémunérateur est primordial pour leur projet de reconversion, alors pourquoi ne pas tenter sa chance dans l’un de ces secteurs, tous deux plus généreux, semble-t-il, que la finance :

–         l’industrie pétrolière : salaire moyen à 4.521 euros (+3,7% en un an)

–         l’industrie pharmaceutique : salaire moyen à 3.837 euros (+1,9% en un an)

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