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Le FT, le “French bashing” et l’impuissance à attirer les talents étrangers à Paris

Une ville pour venir travailler, vraiment ?

Une ville pour venir travailler, vraiment ?

France falls back into recession”, la Une du site Financial Times ce matin est sobre, neutre, factuel. Il n’en est pas toujours ainsi du traitement de la France par les journalistes du premier quotidien financier européen. Loin s’en faut. Surtout lorsqu’il est question de politique fiscale, d’élite française, des Parisiens, ou encore de l’exception culturelle, si âprement défendue. Le diagnostic est probablement mérité, pensent beaucoup de Français, au risque d’agacer Pierre Moscovici ou d’être pris en flagrant délit d’auto-dénigration par Fleur Pèlerin.

Face à ce French-bashing à tout crin, on ne s’étonne pas de constater que les banquiers anglo-saxons fuient Paris comme la peste. « Plus aucun professionnel anglo-saxon ne souhaite venir travailler à Paris », nous assure le patron d’un cabinet de chasse parisien spécialisé sur les métiers bancaires et financiers. Oubliez même les mandats. « Nos clients sont réalistes, témoigne ce dernier. Ils installent ces étrangers désormais directement à Londres. »

Il faut dire que la cocktail fiscal proposé par François Hollande et son gouvernement a fait couler beaucoup d’encre Outre-manche fin 2012. Le FT a fait ses choux gras de la – toujours très hypothétique – taxe à 75% sur les revenus au-delà d’un million d’euros et l’exil fiscal de « Cyrano de Belgique » alias Depardieu.

La charge du FT n’a pas faibli depuis. Après plus de 10 ans passés en France, le correspondant du Financial Times à Paris Simon Kuper assurait fin janvier qu’il n’y a rien d’autre derrière la façade inhospitalière et condescendante de la capitale française qu’une réelle inhospitalité et condescendance de ses habitants.

Fin de semaine dernière, le correspondent remet le couvert, en publiant cette fois une critique acerbe de l’élite française – ces énarques et autres polytechniciens qui n’ont « pas été éduqués à réussir à l’international mais dans Paris intramuros » et un François Hollande passé par 3 Grandes écoles françaises qui « découvre » le monde. L’édito n’a pas manqué de susciter une avalanche de commentaires, notamment de lecteurs français basés à Londres, dont l’un rétorque que les banquiers français issus des Grandes écoles, employés des banques britanniques et américaines, sont légion à la City et ailleurs.

Si les banquiers français parviennent, il est vrai, plutôt bien à faire leur trou à l’étranger, il ne peut pas en être dit autant des banquiers étrangers à Paris. Une espèce en voie de disparition, selon les observateurs de la place. La crise et une couverture médiatique sérieusement entachée de la France à l’étranger sont passées par là. Pourtant, « il y a aujourd’hui de réels besoins de la part des global players français de la gestion d’actifs aujourd’hui à Paris pour des profils “native English”, affirme Renaud Péchoux, associé du cabinet THEMIS Executive Search, citant spécifiquement les fonctions Marketing, de Product Specialist et surtout des spécialistes RFP pour répondre aux appels d’offres des grands institutionnels étrangers, qui constituent un relais primordial pour les asset managers globaux français

Ce chasseur, qui évoque une « sérieuse lacune de ces profils », se désole d’avoir dû récemment relocaliser deux postes de Paris vers Londres, faute de pouvoir attirer ces professionnels anglo-saxons dans la Ville-Lumière, qui a objectivement perdu de son lustre. « Ces candidats ne voient pas l’intérêt de venir à Paris. Leur décision est probablement liée pour 50% à des motivations familiales, 25% à des raisons fiscales et 25% à une image négative du secteur de la Gestion en France et du pays, rapportée dans les médias », estime Renaud Péchoux.

Et l’inquiétude continue de monter alors que la relève des candidats étrangers dotés d’un solide bagage technique ne semble pas non plus assurée par les Grandes écoles françaises. Les étudiants étrangers ne représentaient encore que 13% des écoles d’ingénieurs françaises en 2011-2012, selon les derniers chiffres du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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