☰ Menu eFinancialCareers

Bruxelles veut devenir la capitale européenne de la finance islamique, mais en a-t-elle les moyens ?

Les spécialistes des sukuks et autres shariah boards vont-ils se ruer vers Bruxelles depuis qu’elle a annoncé vouloir devenir la capitale européenne de la finance islamique ? Rien n’est moins sûr. Mais ce qui est certain, c’est que la région bruxelloise ne ménage pas ses efforts. Elle s’apprête ainsi à mener en décembre une mission économique dans les pays du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein et Dubaï) afin d’attirer, à terme, des banques islamiques dans la capitale belge.

L’objectif sera principalement de « faire passer le message auprès des organismes de régulation de la finance islamique que Bruxelles est, comme centre politique de l’Europe, la ville idéale pour approcher les institutions européennes. Ces organismes pourront faire du lobbying auprès d’elles dans le but de pouvoir influencer la législation financière. Ce point est notre priorité », explique Benoît Cerexhe, le ministre bruxellois en charge de l’économie et du commerce extérieur dans une interview accordée la semaine dernière à La Libre Belgique.

« On veut convaincre les opérateurs financiers de ces pays que Bruxelles est “the place to be” et établir une relation de confiance », explique le ministre qui, dans un deuxième temps, souhaite attirer des banques islamiques à Bruxelles pour qu’elles y développent leurs activités commerciales. Mais pour cela, il faudra d’abord modifier la législation, comme l’ont déjà fait la France et la Grande-Bretagne. « Quand on voit ce que font la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni pour attirer l’économie musulmane, Bruxelles ne peut pas rester les bras ballants », poursuit Benoît Cerexhe.

The place to be, vraiment ?

Les autres places financières européennes n’ont en effet pas attendu Bruxelles pour se lancer sur ce segment. C’est notamment le cas du Luxembourg qui est devenu le plus important domicile européen de fonds d’investissement islamiques. « La qualité de notre positionnement dans la finance islamique est de plus en plus reconnue », explique, Benjamin de Seille, directeur de la société d’expertise en développement d’affaires GBN de retour du Golfe Persique où il a multiplié les rendez-vous en marge de l’événement Qatar Money, un salon où se rencontrent investisseurs arabes et porteurs de projets (Paperjam.lu).

Pour le ministre, la population musulmane importante à Bruxelles est un atout dans les discussions avec les pays du Golfe, avec la multiplication de la production de produits halal ou l’intérêt supposé pour les banques islamiques. Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille, commencer par le député bruxellois Alain Destexhe qui craint que les investissements islamiques servent à des fins de propagande politique et religieuse. « Je m’interroge quant aux risques que le développement de tels investissements ne s’accompagnent d’un renforcement du communautarisme et du repli sur soi, avec l’émergence d’une société parallèle et le renforcement de la césure, déjà profonde, qui divise notre capitale et qui n’a cessé de se renforcer depuis l’arrivée sur le territoire de la Région d’institutions islamiques paneuropéennes parfois extrêmement militantes », explique-t-il.

Plusieurs fois annoncé, le premier compte courant « charia compatible » islamique en Belgique devrait finalement arriver en 2013, avec quelques mois de retard sur le timing prévu. « Mais je ne m’avance plus sur des dates », explique Amine Alami, directeur marketing de la banque marocaine Chaabi Bank, qui compte lancer ce type de comptes à Bruxelles. Sans garantie de succès : la banque saoudienne Faisal, pourtant étendard de la finance islamique à Genève, où travaillent une trentaine d’employés, vient ainsi de se transformer en un simple multi-family office dédié à ses plus riches déposants  (Le Temps.ch).

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici