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De nouvelles opportunités de carrières et des baisses d’impôts en France

L’amélioration des perspectives économiques rend Paris plus attractif pour les banquiers. De plus en plus de britanniques s’installent en France en raison des faibles prix de l’immobilier et des nombreuses émissions sur la télé anglaise consacrées à la rénovation de vieilles maisons de campagne. En dépit du taux d’imposition élevé, souvent problématique pour les banquiers bien payés, le changement de régime fiscal et les meilleures perspectives économiques rendent la France plus attractive pour les banquiers étrangers.

En janvier, le gouvernement a allégé le régime d’imposition pour les expatriés étrangers travaillant en France en leur accordant de nouvelles déductions fiscales. “Les frais de mutation, de scolarité et de retour dans leur pays deux fois par an ont toujours été déductibles. Ces déductions englobent aussi depuis peu certaines indemnités relatives au coût de la vie par exemple ” explique Sabine Binisti, avocate fiscaliste chez Deloitte à Paris.
Les personnes qui ont résidé en France au cours des dix dernières années ne sont pas concernées par ces déductions. Ce nouveau dispositif vise à rendre l’imposition des cadres étrangers comparable à celle de leurs homologues français.
Pour les banques d’affaires à la recherche de nouveaux talents, cette imposition plus clémente arrive au bon moment. L’année dernière la France a été le théâtre d’une des plus grosses fusions inamicales en Europe : l’OPA du producteur canadien d’aluminium Alcan sur son concurrent français Pechiney, valorisée à 4 milliards d’euros.
Avec l’offre de 55 milliards d’euros de Sanofi-Synthélabo sur Aventis, la France a été le marché européen le plus actif en fusions-acquisitions au premier trimestre de l’année. Vivendi Universal, le conglomérat de musique, télécommunications et loisirs prévoit 12 milliards d’euros de transactions sur les 20 prochains mois.
“Contrairement à d’autres marchés européens, il y a encore des entreprises à privatiser en France. Il y a aussi beaucoup de consolidations possibles dans des secteurs comme la finance. Les activités de fusions-acquisitions devraient soutenir les marchés” juge Peter McGahan le directeur marché actions françaises chez Citigroup.
Les banques ont recruté en conséquence. Mediobanca, la banque d’affaires italienne qui est sur le point d’ouvrir son bureau parisien a débauché plusieurs seniors de chez Citigroup. Dans le cadre de son développement, Bank of America a embauché en mars Jean-Noël Hénon qui a pris en charge les activités de banque de financement et d’investissement en France.
Le mois dernier Lehman a débauché Jérôme Calvet, patron des fusions-acquisitions en Europe à la Société Générale, pour co-diriger ses activités de banque d’investissement en France. Goldman Sachs a nommé l’ancien PDG du CCF, Charles de Croisset, conseiller international et vice-président de Goldman Sachs Europe. Dresdner Kleinwort Wasserstein a recruté chez ABN Amro Rothschild Paris son nouveau responsable des marchés actions Vincent Hubert qui devrait procéder à des recrutements supplémentaires. Enfin Citigroup a nommé Jean-Michel Steg à la tête de ses bureaux parisiens.
Les chasseurs de tête confirment la reprise des recrutements. Les banques ont des postes à pourvoir sur les marchés actions, sur les dérivés de crédit et en fusions-acquisitions, indique la responsable des marchés financiers du bureau parisien d’Heidrick & Struggles, Odile Couvert. La demande de cadres expérimentés est forte dans le corporate finance, les financements d’actifs et dans les départements juridiques des banques ajoute Denis Marcadet, le directeur général de Vendôme Associés.
Les nouvelles dispositions fiscales devraient faciliter les recrutements, de l’avis d’Arnaud de Bresson, directeur général de Paris-Europlace dont le rôle est de promouvoir la place financière de Paris : “La forte pression fiscale a dissuadé les banquiers de haut niveau de travailler à Paris. On espère que les nouvelles déductions en vigueur les encouragent à venir.”
Les banquiers français sont aussi recherchés. “Il y a beaucoup de talents sur le marché français et nous n’avons aucun mal à les attirer ” explique Marc Vincent, chargé de lancer le bureau français de Mediobanca à Paris dont la plupart des nouvelles recrues sont françaises.
Luc Van Malderen, le directeur général des activités financement et investissement chez Bank of America en France, a recruté six nouveaux collaborateurs au cours de l’année écoulée et prévoit d’en recruter quatre autres, notamment des français expatriés: “On trouve facilement des gens qui travaillent depuis longtemps à Londres et qui souhaitent revenir en France.”
Cependant l’impôt sur la fortune, qui existe toujours, reste un frein important souligne Marc De Leyritz, responsable des services financiers chez le chasseur de têtes Egon Zehnder à Paris. Tout résident en France, français ou étranger, dont la fortune dépasse 720 000 € est redevable chaque année d’un impôt représentant de 0,5% à 1,8% de son patrimoine.
C’est difficile à faire comprendre aux cadres les plus hauts placés explique De Leyritz: “L’ISF est une véritable barrière qui dissuade les banquiers français de revenir à Paris après avoir travaillé 10 ans à Londres ou New York”
Pour autant beaucoup sont prêts à s’accommoder de cette imposition fiscale pour profiter de la qualité de vie française à en croire Denis Marcadet. “La qualité de vie est très bien perçue. Toutes les semaines, je reçois deux ou trois coups de téléphone de banquiers britanniques voulant déménager à Paris.”
“La qualité de vie à Paris est meilleure qu’à Londres. Les transports parisiens sont très efficaces (en dehors des grèves). La couverture santé et le niveau scolaire sont d’un très bon niveau en France où il fait bon d’élever ses enfants.” témoigne McGahan de Citigroup, résident français né en Grande Bretagne.

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