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D’un ex-Lehman : Ne vous précipitez pas sur un MBA

C’est une nouvelle année et peut-être songez-vous à préparer un MBA. Le conseil que je vous donne est d’y réfléchir à deux fois avant de vous lancer. À la rentrée dernière, mon école de commerce m’a sollicité en tant qu’ancien élève sur son stand au salon World MBA, qui se tenait à Londres, pour répondre aux questions des étudiants en quête d’informations.

L’expérience ne fut pas des plus agréables. Je sentais flotter comme un air de désespoir : les étudiants qui prospectaient semblaient pris de panique plus qu’autre chose. Et pour cause : un MBA est la plus grosse décision d’investissement de votre vie. Si vous avez une approche méthodique de vos autres investissements, alors pourquoi en serait-il autrement cette fois-ci ?

Si vous faites partie de ces personnes paniquées à l’idée de préparer un MBA, je vous conseille de prendre une profonde respiration et de méditer sur les deux points suivants :

1) Pourquoi voulez-vous préparer un MBA ? À moins que la réponse à cette question n’implique un choix de carrière (généralement dans le management ou le consulting) ou un objectif personnel (avoir une double compétence), vous devrez reconsidérer votre choix. Récession, peur d’être licencié, manque d’opportunités ne sont pas de suffisamment bonnes raisons. La décision de suivre un MBA doit être motivée par des facteurs individuels, pas extérieurs.

2) Quelle est votre stratégie ? L’idée fausse la plus répandue est qu’un MBA vous donne le temps de réfléchir à ce pour quoi vous êtes vraiment fait. C’est faux : si vous vous lancez dans un programme sans avoir une idée précise de votre choix de carrière, vous aurez peu de chances de réussir. L’épreuve du recrutement vous prendra au dépourvu, les recruteurs privilégiant les candidats les plus motivés. Si vous êtes complètement perdu, deux années de MBA vous donneront certes plus de temps pour réfléchir, mais vous en paierez le prix fort.

La plupart des étudiants que j’ai rencontrés au salon MBA se remémoraient fort bien ce qui s’était passé en 2001, puis la rapidité de la reprise économique. Les étudiants entrés dans mon école de commerce en 2001 et sortis en 2003 étaient très bien placés pour tirer profit de la croissance des cinq dernières années. Mais aujourd’hui, personne ne connaît ni l’ampleur ni la durée de la crise actuelle. Faut-il rappeler à certains que les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs ? En ce qui me concerne, j’ai suivi une école de commerce pendant les deux meilleures années de croissance économique. Ce qui a ses avantages : il y avait une offre abondante d’emplois, et les banques et sociétés de conseil ne ménageaient pas leurs efforts pour nous courtiser.

L’inconvénient de commencer votre MBA pendant une récession, c’est qu’il sera difficile de trouver un travail l’été ou un job à plein temps, les sociétés étant peu disposées à recruter avant d’avoir vu de vrais signes de reprise. Si vous pensez n’étudier qu’une année en MBA, les risques seront encore plus grands. À moins que votre cycle ne coïncide avec le redressement du marché, vous avez toutes les chances de vous retrouver sans emploi et, ce qui est loin d’être une pensée agréable, complètement fauché…

commentaires (3)

Comments
  1. Y’a-t-il beaucoup d’ex -Lehman français qui habitent Londres (je pense à celui qui à racheté puis revendu la maison de T.B. soit, B. S.)?
    J’ai choisi un MBA pour une double compétence et l’envie brûlante de commencer une carrière professionnelle.
    Ayant repris mes études en +1 à l’age de 23 ans je puis vous assurer que ce ne fut pas chose facile d’atteindre le MBA d’autant que j’ai fait une pause de 16 mois en CDI dans l’immobilier international.
    J’ai choisi la Gestion de Patrimoine Banque Assurance avec la certitude que la fin de mon cycle coïnciderait avec un certain positivisme pour l’échange et un enthousiasme pour les profiles atypiques.
    Je déchante déjà mais poursuis mes efforts.
    Pour finir, âgé aujourd’hui de 29 ans, j’ai surtout comme objectif de m’installer à Brighton en Septembre, où la concurrence est moins rude et où j’espère pratiquer mon anglais en attendant la reprise.
    Que pensez-vous de ce projet?

  2. Arretez de demander des conseils pour tout et soyez maitre de votre destin.

    Je pense que si on a envie de faire un MBA il faut foncer parce qu’on a envie…. même si le chomage est envisageable même apres le plus prestigieux des diplômes, ça apporte toujours une satisfaction personnelle de faire des études. Et ça vous evitera de dire plus tard que vous auriez le faire ce MBA !

  3. La question la plus simple pour un MBA : le ROI (le retour sur investissement). Si le ROI tient la route, oui foncez, sinon non, car ça coute cher et cela prend du temps.
    Bcp de marketing autour du mba, si vous êtes chez Bain, BCG, McKinsey, boutique M&A, et que la Firme participe, ok, sinon non. Et en France, à part INSEAD, je ne vois pas (si HEC, ESSEC, mais là c’est autre chose ; HEC joue sur sa renommée (même si l’enseignement est de qualité), et l’ESSEC, et bien c’est tout simplement son programme Grande Ecole), je force le trait mais c’est la réalité…
    Un mastère est plus avantageux en termes de ROI en France si vous avez entre 22 et 35 ans, passé 35 ans oui la question du mba peut se poser, mais seulement si vous êtes déjà un “grand manager”.

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