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D’un ex-Lehman : Le réseau, il n’y a que ça de vrai

La simple mention de networking fait frémir la plupart des gens. Pendant les premiers mois en école de commerce, on nous apprend qu’avoir un CV impressionnant, ou même avoir été combattre en Irak, ne suffit pas pour décrocher un entretien avec une banque d’investissement. On nous apprend les nuances du networking : casser la glace en commençant par une banalité (se plaindre du temps londonien), raconter une histoire intéressante à votre propos (avec humour et autodérision) et montrer de l’enthousiasme, en toutes circonstances. Et, même si le MD [managing director] finit sa présentation en disant : Je n’ai jamais entendu des stupidités pareilles , ne mordez pas.

Quand je suis entré chez Lehman, je croyais que j’en avais fini avec le réseautage. Je ne savais pas alors ce que j’aurais à encore endurer pendant un mois. Les associés généralistes devaient en effet se battre et frayer leur chemin jusqu’à un desk. Certains desks étaient plus populaires que d’autres, et la compétition était intense. On bossait sur nos elevator speeches (ou comment savoir se présenter rapidement, de manière convaincante, en un temps record), on essayait de se faire remarquer auprès des desks qui recrutaient à l’occasion de multiples cocktails, on simulait des interviews entre nous, sans oublier cette session formelle type speed-dating que nous avons tous endurée. J’ai rencontré plus de gens chez Lehman pendant les deux heures de cette session que pendant les 10 semaines de mon summer internship.

La sélection pour intégrer une école de commerce et le mois passé à construire un réseau chez Lehman ont été, sans aucun doute, les expériences les plus stressantes de ma vie. À toute chose malheur est bon. Quand j’ai été licencié, j’étais au top dans la matière. Je pouvais avoir une interview n’importe quand, impressionner n’importe qui avec mes histoires, et il ne me fallait même pas trois étages dans un ascenseur pour décrocher un entretien téléphonique. Étant donné mon background (pour ne pas dire mon absence d’expérience), le networking m’a apporté ce que les chasseurs n’ont pas réussi à faire pour moi.

Le 15 septembre au matin, j’ai envoyé un message de SOS à mes amis proches. En un clin d’ceil, j’ai envoyé mon CV à tous mes contacts. J’ai creusé au fin fond des réseaux d’anciens de mon école, cherché de l’aide auprès de mes professeurs et de l’équipe du service carrières, mis à jour mon profil sur LinkedIn, écrit à mes anciens collègues, appelé mes mentors chez Lehman, et rencontré les banquiers avec qui j’avais eu une interview sur le forum école. Bref, je n’ai négligé absolument aucune piste.

D’une certaine manière, le bruit médiatique autour de la faillite a joué en ma faveur et a permis que mon message soit entendu. Peut-être que si j’avais travaillé dans une boutique subissant le même sort, je n’aurais même pas suscité l’attention.

Est-ce que tout ce networking a payé ? Oui, mais j’ai été pendant presque un mois à me ronger les ongles en me demandant quand et d’où viendrait le salut. Il est finalement venu d’un ancien camarade de classe.

En effet, bientôt, je vais commencer un CDD dans un middle-office d’une division capital markets. Ce n’est certainement pas le job de mes rêves mais cela m’aidera à garder un pied dans la porte et me donnera le temps et l’argent pour chercher encore. Bref, survivre pour continuer à me battre.

commentaires (18)

Comments
  1. all that pour le middle office

  2. Je suis d’accord avec toi. tout ce temps de réseautage pour du middle office! en voilà un qui n’a pas le bon réseau !

  3. Plutot déçu par ta chute

  4. Je comprends mieux que les chasseurs de tete ne trouvent pas de job a l’auteur s’il insiste pour parler du temps londonien lors des entretiens…

  5. Effectivement, pr avoir payé plus de je ne sais combien de Keuros pr faire une business school de “renom” et finir ou plutot commencer en middle office : t’aurais du faire une fac et garder l’argent de la business school comme apport pr acheter un appart

  6. Je pense que les chasseurs de tête sont innondés par le nombre incroyable de cvs reçus depuis quelques temps.
    Et, parmi eux des profils juniors confirmés i-e avec de véritables avantages concurrentiels.
    Ce qui explique que les juniors débutants (fraîchement diplômés) ne trouvent pas preneurs.
    That’s it guys!!

  7. Au delà des “détails”, du fond de l’histoire et encore plus au delà de la chute, moi je trouve ce témoignage intéressant.
    Je suis par ailleurs vraiment navré par certains commentaires : on se croirait sur Capital, un dimanche soir, du peu que j’en ai vu…. Finalement, il apparait que même ceux qui font rêver veulent eux aussi du croustillant, de l’extraordinaire. Alors même que ce témoignage dépeints un environnement somme toute “traditionnel” ou il faut continuer à se battre pour survivre.

  8. J’apprécie bcp le portrait du financier junior.
    Indéniablement, je trouve qu’il y a une certaine part de vérité.
    notamment::”.. en plus c’est SIMPLE .. suffit d’avoir un peu de vocabulaire et de la confiance en soi .. et c’est parti pour 40 ans de carrière.”
    Mais, en toute honnêtete, si tu n’a pas un sérieux potentiel d’exploitation (pas juste du savoir-faire, mais un vrai talent, un avantage concurrenciel j’entends) tu vaux peanuts (je m’excuse c’est réducteur, mais c’est la vérité).
    Tu trouveras un job certainement grâce à tes réseaux d’école mais si tu ne fais pas l’affaire une fois en poste, tu as beau faire ton marketing, ce sera la porte quasi-sûrement!

  9. Middle office? Ha !

  10. C quoi le probleme avec le Middle?
    Franchement je suis Front (financement) mais je n’ai jamais compris ce degout de certains Front pour les Middles…
    Cela donne:
    1. une image lamentable des metiers en banques
    2. montre a quel point certains Front n’ont pas grand chose dans le crane et dans la culotte

    Bonne chance a toi Ex Lehman et enjoy your time!

  11. La mentalité franco-française, grandes écoles, réseautage à ne plus en finir.

    Heureux de ne pas faire le métier de banquier….

  12. l’essentiel est sauve à partir du moment ou tu as trouvé un point de chute, accroche toi et tu rebonduras, c’est la crise dit-on!

  13. Ne te décourages, tu as encore du chemin certes, mais tu peux encore avoir une belle carrière!

  14. Vous êtes tous plutôt arrogants et pas très sympas avec lui : viré de Lehman en temps que junior dans le contexte pareil et faire la fine bouche ensuite ? J’aimerais bien vous y voir bande de crâneurs donneurs de leçons !

  15. Franchement quelle bande de pretentieux !!!
    Messieurs les FO vous devez plus flipper plus qu’autre chose.
    Pour info, quand on est jeune diplomé on ne peu pas trop se permettre de faire la fine bouche

  16. je le trouve courageux et persistant d’avoir trouver du travail en moins d’un mois. tu es encore jeune et le sopportunités viendront et elles seont géniales. quand on pense que nous travaillons 40 ans, qu’est-ce que c’est 2 ou 3 ans? et si dans cette courte période? on trouve notre bonheur qu’ets ce que je vais faire les 30 ans à venir. courage tiens bon il n’y a pas de sous-métier en banque on forme une chaine. bon courage

  17. Bon, il reste le canapé avec comme decision criteria

    input
    – temps : faible / à trader
    – mental : fort / faible, selon
    – pressing : moyen

    output : fort / mieux que le réseau

    Bonne chance

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