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OPINION : « Voici les principales différences entre Paris et Londres lorsque vous passez un entretien en banque d’investissement »

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Je suis un étudiant français d’une école de commerce spécialisé en corporate finance. Après avoir étudié et fait des stages des deux côtés de la Manche, je peux dire sans trop me tromper qu’il existe quatre grandes différences entre les processus de recrutement dans les deux pays.

1. Technique en France vs comportement au Royaume-Uni

C’est certainement la principale différence. Au cours des deux dernières années, j’ai passé des entretiens dans des grandes banques et des boutiques, à la fois à Paris et Londres. En termes de connaissances financières, l’entretien le plus simple en France s’est révélé être plus difficile que l’entretien le plus ardu au Royaume-Uni.

Le plus souvent, les recruteurs français vous posent quelques questions de motivation du type « Pourquoi voulez-vous travailler ici ? » avant de passer rapidement aux questions techniques. En plus de vous tester sur les valorisations DCF, le désendettement bêta, ou les critères pertinents pour la méthode d’évaluation des multiples, ils vont probablement vérifier si vous avez bien assimilé vos cours de comptabilité en vous demandant si vous connaissez les diverses méthodes de consolidation ou les différents effets d’une variation des dépréciations sur les 3 états financiers, etc. La grande majorité des recruteurs français en finance vous remettront également un quiz ou une étude de cas à compléter avant ou après l’entretien.

En comparaison, si vous passez un entretien dans une banque basée à Londres, vous serez plus susceptible d’être interrogé sur vos compétences, avec des questions du genre : « Avez-vous déjà eu une mauvaise expérience dans une équipe ? » ou bien « Quelle est votre plus grand échec ? ». C’est un exercice radicalement différent : tout aussi difficile, mais pas sur le plan technique.

2. Organisation au Royaume-Uni vs désordre en France

Paradoxalement, la plupart des banques françaises, qui mettent fortement l’accent sur la rigueur, n’ont pas un processus de recrutement structuré. Cela semble particulièrement vrai chez Lazard et Rothschild, où les candidats envoient leurs CV et lettres de motivation par mail. Le jour de l’entretien, il arrive que les candidats attendent à la fois avant et entre les entretiens (pour ma part, j’ai attendu 55 minutes entre les deux rounds chez Lazard !).

A l’inverse, presque toutes les banques basées au Royaume-Uni vous demanderont de postuler via leurs sites Internet et les candidats sont invités à rejoindre des groupes d’entretiens, généralement sur une demi-journée.

3. Élitisme français vs diversité anglaise

Soyons clair : si vous souhaitez entrer dans une grande banque d’investissement sans que le nom d’une « Grande École » n’apparaisse bien en évidence sur votre CV, vous aurez très peu de chances de réussir. Tous les banquiers et recruteurs français ont en tête un classement bien précis des écoles et des banques, et sont réticents à prendre des chemins de traverse. Par conséquent, si vous n’êtes pas issu du Top 3 des écoles de commerce ou du Top 5 des écoles d’ingénieurs, et si vous n’avez pas fait un bon stage dans le passé, postuler chez Rothschild sera probablement inutile.

Bien sûr, les banques basées au Royaume-Uni sont également sélectives, mais dans une moindre mesure. Elles semblent davantage disposées à offrir une chance aux gens issus de divers horizons. Par exemple, si vous avez été capitaine de l’équipe de hockey de votre école, vous ne devez pas hésiter à le mentionner.

4. Marathon français vs sprint anglais

Enfin, les stages en France et en Angleterre sont très différents. La plupart des postes offerts à Londres sont des « summer internships », autrement dit une sorte de stage de 10 semaines à temps plein offert aux plus motivés, des stagiaires flexibles. Certains durent 3 mois et plus exceptionnellement 6 mois.

Hormis quelques grandes institutions (notamment la SocGen), les banques françaises n’offrent que des stages compris entre 6 mois et 1 an. La plupart d’entre elles considèrent les stagiaires comme une main d’œuvre bon marché, instruite, prête à travailler dur et se plaignant rarement. De grandes banques à La Défense ont même un « pool de stagiaires » : toute une équipe regroupée sur le même étage que les analystes viennent voir pour se délester d’une partie de leur travail. L’idée sous-jacente est assez simple : si quelqu’un est capable de gérer une charge de travail pendant 6 mois, il peut le faire plusieurs années.

L’auteur est un étudiant français qui a reçu une offre d’emploi d’une grande banque américaine.

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