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OPINION : « J’ai l’impression que les recruteurs mal élevés de 20 ans me regardent avec condescendance comme un vieux candidat »

Sad man again

Je suis persuadé que je ne suis pas le seul à avoir traversé un moment difficile avec les agences de recrutement pendant ma recherche d’emploi. J’ai été licencié d’une banque en octobre dernier et effectué toutes les démarches nécessaires pour me faire référencer par les organismes adéquats.

Peut-être suis-je « vieux jeu » mais il me semble que les organismes sollicités pour s’occuper des candidats devraient essayer activement de leur trouver un emploi. Maintenant, il me semble qu’ils ne se soucient que d’eux-mêmes et se contentent d’encaisser leurs commissions.

Qui, par exemple, décide que seul votre dernier emploi est valable ? J’ai une longue expérience dans l’industrie financière qui sera perdue si je change de secteur ou si je quitte le pays pour travailler à l’étranger, ce qui est en train de devenir ma seule option. J’ai adoré travailler dans le secteur de la finance et j’aurais souhaité y rester mais j’ai l’impression d’avoir été mis sur la touche.

Peut-être que mon âge a quelque chose à voir avec cela ? J’ai 51 ans. Je ne compte plus les innombrables consultants qui me regardent avec condescendance, comme si à mon âge, je ne devrais même pas songer à rechercher un emploi dans la finance. J’en ai marre que l’on me réponde « je ne sais pas » lorsque je m’entretiens avec des gens qui n’étaient même pas nés quand j’ai débuté dans ce métier.

J’ai postulé à un tas d’emplois pour lesquels je correspondais et avais une expérience appropriée. Cependant, pratiquement personne n’est revenu vers moi, pas même pour me dire « Non merci », ce qui me semble t-il est le minimum que l’on soit en droit d’attendre. Mais il semble que les bonnes manières aient disparu en matière de recrutement des services financiers.

commentaires (7)

Comments
  1. J’ai 45 ans, encore en poste, mais chez un corpo, qui m’a fait bouger de Londres vers la France et qui aujourd’hui n’utilise pas mes compétences. Dans mes recherches j’ai un peu le même soucis, personne en France me réponds quand je fais acte de candidature, sauf certain, cherchant la provocation, en raison de fautes d’orthographes dans certain emails que j’ai envoyé trop vite. Du coup j’ai abondonné (depuis bien longtemps) l’espoir de trouver un poste en France. Mes interlocuteurs sont alors souvent Anglo-Saxons, Allemands voir Suisses, souvent jeunes et débutants et ils n’ont pas le même regard que les Français sur l ‘âge du candidats. Un conseil, l’herbe est souvent plus verte à l’étranger.

  2. Brassens chantait ” le temps ne fait rien a leur age quand on est ….on est” Il ne faut pas oublié que les cabinets de recrutement mange dans la main de leur donneur d’ordre.
    Vous avez les compétences, l’experience et tout qui va bien on vous dira le prix….le surdimensionnement.
    Combien de fois j’ai relancé des cnadidatures et convaincu d’être présenté dans le cadre de CDD dans une approche win-win ou le consultant s’est dégonflé de peur de se décrédibiliser
    Ils sont là pour toucher leur com pas rendre service

  3. La France est malade de son jeunisme.
    A force de mettre les seniors sur la touche et de privilègier des “potentiels ” qui ne se réaliseront peut être jamais , l’économie ne se porte pas aussi bien qu’on pourrait l’espérer .
    Les chefs d’entreprise devraient prendre exemple sur ce qui se fait à l’étranger et ne pas considérer que les séniors sont tous des vieux c.. comme essaie de nous faire croire une certaine publicité pour des abonnemnt de téléphone d’une certaine banque mutualiste .
    Capitaliser sur des années d’expérience permet aussi de s’assurer un avantage concurrentiel. C’est le mélange entre les idées nouvelles et la créativité des jeunes générations et le retour d’expérience des génération qui permet l’innovation et la compétitivité.
    Quand les entreprises cesseront de considérer les séniors comme des donneurs de leçons
    ennuyeux nous auront fait un grand pas en avant .
    On parle de la fuite des cerveaux et on ne pense pas aux cerveaux des séniors et à leur richesse , ce serait risible si ce n’était pas triste pour nos entreprise et l’économie .

  4. Que de commentaires accablants de privilégiés baby-boomers ! Ces monsieurs ne regardent pas beaucoup les journeaux et ne semblent pas être au courant des chiffres scandaleux du chômage des jeunes et de la précarité subit par ces derniers.
    Je serais curieuse de savoir combien vous-même avez usé et abusé des stagiaires pour faire vos petites besognes et refouler des CVs largement valables durant toutes ces années… Et vous trouvez étonnant que ces même jeunes vous retournent l’ascenseur ?! Les jeunes, eux, n’ont connu et ne connaitront que la précarité. Faudrait se réveiller !

    Ci-dessous des extraits d’un article de Jacques Atteli “Le désespoir à 20 ans” :
    ” [...] pas étonnant si les jeunes voient très souvent l’avenir avec désespoir : la mondialisation
    les met en concurrence avec des salariés aussi bien formés qu’eux et dix fois moins chers ; la crise financière leur annonce dix ans de galère dans des emplois sous valorisés. La crise démographique leur rappelle qu’ils commenceront très tard à financer très mal une retraite très basse; la crise écologique leur laisse entendre que le monde sera de plus en plus étouffant ; la crise géopolitique, enfin, leur montre que la longue parenthèse de paix en Occident (plus de 45 ans sans guerre, même coloniale) pourrait se refermer.
    Et leur désespoir grandit encore quand ils voient la génération triomphante de baby-boomers, nés pendant les Trente Glorieuses, à qui tout a souri, vivre leur retraite, plus nombreux que jamais, à leurs crochets. Quand ils comprennent que les hommes politiques de tous les partis ont servi et servent encore les intérêts de ces générations bénies des cieux ; et que les syndicats servent d’abord les intérêts de ceux qui ont un emploi, et donc pas ceux des plus jeunes. Que de talents gâchés, par une politique à si courte vue. Que richesses perdues, aujourd’hui et demain, par un tel abandon.
    Le pays a pourtant tout à gagner à investir sur eux. Et pour cela, à exiger la mise en oeuvre de quelques mesures simples [...] Si on ne le fait pas, on ne pourra pas leur en vouloir de ne pas se résigner.”

  5. Le retour à la moyenne, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, quelle ironie ! tous ces proverbes financiers que l’on connaît tellement bien, la réalité revient au galop. Les soixante huitards commencent juste à trinquer comme les jeunes, qui eux, connaissent maintenant très bien la précarité autant dans l’emploi, le logement, des salaires de merde, depuis 2008 particulièrement.. Wake up my friends !
    La lame de fonds qui traversent le milieu financier et bancaire n’est pas prêt de s’arrêter avec les nouvelles réglementations actuelles et à venir.
    Une grande école d’ingénieur et/ou un master de grande école de commerce, un niveau d’anglais irréprochable voire plusieurs langues, des profils mathématiques à ne plus savoir quoi en faire, qui a produit les fiches de poste pour recruter ? les gens qui sont en place depuis des années et on s’étonne qu’au premier plan social, l’expérience ne prime plus comme avant !
    “Condition nécessaire mais non suffisante” combien de fois les DRH ou les cabinets vous le font comprendre, encore faudrait-il savoir la mesure de la détresse de ceux qui sont OUT pour ceux qui sont IN.
    Bienvenue dans le monde réel, à 51 ans dans la finance, on prend sa retraite, on a assez gagné d’argent en ayant bénéficié de l’âge d’or de la finance et de l’âge d’or de l’immobilier. Si vous n’en n’avez pas profitez, c’est que vous méritez ce qui vous arrive, il est temps de laisser la place aux autres.

  6. Paulinea a quelques soucis avec les dates à 40/50 ans, on ne fait pas partie des baby boomers !
    C’est la génération précédente…
    Monter une génération contre une autre est d’une bêtise sans nom. Sortir les plus vieux pour faire entrer des jeunes non formés n’est pas la solution !
    Il faut commencer par former les jeunes et ensuite travailler ensemble !
    J’ai 46 ans, suis autodidacte et dure dans le métier grâce à mes performances…
    J’en ai vu passer des jeunes, sortis des grandes écoles mais sans aucun esprit pratique, persuadés de tout savoir et tenter d’écraser tout le monde… La pluplart ont disparu de la circulation.

    Les recruteurs sont plutôt incompétents et mauvais. Je suis souvent stupéfait de voir la piètre qualité des candiadats retenus pour des postes… J’ai des exemples assez drôles, comme celui d’un français embauché par une banque allemande venu nous démarcher (je suis en asset management) et qui ne maitrisait absolument pas son sujet. C’était vraiment comique. Il a vite perdu son poste…

    J’ai vu passer dans une banque française bien connue des incompétents notoires d’une rare arrogance… Je n’ai pas été surpris des agissements d’un de leur trader bien tristement connu. Je parlais régulièrement aux personnes du support quand mon middle ne parvenait pas à résoudre les problèmes et la politique du jeunisme y a prouvé ses limites.

    Juniors et seniors doivent travailler ensemble dans un respect mutuel.
    Ma plus grande fierté est d’avoir formé et porté une jeune apprentie de l’edhec qui aujourd’hui a rejoint une grande banque d’investissement à l’étranger et y a monté une activité…
    Aider les jeunes à grandir, à apprendre, à éviter les pièges….

    J’attends sans inquiétude, et une certaine impatience, le jour où on me demandera de partir. J’attends le chéque pour partir développer un projet personnel loin de la finance.
    Je n’ai pas peur de devoir faire autre chose car je sais ce que je veux entreprendre.
    C’est le plus difficile, trouver un projet pour l’après car il arrive toujours.

  7. Alors, Paulinea c’est quoi pour vous la solution ? A 50 ans, on pique les gens pour laisser la place aux jeunes ?
    Je partage tout à fait la réponse de Stefmo. J’ai moi-même exercé dans la finance de marché pendant une trentaine et licenciée à 52 ans, je me suis reconvertie parce que l’on m’a fait comprendre que je n’avais plus ma place dans ce secteur.
    Je gagne beaucoup moins d’argent mais je ne regrette pas cette reconversion, je l’ai choisie. La grande différence, elle est là : oui, nos amis les jeunes, non seulement la carrière unique dans la même entreprise, c’est fini mais le même métier toute sa vie, il va falloir aussi oublier. Alors préparez-vous bien à cet état de fait.
    Oui, Juniors et Seniors peuvent et doivent travailler ensemble, c’est cela notre richesse.
    Vive les Jeunes et vive les Seniors!

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