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HISTOIRE QUI FINIT BIEN : un trader passe des banques aux corporates

Emploi actuel

J’exerce toujours la profession de trader sur marchés de capitaux, mais j’ai dû passer des banques aux corporates.

Emploi précédent

J’ai exercé la profession de trader en front-office sur les marchés de capitaux (marchés obligataires) de 2000 à 2008 au sein de divers établissements bancaires de la place de Paris.

Quand avez-vous perdu votre emploi ?

En septembre 2008, après plus de trois années passées dans cette banque. J’ai, pour ma part, passé 4 à 5 mois sur le carreau. Les pires, puisque j’étais en recherche d’emploi notamment durant tout le dernier trimestre 2008. Trimestre durant lequel des banques ont fait faillite, d’autres, nombreuses, ont été recapitalisées par les États, etc.

Raisons de la perte d’emploi

Avant d’ouvrir les plans de départs volontaires, et parce que ces derniers avaient été calibrés pour être peu attrayants, la BFI a procédé à une stratégie de la terreur, consistant à forcer des employés au départ, à en pousser d’autres à la rupture ou à la dépression, et à licencier les derniers pour des fautes fictives ou des motifs sans causes réelles ni sérieuses. J’ai donc fait partie de cette charrette-là (notons que, aussi ignoble et illégal qu’il soit, le procédé a fonctionné car malgré le peu d’attrait des plans, ceux-ci ont tous rapidement été souscrits par des employés aussi démotivés que paniqués, et que par ailleurs si les procédures aux prud’hommes contre la banque ont littéralement été décuplées, les délais des tribunaux lui permettent de repousser les contentieux à plus tard).

Comment le nouvel emploi a été trouvé ?

J’ai finalement eu la chance de retrouver un emploi, grâce à une piste nouvelle se concrétisant très rapidement. Ceci aussi a relevé de la gageure, car il est difficile de défendre son profil en entretien d’embauche chez un corporate, alors que l’image du trader est portée à la vindicte du public par les autorités.

Moment le plus difficile

Il m’est arrivé d’assister à des processus de sélection pour des postes hyperspécialisés où nous étions près de 30 candidats, soit la totalité des personnes disposant de la compétence recherchée sur la place de Paris. Et ce qui signifiait que tous les traders toujours en poste ça et là postulaient tout de même. Histoire d’avoir une piste au cas où on les débarquerait du jour au lendemain.

Signes d’amélioration

Aucun. Toutes mes pistes, relativement abouties au mois de juin et juillet, se sont évaporées en août et septembre tandis que le CAC 40 descendait comme une pierre, que les dépréciations et pertes nettes des banques s’envolaient et que le middle management des banques (mes interlocuteurs) était chahuté par les réorganisations, les licenciements, les directives contradictoires, et la disparition de toute visibilité à plus de deux semaines (y compris en matière de recrutement, d’objectifs, de missions de court, moyen ou long terme). Bref, l’apocalypse selon saint Jean sur grand écran et avec le DTS en 5 points 1.

Leçons tirées de cette expérience

Je retire deux leçons de cette expérience très pénible :

1/ Mon profil n’aurait jamais été retenu si je n’avais pas eu plusieurs cordes à mon arc.
En d’autres termes, les profils hyperspécialisés, que réclament les banques pour les affecter à une toute petite case bien définie, sont purement et simplement condamnés à définitivement quitter le marché lorsqu’ils sont licenciés. D’ailleurs pour en attester, je confirme que fort peu de mes anciens collègues débarqués ou ayant bénéficié d’un plan (tous établissements bancaires de la place parisienne confondus) entre juin 2008 et juin 2009 sont parvenus à retrouver un poste dans la même branche d’activité. Moins de 10 % assurément. Les plus juniors (ce n’est pas mon cas) étant clairement les plus pénalisés. Disons approximativement que les chances sont de 5 % pour un junior contre 15 % environ pour un senior confirmé.

2/ Les écarts de revenus entre Paris et Londres ne se justifient pas contrairement à l’argument souvent opposé que les situations sont plus précaires en Grande-Bretagne, car si en théorie le droit du travail est plus protecteur en France, dans la pratique, les banques n’hésitent pas à le contourner lorsque nécessité fait force de loi. Ce qui aboutit à se débarrasser des ressources humaines aussi facilement qu’outre-Manche et finalement à coût différé et bien moindre, puisqu’il n’y a même pas besoin de recourir à une transaction.

commentaires (3)

Comments
  1. Article extremement interressant.

    Selon vous comment va évoluer le metier du trading à Paris et plus généralement à l’international?

  2. Point de vue subjectif. En prison, les prisonniers sont, a les entendre, tous innocents. Les licencies pour faute, c’est un peu la meme chose. En cela, l’auteur de l’article parait cracher dans la soupe, il se venge…

    Aussi, on aurait bien aime savoir ce que veut dire “trader chez un corpo”. Tresorier? Hedgeur? Acheteur? Sans ces precisions, cela renforce le point de reproche que je faisais ci dessus.

  3. J’aimerais avoir une idée sur le travail de trader parce que il y a une occasion de travailler dans une sté et j’aimerais avoir une personne qui m’aide pour réussir. merci d’avance

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