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Les salariés de Dexia plus que jamais sur un siège éjectable

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Les résultats du groupe bancaire franco-belge publiés jeudi dernier font état d’une perte nette vertigineuse de 11,6 milliards d’euros. À titre de comparaison, ceux de 2009 et 2010 étaient positifs, respectivement 1 milliard puis 723 millions d’euros de bénéfices. Cette chute libre est imputable à la vente de Dexia Banque Belgique, synonyme d’une perte de 4 milliards d’euros, à la décote sur les titres souverains grecs et assimilés portée à 75 %, aux cessions d’actifs financiers dévalorisés (-2,6 milliards) et à la vente de Dexia Municipal Agency (-984 millions).

Le sort de Dexia est désormais entre les mains de la Commission européenne qui doit décider si les aides publiques dont a bénéficié Dexia sont conformes au droit européen et ne constituent pas une aide indue. « L’examen du cas de Dexia pourrait être difficile. Nous nous apprêtons à entamer des négociations complexes sur la restructuration ou le démantèlement de la banque, dès que nous aurons reçu les propositions des autorités belges et françaises avant fin mars », a indiqué Joaquin Almunia, commissaire européen à la Concurrence (Le Figaro.fr). Il va sans dire qu’en cas de non-obtention de la garantie d’État d’ici mars, la survie du groupe serait menacée.

Près de 450 employés sur la sellette

L’avenir s’assombrit donc pour les salariés de Dexia, en particulier pour les 1350 employés de Dexia Crédit Local (DCL) en France qui devraient être principalement conservés dans l’entité qui gérera en extinction le stock d’emprunt des collectivités locales. Or, travailler pour une « bad bank », puisque peu ou prou c’est de cela dont il s’agit, ne suscite pas un enthousiasme débridé. « Il est difficile d’attirer des professionnels quand ils savent que nous sommes dans une situation de run-off. Notre priorité est de maximiser le recouvrement des dettes dans l’intérêt des actionnaires. Nos statuts interdisent de nouveaux investissements », reconnaît Danny Frans, CEO de Royal Park Investments (RPI), la bad bank de Fortis créée pour recueillir les actifs toxiques de l’ancienne Fortis Banque.

Pourtant, « une bad bank n’est pas une mauvaise banque et ce serait un grave contresens de le penser », relève Pascal Ordonneau, banquier de profession (Les Echos.fr). Et des profils comme spécialistes de produits structurés, portfolio managers, mais aussi comptables et back-officers peuvent très bien s’y épanouir. Néanmoins, à plus long terme on peut raisonnablement s’interroger sur la pérennité de l’emploi dans une telle structure. « On garde 100 à 150 personnes maxi et dès que les actifs sont liquidés (pour ça on se donne 3 à 5 ans maxi), tout le monde dégage », relève un commentateur.

En attendant, une partie des employés de DCL espère être repris dans la coentreprise détenue à 65% par La Banque Postale et à 35% par la Caisse des dépôts, qui aura pour mission d’assurer les nouveaux crédits aux collectivités locales, et qui devrait voir le jour en juin. Mais rien n’est encore fait. « Cette coentreprise n’a pour l’instant ni les compétences humaines, ni les outils pour assurer cette mission », estime une source syndicale. Dexia soit donc s’atteler à convaincre La Banque Postale de reprendre le maximum de forces vives. Au total, les syndicats craignent qu’un tiers des 1350 salariés de DCL en France ne soient pas conservés (La Tribune.fr).

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