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Licenciements en banque d’investissement : comment s’y préparer ?

Traditionnellement dans la finance les débuts d’années étaient synonymes de chaises musicales; c’était pendant cette période que les personnes déçues de leur bonus ou de ne pas avoir été promues démissionnaient pour un poste dans un autre établissement qui répondait plus à leurs attentes. Depuis 2008, et plus particulièrement cette année, cette période va malheureusement être celle des licenciements. En décembre le CEO de Credit Suisse annonçait que 1500 emplois allaient être supprimés en 2012; il y a quelques semaines c’était au tour de Royal Bank of Scotland d’annoncer la suppression de 3500 postes dans la seule banque d’investissement. Les rumeurs de licenciement courent également pour les banques françaises telles que la Société Générale et BNP Paribas.

Les Français ne sont pas les plus à plaindre, surtout si on compare leur situation avec celle de leurs confrères britanniques. Certes, on connaissait les différences des salaires entre la France et l’Angleterre, le salaire net étant plus élevé en Angleterre grâce à des charges sociales minimes. On découvre en cette période de crise l’envers de la médaille qui est la protection quasi inexistante des employés en cas de licenciement. En France le licenciement donne droit, en plus des indemnités payées par l’employeur, aux allocations chômage qui peuvent durer jusqu’à deux ans et à la possibilité d’obtenir le financement d’une formation par le Pôle Emploi. D’ailleurs nombreux sont ceux qui retardent la recherche d’un nouvel emploi et profitent de quelques mois de vacances aux frais de la princesse (qui est en l’occurrence l’Etat français). L’Angleterre connaît également un système d’allocations chômage, mais il est très mal vu pour un cadre de s’y inscrire et d’en bénéficier. D’ailleurs les employés du Job Centre (l’équivalent du Pôle Emploi) sont très sévères face aux quelques cadres qui s’y aventurent et stoppent leurs indemnités à la première occasion. Quant aux indemnités payées par l’employeur, le minimum légal est de trois semaines de salaire par année d’ancienneté, en plus du paiement de la période de préavis. Même si ces sommes sont exonérées d’impôt, c’est bien maigre (sauf à avoir travaillé plus de dix ans dans la même boîte, ce qui n’est pas courant dans le milieu bancaire).

Si les Français demeurent mieux lotis que les britanniques, cela n’empêche pas qu’il leur faille rester sur leurs gardes tout au long du processus de licenciement. Il faut savoir que les ressources humaines sont souvent dépassées par les événements et qu’il est prudent de toujours vérifier le contenu des lettres et les montants fournis avant de signer quoi que ce soit, car les erreurs de calculs sont fréquentes et une fois qu’on a signé on ne peut plus contester. Les collègues sont une mine d’information en la matière, surtout s’ils ont déjà vécu eux-mêmes un licenciement par le passé dans une autre boîte, ou étaient en poste dans votre établissement lors d’une vague de licenciement précédente. Profitez des pauses café et une discussion informelle pour leur demander le détail de la procédure. De même, pendant la période de préavis, le contact RH est censé aider la personne à chercher un emploi en interne. En pratique il est beaucoup plus efficace de chercher par soi-même en contactant directement les équipes avec lesquelles on souhaitent travailler, à condition bien sûr qu’on ait envie de rester dans la même entreprise.

Un licenciement, même économique, est une expérience difficile à vivre. Si on veut pouvoir retomber rapidement sur ses pattes, il vaut mieux se préparer à l’éventualité en mettant à jour son profil et ses contacts sur les réseaux professionnels en ligne tels que Linkedin, et en reprenant contact avec nos connaissances professionnelles et cabinets de recrutement. Maintenir un fichier de contacts est alors essentiel, et il est judicieux d’y inclure les personnes rencontrées pendant l’exercice de ses fonctions avant d’être licencié. Pensez à noter les emails perso de vos collègues actuels aussi, vous pourrez leur demander d’activer leur réseau pour vous aider à retrouver un poste. Surtout il ne faut pas se sentir gêné, le milieu financier s’appuie fortement sur le bouche à oreille, et vous aurez sûrement l’occasion de retourner la faveur un jour ou l’autre.

L’auteure a travaillé depuis 10 ans dans diverses banques d’investissement en Europe. Elle occupe actuellement une fonction juridique dans une BFI européenne à Londres.

commentaires (1)

Comments
  1. Les banques françaises ont mis en place des mesures d’anticipations de leur plan social afin de permettre aux salariés concernés par les suppressions de postes et ayant trouvés preneurs ailleurs d’être libérer immédiatement et de ne bénéficier des mesures économiques et sociales qu’une fois celles-ci discutées et validées avec les syndicats et la direction. Cela peut prendre 3 ou 4 mois… Cependant, je m’interroge sur la légalité de ces mesures d’anticipation! Comment faire confiance? Comment partir même si on n’a trouvé un poste ailleurs sans connaitre la teneur des mesures financières? A votre avis est-ce risqué pour le collaborateur bénéficiaire? Si quelqu’un peut donner un avis, je suis preneur…

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