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Le projet français de taxe Tobin fait réagir la communauté financière

Taxation

La France n’attendra pas que les autres pays soient d’accord pour mettre en œuvre une taxe sur les transactions financières. « A l’évidence, la France doit le faire avec les autres. Mais si la France attend que les autres se décident pour taxer la finance, la finance ne sera jamais taxée », affirme le président Sarkozy. Le gouvernement promet de présenter un texte en février. Mais sera-t-il voté ? s’interroge La Tribune.

Ce qui est certain, c’est que le projet divise les européens. A commencer par les Britanniques qui y sont farouchement opposés. « Une taxe sur les transactions qui ne serait mise en place qu’en Europe nous coûterait des emplois, nous priverait de revenus fiscaux, nous verrions partir énormément d’organismes financiers », explique le Premier ministre David Cameron. Si elle soutient l’idée d’une telle taxe, l’Allemagne juge indispensable d’obtenir un consensus au sein de l’UE. « Il faut commencer par clarifier les positions des uns et des autres », a rappelé Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand.

Selon un rapport du cabinet 99 Partners, cette taxe pourrait rapporter jusqu’à 12,5 milliards d’euros à la France. Mais dans un premier temps, elle pourrait être limitée aux ventes d’actions, par le biais de la réintroduction de l’impôt de Bourse supprimé en 2008, la taxation des obligations et des produits dérivés intervenant plus tard, rapporte Le Monde.

Craintes de délocalisations

Paris Europlace, l’association chargée de promouvoir l’attractivité de la place financière parisienne, dénonce un projet qui, s’il n’était pas au moins européen, affaiblirait l’économie française. « Sa mise en place représenterait un coût très lourd pour les banques françaises, les sociétés de gestion, comme pour les sociétés d’assurance, s’ajoutant au coût déjà élevé des nouvelles régulations financières mises en place comme Bâle 3 et Solvency 2, rappelle Arnaud Bresson, délégué général de Paris Europlace, dans un communiqué. Si cette taxe était appliquée seulement en France, elle entraînerait inéluctablement une délocalisation des activités concernées des banques, sociétés d’assurance et sociétés de gestion, au profit des grandes places financières mondiales ».

Certains banquiers redoutent ainsi le départ des activités de trading vers d’autres places financières. « Il n’y a rien de plus mobile que les activités de marché. Les banques sont capables de déplacer les équipes en 24 heures », rappelle un banquier d’affaires (Le Figaro.fr). Outre les délocalisations, la Fédération bancaire française (FBF) craint que cette taxe « n’empêche l’installation de nouveaux acteurs du financement de l’économie dans notre pays », indique-t-elle dans un communiqué.

Mais le plus virulent d’entre tous est sans conteste Christian Saint-Etienne, membre du Conseil d’analyse économique du Premier ministre. « Y aller seuls, c’est complètement suicidaire, cela va tuer la place de Paris », affirme cet économiste qui estime que dans ce cas « la seule chose envisageable serait une taxe totalement symbolique », de l’ordre de 0,001 %, sur une assiette limitée. Et vous, en tant que professionnel de la finance, que pensez-vous de ce projet français de taxation des transactions financières ?

commentaires (4)

Comments
  1. La France n’attendra pas que les autres pays soient d’accord… Normal on a une élection dans 3 mois! Cette mesure peut potentiellement couter cher a la France mais le populisme et les effets d annonces sont plus importants actuellement!

  2. Dommage que votre article ne parle pas de l exemple de la taxe essayée en Suede et qui a été un échec cuisant!

  3. mesure populiste qui vise surtout 12,5 milliards d’économies de petits épargnants; une taxe qui touche évidemment les plus faibles…

  4. Une taxe sur la plus value sur cession des valeurs en bourse sera suffisante, mais aller à taxer toutes les transactions et en plus pour la place parisienne uniquement augmentera les frais financiers et poussera les investisseurs et les spéculateurs à fuir le marché financier ce qui présente un signe négatif pour l’économie française .

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