☰ Menu eFinancialCareers

Les relations investisseurs sous les feux de la rampe

L’enjeu est lourd, puisque les analystes en manque de repères s’accordent à reconnaître que la prime de risque devrait augmenter sur le marché actions. C’est donc la valorisation de l’entreprise qui est en jeu. Du moins à court terme.

Dans ce contexte, Eliane Rouyer, présidente du CLIFF (Cercle de Liaison des Informateurs Financiers en France) et directrice des relations investisseurs du groupe Accor ne cherche pas à fuir ses responsabilités : en tant que courroie de transmission entre l’entreprise et le marché, nous avons un rôle pédagogique de tout premier ordre à jouer auprès des différents publics que sont les investisseurs, les analystes et les journalistes spécialisés. Nous allons être sur la sellette .


Débouché naturel pour les analystes financiers

La difficulté est d’ordre technique et intellectuelle. La promotion de la juste valeur des actifs et des passifs assurée par les normes IFRS va introduire de la volatilité dans les états financiers. Le rôle des relations investisseurs, qui appuient la direction générale dans la présentation des résultas au marché, est de permettre aux investisseurs d’appréhender le caractère récurrent de la performance de l’entreprise. Les entreprises auront tout intérêt à aider les analystes financiers à construire leurs nouveaux modèles . Et si les normes IFRS sont censées favoriser la comparabilité entre émetteurs, il ne faut pas s’y tromper : au contraire, l’information va être plus abondante qu’avant. Le défi de la communication financière est de simplifier le message sans en altérer la portée , explique la spécialiste.

Au delà de ce chantier au long cours, la vie des relations investisseurs se professionnalise en France. Depuis quelques années, les Etats-majors ont bien compris l’importance d’une communication financière pointue et ciblée. Par exemple, la crise de liquidité subie par de nombreuses Blue chips de la cote – France Telecom, Vivendi Universal pour ne citer que les principaux – a débouché sur la décision de développer une communication ad hoc pour les investisseurs obligataires, quand il n’y a pas eu création pure et simple d’un département dédié. Avec la multiplication des road-shows, dits non deal , la charge de travail a tendance à se lisser dans le temps, sans pour autant diminuer, tant s’en faut. A cette occasion, il accompagne la direction générale et le directeur financier, répond aux questions des investisseurs que ses supérieurs ne pourraient pas recevoir, y compris dans le cadre de one-t-one. Pour les grosses capitalisations qui partent régulièrement en campagne, le métier de relations investisseurs est donc tout sauf sédentaire.

Dès lors, on comprend aisément que ce métier centré sur la communication est hautement stratégique. Le professionnalisme et la technicité que requiert cette fonction renvoie à des profils ayant suivi une formation très poussée. Ce n’est pas un hasard si au sein de cette population, on retrouve bon nombre d’analystes ayant suivi la valeur pour le compte de leur banque. L’analyse financière est, sauf aléa, un métier qui peut se pratiquer à vie. Néanmoins, certains analystes choisissent de rejoindre une société précédemment couverte pour y exercer le métier de relations investisseurs , commente un analyste de la Société Générale.


Match avec le directeur de la communication

S’il n’est pas à ce jour directement concerné par les nouvelles lois relatives à la responsabilité des directeurs financiers (Loi de Sécurité financière, Sarbanes-Oxley Act), son action s’inscrit néanmoins dans le respect des lois et règlements applicables aux sociétés cotées, notamment celles régissant l’information financière en termes d’égalité de traitement entre les actionnaires. Dans le contexte des règles des marchés boursiers, l’informateur financier se tient en relation permanente avec les autorités de marché et assure la surveillance de l’évolution des transactions et des cours des titres émis par sa société.

Cet adjoint naturel du directeur financier jouit le plus souvent d’une certaine proximité de la direction générale, en raison du caractère stratégique de ses attributions. C’est du moins le cas au Royaume-Uni, où ce métier a fait prouvé de longue date son utilité. En France, ses contours ne sont pas encore très nets. Souvent en conflit avec la direction de la communication, dont le leader a parfois son siège au conseil de surveillance, il cherche à asseoir sa position. Question de temps probablement.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici