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Finance de marché et finance d’entreprise : le grand écart ?

Going up, or going down?

Going up, or going down?

Tel était l’intitulé du grand débat organisé début décembre par Financium, le rendez-vous annuel des dirigeants finance et gestion. Au-delà des caricatures faciles sur une finance de traders et de spéculateurs contre une finance plus « vertueuse » au service de l’économie réelle, ce fut l’occasion de faire le point sur la réalité de ce divorce, mais aussi sur ce qui rapproche deux mondes qui demeurent complémentaires et interdépendants.

Même sémantique, mêmes filières de formation, même cadre conceptuel… et pourtant tout semble de plus en plus séparer, voire opposer, la finance de marché et la finance d’entreprise. Ce phénomène a été accentué par la crise, qui a vu une opinion publique revancharde stigmatiser des traders irresponsables encouragés par des mécanismes de compensation incitant à la prise de risques démesurés. “Le vrai divorce se situe entre les financiers et l’opinion“, analyse Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance de Wendel, en évoquant le contexte politique et médiatique qui, selon lui, pollue la perception du public.

Les banquiers font leur mea culpa

« L’obligation de profits quasi-instantanés conduit les banques à promouvoir un trading pour fonds propres qui génère certes du profit, mais aussi de la volatilité », déplore Pierre-Mathieu Duhamel, président du comité stratégique de KPMG (cfo-news).

« Oui, des excès ont été commis par les banques : rémunérations, complexité des produits, désir d’opacité, manque de professionnalisme dans la gestion des risques passés », reconnaît Séverin Cabannes, directeur général délégué de la Société Générale, pour qui le rétablissement de relations à long terme basées sur la confiance dans la relation banque entreprise semble indispensable.

Plus facile à dire qu’à faire, quand on sait qu’à l’intérieur même des établissements bancaires, la finance de marché est montrée du doigt par les autres départements, comme l’illustre ce récent commentaire posté sur notre site à l’occasion des annonces de suppressions de postes en banque d’investissement : « Les salaries de BFI ont regardé longtemps de haut leurs collègues réseaux maintenant ils vont pouvoir les observer de loin….. du pôle emploi ». Ambiance…

Des métiers complémentaires

Dans les faits, pourtant, les deux finances, d’entreprise et de marché, s’avèrent complémentaires. Ainsi, la crise actuelle contraint les dirigeants finance et gestion à piloter leurs activités dans un environnement rempli d’incertitudes. Leur fonction première est de sécuriser l’entreprise en consolidant les indicateurs de performance, en menant des études de rentabilité plus fines ou en maîtrisant la trésorerie. Mais ils doivent aussi faire preuve d’audace, en participant à la stratégie pour aider leurs entreprises à innover encore davantage, à se développer et à trouver de nouveaux vecteurs de croissance.

C’est là que la finance de marché intervient, en offrant aux entreprises des possibilités compétitives de financement (equity, dette), de couverture de risques (taux, changes), et de placement pour leur trésorerie excédentaire. « Le directeur financier doit faire preuve de toujours plus d’agilité ; il est devenu un homme-orchestre. Son périmètre d’intervention s’étant progressivement étendu, il est porteur d’une fantastique valeur ajoutée », conclut Armand Angeli, président du comité d’organisation de Financium.

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