☰ Menu eFinancialCareers

OPINION : « Comment appréhender les trois marchés de l’emploi en général et le marché “virtuel” en particulier »

Francis Binoche

Parmi quelques vérités tirées de quelques 12 ans d’accompagnement de managers en recherche d’emploi, je voudrais aujourd’hui partager avec vous ma conviction que, malgré la grande diversité des profils que j’ai accompagnés, ceux–ci doivent se positionner par rapport à l’un des trois grands marchés de l’emploi – visible, « gris » ou « virtuel » – en fonction de leurs expériences et de leur niveau d’expertise.

Le premier marché est le marché visible, celui des annonces (papier ou Internet) auquel nous avons tous facilement accès. En contrepartie, la concurrence y est rude et vous n’obtiendrez généralement aucun feedback sur les raisons pour lesquelles votre candidature n’a pas été retenue. Vous ne pourrez donc pas ajuster le tir.

→ C’est une approche plus quantitative que qualitative, que je qualifierais de peu productive pour les plus de 35 ans.

Le deuxième marché propose des postes budgétés, comme pour le précédant marché, mais cette fois non visibles, je l’appelle le marché « gris ». Parce qu’il y a moins d’urgence ou pour des raisons de confidentialité, ces fonctions vacantes ne sont pas affichées.

Tantôt le recrutement se fera de bouche à oreille (d’où l’importance donnée à la dynamique de réseau qui vous permettra d’obtenir cette information précieuse), tantôt il aura lieu par le canal des fameux chasseurs.

Approcher ces interlocuteurs sera évidemment plus difficile, mais si vous y parvenez vous pouvez ainsi espérer concourir dans une compétition plus restreinte entre initiés.

→ Le marché gris est ouvert à tous les âges. Si vous avez plus de 45 ans cependant, ne comptez pas trop sur les chasseurs en particulier français, et mettez l’accent sur le réseau.

Il existe enfin un troisième marché trop méconnu, le plus exigeant mais potentiellement le plus riche en opportunités, que je qualifie de marché « virtuel » car les postes ne sont ni visibles, ni budgétés.

Dans un environnement économique en mouvement perpétuel surgissent sporadiquement des évènements exogènes (nouveaux marchés, réglementations, technologies, niche fiscale…), sources d’opportunités comme de déséquilibres pour l’entreprise. L’évènement est généralement assez important pour avoir été perçu mais, à ce stade, il reste complexe, flou voire systémique rendant difficile le profil du solutionneur idéal et sa future place dans l’organigramme.

  • Pénétrer ce marché virtuel exige pas mal de qualités :
  1. Le sens de l’anticipation, savoir détecter avec un peu d’avance (mais pas trop) les opportunités porteuses d’avenir…
  2. Une capacité de synthèse, pour présenter rapidement une offre de service concrète avec un zeste de « teasing » pour que votre interlocuteur ait envie de vous revoir et d’en savoir davantage.
  3. La finesse dans la communication, avec ce qu’il faut d’assertivité sur le fond et de modestie sur la forme (vous n’êtes pas donneur de leçons).
  4. La détermination pour définir et mener une stratégie claire quant aux objectifs et aux cibles que vous allez chercher à convaincre.

Chaque année, j’accompagne une demi-douzaine de personnes convaincues que ce marché virtuel est la meilleure voie pour rebondir. Ces dernières sont d’autant plus exigeantes dans l’élaboration de leur offre de services qu’elles sont lucides sur le fait qu’en France plus l’âge est élevé, plus cette offre doit être percutante.

La pratique la plus courante et la moins difficile concerne des cadres très expérimentés sur des marchés à l’international, qui proposent à l’entreprise qu’ils convoitent de prospecter leurs anciens clients sur de nouveaux produits ou services dans de nouvelles niches qu’ils ont détectés.

Dans le domaine financier, la crise actuelle et ses conséquences systémiques sur toutes les places devraient multiplier les occasions de se positionner sur des problématiques majeures, nombreuses et combien élargies du risque : risque de contreparties (y compris le « shadow banking »), risque corporate, risque souverain, risque de montage sur produits complexes, risque de modifications majeures de réglementations prudentielles.

Votre discours ne consistera pas à prétendre qu’à vous tout seul, vous allez contribuer à rétablir la confiance dans le système bancaire mais à montrer que vous avez un temps d’avance dans l’analyse des problèmes, la mise en œuvre de structures et de processus de contrôle.

  • Travailler sur ce marché virtuel présente beaucoup d’avantages :
  1. La possibilité d’élargir vos contacts à toute une série de dirigeants et d’experts.
  2. Des entretiens où, au lieu d’être un demandeur d’emploi résumant pour la énième fois votre CV, vous serez à parité avec votre interlocuteur sur un sujet qui vous intéresse tous les deux.
  3. Point de concurrence, le poste mettra un peu de temps à être budgété mais il sera sur-mesure pour vous.
  4. Et, après tout, si à la fin de l’entretien votre interlocuteur vous dit « votre dynamisme me plaît, je n’ai pas encore la latitude pour ce poste virtuel mais j’ai un poste sur le marché gris, le voulez vous ? », vous vous ferez une raison.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici