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Parcours professionnel de R. Timberlack, gestionnaire de fonds : l’absence de diplômes n’est pas un problème

Richard Timberlake est président directeur général de la société de gestion de fonds Investment Manager Selection (IMS), un multi-gestionnaire spécialisé. Auparavant, président-directeur général de Fidelity International, il a développé les activités de gestion de fonds de Fidelity en Europe, en Australie, et au Canada. Il a décidé de créer sa propre société en 1990. Il affirme que la réussite de sa carrière tient autant à la chance qu’au reste.

Cela peut sembler étrange aux étudiants très diplômés qui s’engagent aujourd’hui dans une carrière en finance, mais je ne possède pas de diplômes universitaires.

J’ai commencé à travailler en Angleterre en 1963, après m’être vu refuser une bourse pour étudier l’histoire à l’université d’Oxford. Je regrette de ne pas avoir étudié l’histoire, mais le fait de ne pas avoir de diplôme ne m’a pas gêné dans ma carrière – même si, lorsque j’en étais président-directeur général, Fidelity International a mis en place une politique consistant à ne recruter plus que des diplômés !

J’ai décidé de travailler en finance pour deux raisons: je pouvais vivre à Londres et j’étais intéressé par les investissements. J’ai commencé à lire la presse financière à l’âge de 17 ans et j’ai hérité d’un portefeuille actions très modeste à 21 ans.

Mon premier emploi m’a emmené à New York, où j’ai été formé au métier d’analyste et j’ai pu passé le seul examen à ma portée – le diplôme de finance du New York Institute en analyse financière. C’était le premier changement d’une longue série dans ma carrière qui n’était pas prévu. A cette époque, peu de gens dans la city à Londres étaient formés à l’analyse financière.

Ainsi, quand je suis rentré de New York, j’étais une marchandise très demandée, et j’ai été immédiatemment embauché comme associé dans le département de recherche d’une société de courtage dans la City.

A l’âge de 22 ans, j’ai quitté la recherche de cette société de courtage pour prendre un poste de recherche et de gestionnaire de fonds. Ma carrière n’a vraiment décollée qu’à partir de 35 ans, quand par chance j’ai commencé à être impliqué dans l’activité des fonds de pension.

En 1974, j’ai été nommé directeur général de la société Schlesinger Unit Trusts, conjointement avec un ancien directeur de Rothschild. Les fonds de pension étaient alors en plein essor; Schlesinger a connu la plus forte croissance.

Cette fois-ci, ma nomination n’avait pas été seulement le fruit du hasard: j’avais repéré le potentiel que représentaient les fonds de pension, et j’avais décidé que je voulais travailler dans ce secteur.

En travaillant pour Schlesinger j’étais bien placé pour accomplir le prochain et dernier changement déterminant de ma carrière. Chez Schlesinger, nous avions constaté l’intérêt grandissant des investisseurs britanniques pour les actions étrangères. C’est pourquoi j’ai accepté la proposition d’un cabinet de recrutement, qui m’offrait de mettre en place et de diriger les activités de Fidelity, une société de gestion de fonds américaine alors peu connue.

J’ai passé mes dix années suivantes chez Fidelity à développer l’activité des fonds de pension en Angleterrre et à l’international; j’ai également démarré l’activité en Europe, en Australie et au Canada et dans les principaux centres offshore. Quand j’ai décidé de quitter Fidelity International en 1989, nous étions devenus l’une des sociétés de gestion de fonds les plus importantes au Royaume-Uni et en Europe.

Quitter Fidelity a été une décision difficile, mais je voulais monter ma propre société – j’en ai créé trois en réalité – destinée à aider les investisseurs à sélectionner les fonds.

En 1995, j’ai vendu la moitié de Portfolio Fund Managers, un fonds de fonds, qui est ensuite devenu Edinburgh Portfolio, et qui appartient désormais à la société NewStar. En 1997, j’ai vendu Fund Research, ma société la plus importante, à l’agence de ratings Standard & Poors.

En 1999, j’ai également créé la société IMS, qui gère et conseille des fonds d’une valeur de plus de 3,2 milliards d’euros. En tant que multi-manager ou fonds de fonds spécialisés, IMS aide ses clients en sélectionnant pour eux les meilleurs gestionnaires ou fonds pour placer leur argent. Une carrière réussie en finance tient, comme partout, en grande partie au hasard. Si je n’avais pas travaillé pour Schlesinger, on ne m’aurait probablement pas offert le poste chez Fidelity.

Si un meilleur candidat que moi avait accepté le poste chez Fidelity, je n’aurais pas eu la chance de fonder l’un des groupes de gestion de fonds les plus importants d’Europe, et si je n’avais pas fondé ce groupe, j’aurais eu probablement beaucoup plus de difficultés à trouver des soutiens pour lancer mes propres sociétés.

Cependant, j’ai dû travailler dur. J’ai toujours approfondi des sujets et lu des rapports de recherche qui avaient été négligés par d’autres. Bien que je ne sois pas un accroc du travail, je travaille beaucoup.

Je trouve toujours l’analyse financière d’une entreprise fascinante. Cela demande à la fois du bon sens et des qualités relationnelles. J’ai passé une bonne partie de ma vie professionnelle à interroger des directeurs financiers, des pdg et des directeurs d’investissement.

J’ai aussi pris des risques en connaissance de cause. Rejoindre Fidelity comportait des risques: dans les années 1970, personne ne connaissait Fidelity; plusieurs personnes ont refusé le poste. J’ai fait beaucoup de recherches sur la société et j’en ai conclu qu’elle avait de bonnes chances de réussir.

Le fait de créer ma propre société représentait également un risque, mais le besoin croissant d’expertise pour sélectionner les gestionnaires de fonds m’a conforté dans l’idée que cela valait la peine d’essayer.

Je regrette seulement de ne pas avoir passé plus de temps avec mes enfants. En Angleterre, les gens travaillent beaucoup trop entre 30 et 45 ans: il est toujours difficile d’accomplir une carrière pleine de succès en finance et de rester au top sans compromettre sa vie de famille.

Contrairement à ce que l’on pense, les gens dans l’asset management aux Etats-Unis travaillent beaucoup moins que nous à Londres.
Les Américains ont compris que l’on pouvait aussi réussir après 45 ans; rien ne sert de courir.

commentaires (1)

Comments
  1. Bonjour,

    Je trouve votre carrière formidable. Je suis actuellement en licence économie et gestion , et j’aimerais être analyste financière.
    Est-ce-que vous pourrier me donner des conseil?

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