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Un banquier senior d’UBS explique comment assurer en entretien et éviter de trébucher en commençant votre job

Lutfey Siddiqi, CFA, responsable FICC corporate coverage & FX distribution en Asie Pacifique donne quelques sages conseils à l’intention des jeunes banquiers.

Il peut être déroutant pour des jeunes fraîchement diplômés de passer des hauteurs académiques au bas de l’échelle du secteur bancaire. Outre ce renversement de statut, beaucoup trouvent les règles du jeu tacites (attentes concernant les normes de comportement et les moteurs de reconnaissance) plutôt désarçonnantes.

Voici les deux grandes étapes de conversion culturelle par lesquelles les jeunes professionnels de la finance doivent nécessairement passer.


1. L’interview


a. Passez en mode “vendeur”

Ne vous attendez pas à ceux que les éléments concrets de votre CV soient évidents pour ceux qui le consultent. Alors que le CV est souvent structuré chronologiquement en bullet points dans un style attrayant, vous pouvez orienter votre argumentation verbale sur certains éléments que vous souhaitez mettre en exergue. Racontez votre histoire, vendez votre histoire, avec intégrité et sans induire votre interlocuteur en erreur, bien sûr.

De nombreux intervieweurs vous laisseront la marge de manceuvre nécessaire au cours de l’entretien pour prendre la main.

Profitez de cette opportunité pour prouver que vous avez étudié l’entreprise et son business. Comme dans tout schéma marketing, essayez consciencieusement de connecter l’annonce d’offre d’emploi à ce que vous avez-vous à offrir.


b. Le medium est le message

Votre style de communication, la clarté de votre énonciation, le langage du corps ont tous un impact disproportionné sur l’intervieweur. Les compétences techniques sont généralement testées en amont de l’interview. Ainsi, la façon dont vous présentez l’information et dont vous optimisez le temps de votre intervieweur sera un élément déterminant de votre succès.


c. L’attitude

Les mots employés doivent rendre compte de la manière dont vous assumez vos responsabilités. Quelqu’un qui décrit toute expérience négative comme du ressort d’autres personnes n’inspire pas confiance. En outre, il doit y avoir au moins un élément dans votre CV (même s’il n’est pas relié à l’emploi) pour lequel vous devez être capable de démontrer une véritable passion.

Enfin, vous devez être préparé à parler sur n’importe quel élément de votre CV. Une réponse telle que je ne me souviens pas très bien de ce stage que j’ai fait il y trois ans agit assurément comme repoussoir.


2. Les premiers jours dans votre poste


a. Un programme non linéaire

Contrairement à vos études supérieures, où le curriculum est expliqué à l’avance et apparaît comme une progression claire de sujets que l’on enchaîne du plus basique ou plus avancé, la vie professionnelle ne présente pas ses challenges dans un ordre de difficulté réglé et progressif.

L’apprentissage n’est pas chronologique, aussi il est important de rester concentré, poser des questions et improviser. Beaucoup des tâches vous paraîtront insurmontables sans un support supplémentaire. C’est un passage temporaire. Pourtant j’ai vu plusieurs jeunes diplômés – parmi les étudiants les plus doués – peiner au début. La persévérance est clé.


b. S’habituer aux demandes incomplètes

Dans de nombreux contextes professionnels, les données nécessaires à la conduite d’un projet se dévoilent au fur et à mesure de sa maturation. Aux yeux du jeune professionnel, les clients comme les responsables d’équipe ne sont pas raisonnables lorsqu’ils attendent des équipes que les tâches soient réalisées sans être clairement spécifiées.

Une fois encore, j’ai vu d’excellents étudiants paralysés parce que le problème avait plus de variables que d’équations . Gérer ces situations nécessite un certain talent. Quoi qu’il en soit, l’inaction n’est pas une option.


c. Influencer sans s’imposer

Certains cursus académiques – pas tous – permettent à l’étudiant d’obtenir des notes raisonnables sans nécessairement travailler en collaboration avec les autres. De plus, un grand nombre de décisions liées à la résolution des conflits sont prises par des personnes d’autorité de l’administration de l’école ou de l’université.

Par contraste, votre efficacité dans votre emploi reposera, de manière cruciale, sur votre capacité à collaborer et à influencer ceux sur lesquels vous n’avez aucune forme d’autorité. Vos qualités de persuasion et de négociation sont testées très tôt. Et le jeune banquier ne doit pas sous-estimer l’étendue de ce challenge.


d. Celui ou celle sur qui on peut compter

Finalement, la caractéristique dominante la plus valorisée – à la fois dans la phase de recrutement et lorsque que la personne est en poste – est la fiabilité. À chaque étape de votre carrière, vous serez un élément d’une chaîne créant de la valeur. Il est important que vous vous placiez comme un lien fort dans cette chaîne et que vous cultiviez une réputation de quelqu’un de sûr en qui on peut avoir confiance.

commentaires (3)

Comments
  1. Merci pour cet article très intéressant.

  2. Je partage le point de vue de l’auteur, sauf sur un point particulier:

    Je considère l’inaction comme une option envisageable à court terme car elle importante pour gérer ses émotions surtout sur une longue période de recherche. Personne ne peut être constamment à 100%.

  3. Merci. ça aide à se situer. Très intéressant.

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