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OPINION : Les jeunes français n’ont plus de raison de venir à Londres

Plus de 50 mm de pluie par mois, des hausses d’impôts imminentes, un sentiment anti-banques, un déficit budgétaire devenu incontrôlable et une livre en chute libre. De fait, Londres n’est plus aussi attrayante que par le passé auprès de la jeune élite française.

On compte environ un quart de million de Français au Royaume-Uni, la plupart basés à Londres. Au pic de la bulle immobilière (2005-06), les Français s’attroupaient dans le quarter de South Kensington, alias mini-Paris , où ils retrouvaient leurs repères : des brasseries aux marques de mode françaises en passant par le Lycée français.

J’ai moi-même participé à ce mouvement. Impliquée dans le recrutement chez BNP Paribas à Londres, entre 2007 et 2009, j’ai intégré de nombreux stagiaires et jeunes analystes français dans les équipes de la banque. Personnellement, j’ai toujours pensé que SW7 était un peu cher et qu’une collocation quelque part près d’Edgware Road ou Clapham Junction faisait très bien l’affaire.

Surtout, à partir de ce moment, je me suis interrogé sur les raisons pour lesquelles La City continuait d’attirer autant les Français. Pourquoi ne préféraient-ils pas plutôt l’Asie et ses économies porteuses de croissance ?

Il est difficile d’obtenir des statistiques officielles, mais quelques signes suggèrent que le vent serait bel et bien en train de tourner.

Sur les 12 derniers mois, nous avons vu beaucoup plus de CV de banquiers et de comptables français que d’habitude, m’a confié Adam Tobias, qui dirige un cabinet de recrutement à Londres. Ils viennent pour de meilleurs salaires et pour bénéficier d’un plus grand nombre d’opportunités qu’en France, où à moins d’être diplômé d’une Grande école, le champ des possibles est limité.

Il ne fait aucun doute que les salaires plus généreux, les avancements de carrière plus rapides, et un environnement de travail en langue anglaise jouent en faveur de Londres. Joséphine Miikin, relocalisée de Lyon à Londres par son employeur, va dans ce sens : En matière d’opportunités et de développement de carrière, je choisis Londres au détriment de Paris. Mais Joséphine, qui jongle en ce moment entre son job dans une firme franco-suisse spécialisée dans la gestion de fortune et son MSc à la BPP Business School, pense qu’il y a moins d’offres d’emploi de l’autre côté de la Manche qu’avant la crise. Or, les gens choisiront de travailler là où ils peuvent trouver un job. Beaucoup va aussi dépendre de l’avenir du statut des non-doms pour les expatriés français, des règles d’imposition et l’approche du nouveau gouvernement britannique en matière de réglementations du secteur financer .

D’autres jeunes qui se destinent à cette industrie anticipent les risques qui pèsent sur la City et commencent à construire leur réseau en Asie. Aurélie Derche, originaire de Paris, termine les six derniers mois de son MBA de l’Essec, basée à Singapour. Le programme “Global Manager in Asia” combine 3 mois d’études en Asie et trois moins de stage dans une entreprise locale. Pour cette étudiante, comme pour ses 50 camarades de classe, le pouvoir économique s’est indéniablement tourné vers l’Asie . Aussi elle espère que vivre et étudier à Singapour, le centre nérvralgique de la région, lui donnera un excellent point de départ .

Plus à l’Est, James Gao du Shanghai Advanced Institute of Finance (SAIF), le nouveau centre de formation incontournable sponsorisé par le gouvernement local pour préparer les futurs rois de la finance, est persuadé que l’avenir s’écrit dans des centres financiers tels que celui de Shanghai. En 2011, le SAIF ouvrira ses portes aux étudiants étrangers et nous espérons que les Français seront au rendez-vous .

Kate Jillings est co-fondateur de BusinessBecause.com, un site d’infos et d’échanges dans l’univers des business schools. Précedemment, Kate était responsable de la stratégie Marketing pour les dérivés actions et matières premières chez BNP Paribas à Londres.

commentaires (10)

Comments
  1. Pour commencer même en France “Grandes Ecoles” ne veut rien dire. ESC Chambéry, que je ne dénigre pas, n’est pas forcément bien cotée et pour des postes importants on ne retrouvera jamais leurs étudiants, pourtant l’esc chambéry fait partie de cette fameuse liste “grandes écoles” de la conférence des grandes écoles…

    Roland Berger Paris est une boite à ESCP, si vous ne sortez pas des 3 parisiennes, presque aucune chance qu’ils regardent votre CV, même si dans les divers classements vous sortez de la 4ème, 5ème, ou 6ème, meilleure “grande école de commerce” de France.

    Et qu’on le veuille ou non, mais je pense que très peu me contrediront, le système britannique est nettement plus méritocratique qu’en France. Peu importe votre université, école de commerce, si vous donnez satisfaction vous grimperez vite, si vous n’en donnez pas, vous serez éjecté même si vous avez fait une top university. Chose qu’on ne voit pas vraiment en France.

  2. Concernant Edgware Road, avec son salaire à la BNP elle pourrait se trouver un flat pour elle toute seule, Edgware Road n’est pas si expensive, et je pense qu’à un moment donné faut savoir tracer sa route et sortir du système des colocations….

    Mon appart à south Hampstead à côté de Regents Park me convient parfaitement, south kensington est une mauvaise habitude des français.

  3. Londres donne (et donnera pour un bon moment) le “LA” dans le monde de la finance. l expertise, les capitaux, la culture et les artistes y sont…
    Singapour, c est bien quand on a 3 enfants et une hypotheque. Avant 35 ans, Londres reste “THE” place to be pour qq un qui aspire a une carriere “serieuse” en banque

  4. c’est bien vrais ça, les francais allez en Asie, ici on veut plus de vous

  5. Mais moi je veux bien aller en Asie ! Mais comment trouver un job depuis la France ?

  6. “Il est difficile d’obtenir des statistiques officielles, mais quelques signes suggèrent que le vent serait bel et bien en train de tourner.
    Sur les 12 derniers mois, nous avons vu beaucoup plus de CV de banquiers et de comptables français que d’habitude…”

    Ou est la logique de cette article??

    De plus s’expatrier en Asie n’est pas comparable a une simple traverse de la Manche.

    Du moment que les salles de marche francaises resterons encree dans leur categorisation par ecole, avec egalement des taux de stagiaires et CDD sous payes aussi important, elles resteront moins attractive aue leur homologue anglaise.

  7. Londres reste l’eldorado pour toutes les carrieres dans le secteur de la finance!!! La place de Paris est sclerosée dans un systeme universitaire d’elite…rien est fait pour les “autres”…

    Dans mon cas, j’ai plus gagné a Londres en 6 mois qu’en un an a Paris… Consultant independant n’est plus pensable a Paris. Alors ca vaut bien un peu de pluie… et la livre baisse, la pinte reste au meme prix et bien moins chere qu’a Paris!

  8. La Livre en chute libre ? Mais n’importe quoi !

  9. De toute manière qu’elle baisse ou monte, si on est dans le sens du courant on gagnera toujours. Alors qu’elle baisse ou monte, aucune importance.

  10. la comparaison Paris-Londres est inexistance

    On a moins peur de perdre son boulot a Londres qu’a Paris car on sait qu’on peu en retrouve un si on est bon
    A Paris c’est copinage et companie surtout pour les moins bon

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