☰ Menu eFinancialCareers

Un nombre croissant de comptables ou financiers aux postes de Présidents

Les banquiers quittant la profession sont nommés présidents. Les banquiers d’affaires prennent de plus en plus les reines de sociétés d’autres secteurs, en tant que directeurs exécutifs ou PDG.

D’après des recherches effectuées par Elizabeth Marx, chasseur de têtes chez Hanover Fox, 41% des présidents des plus grandes entreprises britanniques ont effectué leurs carrières en comptabilité ou dans les services financiers. En 1996, dans des recherches similaires, le chiffre n’était que de 24%.

D’après Mme Marx, une part croissante des présidents ont une formation universitaire et ont travaillé à l’étranger. Les banquiers d’investissement qui ont souvent suivi des études supérieures et se sont frottés à l’international correspondent bien à ce type de profil.

Luqman Arnold, président d’Abbey National, une banque de détail britannique, fait partie de cette nouvelle génération. Cet ancien président d’UBS et ancien responsable de la banque d’investissement chez BNP Paribas et Credit Suisse First Boston (CSFB), a rejoint Abbey National en octobre dernier.

Cette année, la société pharmaceutique Irlandaise Elan a nommé Kelly Martin de chez Merrill Lynch au poste de PDG. Il s’agit d’un ancien président de la division clientèle privée internationale chez Merrill et a une expérience des marchés de capitaux.

D’après Andrew Lowenthal, chasseur de têtes chez Egon Zehnder, de nombreux banquiers d’investissement souhaitent avoir le même parcours: “Beaucoup de gens hautement qualifiés travaillant en banque d’investissement, considèrent, à 45 ou 50 ans, qu’un poste dans le secteur public ou en entreprise serait la meilleure promotion pour eux. Cela est généralement moins bien payé, mais apporte de la diversité et de nouveaux challenges.”

Il n’est pas toujours facile de changer de secteur. Christopher Beale, chasseur de têtes et président de l’ Institute of Directors au Royaume-Uni, indique que les entreprises sont souvent sceptiques face aux capacités opérationnelles des banquiers: “Après l’effervescence d’un job en banque d’investissement à réaliser des deals, prendre la direction d’une entreprise est parfois une tâche laborieuse. Ce sont deux mondes différents et la plupart des entreprises de services traditionnels et industrielles n’accepteraient pas un banquier d’investissement comme PDG.” Aux Etats-Unis, ce changement est parfois plus facile. Au mois de juillet dernier, le groupe CIT a nommé Jeffrey Peek, vice-président du Crédit Suisse First Boston, au poste de directeur exécutif, en soulignant qu’il était susceptible de devenir un jour président directeur général.

D’après un porte-parole, il aurait une connaissance approfondie des marchés de capitaux, un réseau solide de contacts, ainsi que des qualités managériales exceptionnelles, acquises en banque d’investissement.

D’après Peter Gonye, chasseur de têtes chez Spencer Stuart à New York, les banquiers d’investissement américains deviennent souvent PDG de sociétés. On considère que leur expérience dans le secteur bancaire est utile si la société veut faire des acquisitions ou si elle se rapporte au secteur dans lequel le groupe opère.

En Europe, il est plus courant de devenir directeur financier. En juillet dernier, le groupe de produits de luxe LVMH a recruté Jean-Jacques Guiony, associé chez Lazard à Paris, comme directeur financier. Les directeurs financiers de France Télécom et de Thomson sont d’anciens banquiers d’UBS.

Martin Angle, directeur des opérations pour Terra Firma Capital Partners, une société de capital investissement, souligne que les banquiers d’investissement ont de nombreuses qualités aux postes de directeurs financiers: “Trop peu de banquiers entrent dans le monde de l’entreprise, à mon grand regret. Bien que les entreprises soient par nature réticentes à recruter des gens de la City, de nombreuses sociétés réalisent que le directeur financier doit être capable de mener une réflexion de haut niveau au lieu de se contenter de faire des calculs.”

Martin Angle était responsable international en financement chez Kleinwort Benson avant de rejoindre en 1997 en tant que directeur financier, la société TI Group, une société d’ingénierie cotée au FTSE-100, un ancien client. Il a rejoint Terra Firma en 2001. M. Angle indique qu’avec son expérience en banque et en entreprise, le secteur capital investissement est idéal pour lui.

Cependant, après l’affaire Enron, il semble que le vent ne soit plus favorable aux banquiers d’investissement souhaitant devenir directeurs financiers. James Hickman, chasseur de têtes pour le cabinet de chasse Russell Reynolds, souligne qu’il est désormais indispensable d’avoir des compétences en comptabilité pour des postes de directeurs financiers: “Les grandes entreprises ne peuvent plus se permettre de recruter des directeurs financiers qui n’auraient pas toutes les qualifications requises et qui ne serait pas totalement infaillible.” Cependant, trop peu de jeunes banquiers ont une expérience en comptabilité. Les diplômes tels que les MBA et le CFA (Chartered Financial Analyst) sont devenus la voie d’accès aux carrières en banque d’investissement et ont remplacé les formations en comptabilité.

De la même façon, l’histoire de John Mayo, ancien banquier chez SG Warburg, devenu directeur financier chez Marconi, n’améliore en rien la réputation des banquiers dans le monde de l’entreprise. Par de nombreuses acquisitions, John Mayo a contribué à transformer Marconi, un spécialiste du secteur de la défense, en un groupe de télécommunications. La société a laissé s’accumuler des dettes énormes et a manqué de faire faillite. M. Mayo a démissionné en 2001, alors qu’il devait bientôt être nommé PDG.

Un ancien banquier explique: “Il faudrait qu’il y ait plus de banquiers qui intègrent le monde de l’entreprise, et que leurs réussites soient effectives. M. Mayo n’y a pas contribué.”

D’après lui, on considère que les banquiers sont trop intéressés à faire des deals et par le montant de leurs compensations personnelles. Pour vaincre ces préjugés, il faudrait accepter un salaire moins important.

Dans ce domaine, Luqman Arnold n’est pas un bon exemple. Son salaire de base est de 961 000 euros, chez Abbey National, soit 99 600 euros de plus que son prédécesseur.

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici