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OPINION : Stages, les choses ont-elles bougé en finance ?

Génération Précaire a préparé sa rentrée. A l’occasion du lancement des discussions du comité des stages, Guillaume du collectif s’adresse à vous, aspirants financiers…

Il y a près de deux ans lorsque le mouvement Génération Précaire commençait son lobbying pour réclamer une approche plus équitable dans le recours aux stages en entreprise nous pensions seulement avoir affaire à des secteurs sinistrés – presse, édition, communication, action culturelle, marketing du luxe – Secteurs où la pléthore de stagiaires s’expliquent, semble-t-il, par l’attractivité des marques…

Mais la finance s’est révélée non-exempte de critiques. Des stagiaires en finance se sont tournés vers nous pour nous indiquer que les banques et les cabinets d’audit aussi savaient obtenir beaucoup de leurs jeunes recrues.

Des exemples ? Une jeune diplômée contraint de se réinscrire fictivement à l’université pour prolonger de trois mois un stage déjà long de six mois dans un cabinet de M&A, soucieux de faire travailler des stagiaires… en continu ; une grande banque française demandant 18 mois de stage à un étudiant issu d’un Master de Dauphine au prétexte de 6 mois de formation sur un outil de trading de matières premières ; et plus généralement une acceptation très répandue d’une forme de bizutage liant des stagiaires sans horaire à des associés seniors dont ils bouclent les dossiers.

Qu’est ce qui est plus efficace que la main invisible du marché ? Des milliers de mains invisibles (Proverbe stagiophage)

Mais, on se rassurait en se disant que la finance paie copieusement… A voir ! Les indemnités de ces stages sont bien sûr plus élevées que celles du journaliste impétrant. Elles restent toutefois toujours dans un ratio de 3 à 4 fois inférieures aux salaires des juniors. Autre ratio qui déstabilise nos stagiaires SSII ou audit (couramment non déclarés comme tels aux clients) : ils touchent en un mois ce qu’ils sont facturés par jour.

Les stages sont un tremplin important pour l’emploi, nous réplique-t-on souvent. Certes ces cabinets sont en mesure d’affirmer que 80% de leurs collaborateurs ont effectué un stage chez eux. Mais l’APEC indique, de son côté, (ce qui n’est pas contradictoire mais autrement plus révélateur) que seuls 8 à 10% des stages débouchent sur une embauche. Conclusion ? Une rotation de 6 ou 8 stagiaires au même poste peut finir par déboucher au bout de 3 ou 4 ans sur …une embauche !

Même au Royaume Uni, l’Université d’Oxford, le Labour et les syndicats s’inquiètent du recours massif aux stagiaires le “work shadowing”, a indiqué l’hebdomadaire The Economist du 16 aôut .

Alors les choses bougent-elles ? C’est aux jeunes diplômés de nous le faire savoir, tant les entreprises, mêmes les plus vertueuses, se refusent à communiquer les détails de leur politique en la matière. Graduate program, fellowship, alternance ou apprentissage généralisé, Génération Précaire planche sur tous les modèles alternatifs avec l’aide des stagiaires, qui apportent leur retour d’expérience.

Les discussions du comité des stages et de la professionnalisation des cursus universitaires ont commencé le 10 septembre avec les ministres Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, à l’heure où la Commission européenne réclame un code pour éviter les abus. Un cycle de huit réunions a été planifié jusqu’à décembre. A suivre.

commentaires (4)

Comments
  1. Les choses ne changent pas tant que ça. A titre d’exemple, j’ai effectué il ya longtemps maintenant un stage dans une société de bourse en Middle pôle OST/ Le Middle etait composé de 6 personnes dont 5 stagiaires. Le responsable qui encadrait l’equipe avait des journées plutôt reposantes contrairement au restant de l’equipe qui ne comptait pas les heures pour une remuneration mensuelle d’à peine 800E. la société etait composé aux trois-quart de stagiaires. Le stagiaire à la fin formait le suivant sur son poste.

  2. Je peux le confirmer c’est une honte je suis actuellement stagiaire avec une amplitude horaire de 12h00 sans pause repas. Si exceptionnellement je veux sortir on me regarde avec de gros yeux, mais le pire dans tout ça, c’est lorsque vous vous adresser à votre école ; ils ne peuvent rien y faire et ils vous demandent de rester. Je suis payée le même tarif que dans les pays sous-développé en bac+5.

  3. Même si c’est souvent la galère, le tout est de savoir séduire et attirer la sympathie du recruteur en avançant de vrais arguments afin de tirer son épingle du jeu…

  4. Pour ma part, stage en M&A midcpas sur Paris… minimum 12h par jour, ce qui restait raisonnable par rapport à d’autres structures, certains week-ends et jours féries au bureau, normal ici, d’apres ce qu’on observe dans la profession. 1.200 euros par mois, sans prime de fin de stage… difficile de motiver un stagiaire surtout quand il passe presque 60h par semaine au bureau !

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