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Les jeunes diplômés français soumis à rude concurrence

La mondialisation n’est pas une menace en l’air pour celles et ceux qui se destinent à faire carrière dans la finance. Nos jeunes diplômés sont concurrencés par des jeunes étrangers qui sont de sacrées pointures et ne se posent pas la question de l’engagement au boulot, ni des RTT…, explique Caroline Golenko, managing partner au sein du cabinet de chasseurs de têtes Neumann International (L’Expansion). Comme les Chinois, très volontaires, poussés dès l’enfance à exceller – et qui, en un an, parlent le français. Ou comme les ressortissants des pays de l’Est, qui maîtrisent quatre langues, ont étudié en France ou aux États-Unis .

Les profils polyglottes semblent donc promis à un bel avenir. D’autant que depuis 4 à 5 ans, mondialisation oblige, nos clients sont de plus en plus demandeurs de profils ayant des compétences en arabe, en chinois, en russe et en portugais , explique Sylvain Marbeuf, directeur senior chez Page Personnel (L’Etudiant.fr). Et cela vaut aussi bien pour les grands groupes que les structures plus petites, quel que soit le poste. Si une entreprise a délocalisé son service de facturation en Inde, au sein du service comptabilité, l’anglais sera exigé mais parler indi pourra faire la différence.

Les campus s’ouvrent à l’international

Il n’y a d’ailleurs pas que sur le marché du travail que les étudiants sont amenés à rencontrer des étudiants d’autres nationalités. De nombreuses écoles de commerce proposent désormais des cursus 100% en anglais, afin notamment de pouvoir recruter les meilleurs étudiants et enseignants sur le marché mondial. Il faut dire que dans ce domaine, la France avait une longueur de retard. Faut-il rappeler qu’en 2007, le Royaume-Uni attirait 30 % d’étudiants étrangers de plus que la France et formait 4 fois plus de Chinois et 17 fois plus d’Indiens ?

L’Université passe elle aussi à la vitesse supérieure. Dans un marché aujourd’hui mondialisé de l’enseignement supérieur, qui favorise les comparaisons […] nous devons aussi accroître la part de nos étudiants étrangers pour la faire passer de 40 % à 50 % des effectifs (soit de 30 % à 40 % des diplômés). Nous devons nous projeter dans vingt ans, quand le monde aura encore plus basculé dans l’Asie , explique ainsi Richard Descoings, qui vient d’être réélu pour un quatrième mandat de 5 ans à la tête de Sciences Po (La Tribune).

Enfin, concernant les écoles d’ingénieurs, l’Institut Montaigne recommande dans une étude parue en février 2011 d’adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation. D’après leurs auteurs, le principal frein à l’internationalisation des écoles d’ingénieurs françaises demeure la faible proportion de cours dispensés en anglais.

Comment se démarquer

Bilan des courses : aujourd’hui, avec plus de 250 000 étudiants étrangers (soit près de 15,5 % de l’effectif total des étudiants), la France est le troisième pays, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, à attirer des étudiants venus de pays étrangers. Ce sont principalement des étudiants asiatiques et d’Afrique du Nord qui viennent faire leurs études en France.

Mais n’en déplaise aux chantres de l’ouverture à la mondialisation, vouloir attirer les élèves de destinations lointaines n’est pas sans risques. La France accueille très majoritairement des étudiants qui ne sont pas admis dans le système d’enseignement supérieur chinois, très sélectif, qui ne seront probablement pas la future élite chinoise, et qui arrivent avec un niveau d’études globalement inférieur à celui des autres étudiants étrangers , soulignent les auteurs d’un rapport commandé en décembre 2009 par la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse et qui a fini remisé au fond d’un tiroir (Le Point.fr).

Quoi qu’il en soit, c’est aux étudiants de faire preuve d’imagination pour tenter de se faire une place au soleil. Et manifestement, être diplômé d’une grande école ne suffit plus. Chacun doit désormais se poser la question : Qu’ai-je de plus que le diplômé chinois ou norvégien , conseille Alice Guilhon, directrice de Skema Business School. Même si c’est pour travailler à Paris. Plutôt que de miser sur son diplôme, mieux vaut valoriser ce qui rend sa candidature unique , confirme Patrick Bataille, responsable des services aux cadres à l’Apec. Vous voici donc prévenus.

commentaires (1)

Comments
  1. Wow! Great thnkinig! JK

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