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Interview : Comment bien préparer son stage de fin d’études en 2011 ?

Manuelle Malot

Manuelle Malot, Directeur Carrières et Prospective de l’EDHEC Business School, qui conseille et accompagne les diplômés dans leurs carrières et les entreprises dans leur politique de recrutement, a accepté de répondre à nos questions. Ses conseils pourront vous servir de feuille de route pendant vos vacances de Noël…

eFinancialCareers : Quel est le bon timing pour chercher un stage de fin d’études ?

Manuelle Malot : Les stages de fin d’études ont souvent vocation à être des stages de pré-embauche. Les procédures de recrutement tendent à être identiques et donc aussi élaborées que pour un emploi. Pour un stage long débutant au printemps ou en été, commencer à étudier le marché et réfléchir à son projet professionnel dès janvier me semble parfait d’autant plus que c’est à ce moment que se déroulent les forums écoles-entreprises sur les campus.

eFC : Par quoi commencer ? Quelles doivent être les priorités ?

M.M. : Chercher un stage de fin d’études ou un emploi procède de la même logique que le lancement d’une offre de services sur un marché, c’est une démarche marketing qui consiste à offrir ses compétences sur un marché particulier celui de l’emploi. Il convient de réaliser une étude de marché, faire le bilan de ses forces et faiblesses puis réaliser une plaquette de présentation (CV, lettre et dossier de candidature application form ), avant de passer au stade de la négociation (entretiens, tests) puis de la signature du contrat.

La première étape est donc l’étude de marché. N’hésitez pas à collecter un maximum d’informations, notamment vis-à-vis des banques qui se déplacent sur votre campus : quelles sont celles qui recrutent ? dans quelles fonctions ? quels stages sont susceptibles de se transformer en emploi ?

Parallèlement, il convient de démarrer un premier bilan de compétences sur base des stages déjà effectués notamment en année de césure ou alternance et d’identifier vos sources de motivation professionnelle…

Réfléchissez-y seul dans un premier temps puis confrontez votre réflexion avec un consultant carrière de votre école. Êtes-vous assez précis sur vos compétences ? , saurez vous les mettre en valeur en entretien ? . J’insiste sur ce point car encore trop souvent, les étudiants confondent missions, réalisations et compétences.

Rechercher un stage de fin d’études requiert la même rigueur que pour un premier emploi. Pour s’en convaincre, il suffit de voir à quoi ressemblent les processus de recrutement des summer internships des grandes banques d’affaires et notamment leurs assessment centers : entretiens à répétition, mise en situation individuelle et collective, tests d’aptitude et de personnalité…

eFC : Et s’il n’y a pas de consultant carrière au sein de l’école ?

M.M. : Les étudiants peuvent alors chercher à obtenir un rendez-vous avec un professeur ou un cadre administratif de leur établissement formé par l’APEC dans le cadre des accords de partenariats avec l’enseignement supérieur. Sans oublier les anciens élèves de l’établissement : n’hésitez pas à trouver un ou plusieurs étudiants de votre promotion qui ont un projet professionnel similaire au vôtre et constituer avec eux un groupe pour solliciter les conseils d’un ancien déjà en poste. Un ex-pair qui sera devenu un expert…

À l’EDHEC, nos étudiants consultent l’annuaire des diplômés qui regroupe près de 20 000 personnes, parmi lesquelles figurent plus de 1 500 diplômés ressource qui se sont engagés à conseiller les étudiants sur leur fonction ou leur entreprise.
Le Career Centre de l’EDHEC propose également un programme de mentoring dans le cadre de l’accompagnement vers l’emploi du TICD : Talent Identification and Career Development. Nos mentors occupent des fonctions clés notamment dans les institutions financières que ciblent les étudiants et coachent individuellement nos futurs diplômés sur plusieurs semaines.

Enfin, il arrive que le corps enseignant lui-même, composé de nombreux professionnels, repère des étudiants pendant leur cursus et les recommandent à leur entreprise.

eFC : A qui envoyer sa candidature ?

M.M. : Les grandes banques ont structuré leur recrutement de stagiaires. La plupart du temps, les étudiants doivent adresser leur candidature aux responsables de stage ou de recrutement des départements RH. Cela se fait presque exclusivement via Internet, où ils doivent remplir des dossiers de candidature, les applications forms . Cela permet ensuite aux banques de comparer les candidatures entre elles, voire de les scorer étape indispensable lorsque le sourcing de candidats est international.

Si vous connaissez le nom d’un opérationnel dans l’entreprise, vous pouvez aussi directement lui transmettre votre candidature. Les RH regarderont attentivement une candidature transmise par un opérationnel qui a identifié un besoin correspondant dans son équipe.

eFC : Faut-il ajouter des références ?

M.M. : Indiquer le nom d’une personne en référence se pratique surtout dans les pays anglo-saxons mais tend à se développer ailleurs en Europe. Pour un poste en France, à moins qu’on vous le demande expressément dans le dossier de candidature, ce n’est toujours pas obligatoire. Mais vous pouvez en fin de CV ou de lettre de motivation ajouter une petite ligne avec les adresses mail d’une ou deux personnes référentes .

eFC : Vaut-il mieux faire un stage en France ou à l’étranger ?

M.M. : Une expérience internationale est devenue tout à fait indispensable dans un cursus de jeune diplômé. L’idéal est de partir en échange académique et de poursuivre par un stage. Si vous souhaitez débuter en France mieux vaut faire l’expérience à l’étranger pendant tout ou partie de votre année de césure pour augmenter les chances de voir votre stage de fin d’études en France transformé directement en premier emploi.

Si vous voulez postuler pour un stage dans une filiale régionale ou étrangère d’une banque, et si le recrutement n’est pas centralisé, vous pouvez envoyer deux candidatures : l’une au siège, l’autre dans la filiale.

eFC : En l’absence de réponse, faut-il relancer l’entreprise pour laquelle on postule ?

M.M. : De mon point de vue, faire une relance avant trois semaines n’a pas de sens. La première relance consiste à envoyer un mail en demandant à votre interlocuteur s’il a bien reçu votre candidature. Si au bout d’une semaine ou deux, vous n’avez toujours pas reçu signe de vie, prenez votre téléphone. D’une manière générale, la deuxième relance peut se faire par téléphone.

eFC : Enfin, pour terminer, quels sont les travers à éviter ?

M.M. : Certains étudiants pensent qu’ils n’ont pas besoin d’effectuer un stage de fin d’études car ils ont déjà fait une année de césure et préfèrent chercher tout de suite un emploi. C’est vrai pour les étudiants qui ont déjà une expérience dans leur domaine de prédilection qui peuvent alors signer directement un contrat. Mais si votre recherche semble plus difficile et que vous disposez encore d’une convention de stage légale, il est dommage de ne pas en profiter.

A contrario je recommande de ne pas faire trop d’angélisme vis-à-vis des recruteurs qui proposent un stage à la place d’un emploi et promettent facilement un CDI sous condition d’un stage long. Même s’ils sont de bonne foi, les recruteurs subissent aussi la volatilité de la situation économique et le manque de visibilité à 6 ou 9 mois. La vie d’étudiant et de stagiaire doit avoir une fin notamment si vous ne bénéficiez plus d’une convention légale qui s’inscrit dans le cadre de votre diplôme (généralement valable jusqu’à la fin de l’année civile de votre dernière année d’étudiant).

commentaires (1)

Comments
  1. What a joy to find such clear thinknig. Thanks for posting!

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