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Travailler dans la finance islamique ne s’improvise pas

Le Club des Jeunes Financiers vient d’organiser une conférence avec des professionnels de la finance islamique. De quoi apporter un éclairage sur un sujet controversé dans l’Hexagone, avec d’un côté, Paris Europlace qui fait du lobbying afin de développer la finance islamique en France, et de l’autre, l’opposition qui crie au crime de lèse-laïcité. La première obligation conforme à la loi islamique devrait être émise en 2010, mais la procédure est freinée par un recours des parlementaires devant le Conseil constitutionnel. On ne fait pas un régime fiduciaire pour les hébreux, les catholiques ou les bouddhistes , rappelle Jérôme Cahuzac, député PS du Lot-et-Garonne (Le JDD).

La finance islamique n’est pas si islamique que ça, tient à rassurer Nacer Hideur, directeur juridique chez Al Baraqa Banque d’Algérie. Ce sont des contrats que l’on retrouve dans tous les régimes juridiques, bien avant l’apparition de l’Islam. Qui plus est, les métiers exercés sont les mêmes que ceux de la finance classique : gestion d’actifs, obligations (suhuks), private equity, financement de projets. Ce n’est pas non plus une finance confessionnelle, puisqu’elle peut être pratiquée par des non-musulmans, poursuit-il.

Des formations plus ou moins longues

Nul besoin, en effet, de connaître le Coran et encore moins de maîtriser la langue arabe pour faire carrière dans la finance islamique. À l’exception des shariah boards, la langue de travail est l’anglais, font remarquer les participants. Pour ceux qui, en plus de leur expertise métier, désirent parfaire leurs connaissances en finance islamique, les formations abondent. Certaines comme l’ESC Lille proposent des ateliers, d’autres comme HEC ou Sciences Po des cours dédiés. À ce jour, c’est Paris Dauphine qui propose la formation la plus complète avec 350 heures annuelles. Mais à quoi cela sert-il, s’il n’y a pas de banques islamiques en France ?, s’interroge Kader Merbouh, coordinateur du DU de finance islamique de Paris Dauphine. Ce qui est certain, c’est que les étudiants que nous formons ne travailleront pas tout de suite en France.

C’est d’autant plus vrai qu’ entre les aspects juridiques, réglementaires, fiscaux, comptables et prudentiels, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir , confirme Hamza Bouaziz, doctorant et consultant pour la Banque de France. Cette dernière vient pourtant de recevoir une première demande d’agrément pour l’ouverture en France d’une succursale de banque islamique.

Où travailler ?

La finance islamique reste un marché de niche. L’agence Moody’s chiffre ses actifs à 850 milliards de dollars, ce qui est inférieur à la taille du bilan d’une grande banque française , explique Zoubeir Ben Terdeyet, fondateur d’Isla Invest Consulting. Elle étonne néanmoins par son dynamisme et la croissance de ses avoirs corrélés au prix du pétrole. Ainsi, KPMG estime qu’un tiers des revenus du pétrole iraient vers la finance islamique.

Les deux places les plus importantes sont la Malaisie et le Moyen-Orient. En Europe, Londres arrive en tête, suivie par le Luxembourg. Parmi les banques les plus actives, en plus des banques islamiques, on peut citer HSBC, Citibank, Deutsche Bank (pour les produits structurés), UBS et Credit Suisse (pour la gestion de patrimoine). Les banques françaises sont, elles aussi, de la partie : BNP Paribas (Bahreïn), mais aussi Société Générale et Natixis (actives depuis Londres). Sans oublier Crédit Agricole qui vient de lancer sa première sicav islamique (Newsmanager. com).

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