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Quand la place de Paris veut défier la City

Et si la place financière de Paris cessait de faire des complexes face à sa toute puissante rivale londonienne ? C’est l’esprit et la volonté de la charte co-signée cette semaine par la Mairie de Paris, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et Paris-Europlace, l’association chargée de la promotion de la place financière parisienne.

Baptisée Plan d’actions pour la place financière de Paris , cette charte de partenariat vise à renforcer significativement l’emploi dans le secteur financier dans la capitale et la région Ile-de-France, soit aujourd’hui respectivement 150 000 et 260 000 emplois, dont un quart de cadres.

Le texte introductif de la charte est sans équivoque. La place financière de Paris est, aujourd’hui, confrontée à de nouvelles menaces. Dans certains métiers bancaires, des regroupements des équipes à Londres ont été effectués, du fait de la dynamique financière de la City, attribuable en grande partie au choix fait jusqu’à maintenant par les grandes banques d’investissement américaines d’utiliser Londres comme leur base d’entrée en Europe . La guerre est déclarée, du moins le rival identifié. L’objectif : être la plus grande place financière leader de la zone euro à l’horizon 2010. Et surtout, inverser la tendance selon laquelle les décisions se prennent à Londres plus qu’à Paris.

Droit compétitif

En termes d’emplois, cela signifie rapatrier un bon paquet de jobs en France. Et pour cela, la France et Paris disposent d’atouts à faire valoir. Précisément, grâce à l’euro et l’émergence d’un marché nettement plus profond que celui du sterling, le rapport de force a changé par rapport à celui qui prévalait il y a cinq ans. La présence à Paris de grands émetteurs, qui constituent une force structurante de la place financière est un facteur plus permanent. A ce titre, l’évolution en matière de droit, véritable facteur d’attractivité d’une place financière au même titre que la fiscalité, est positive.

Selon un expert en droit bancaire, à partir de l’instant où le centre de décision était à Londres, le droit anglais s’est progressivement imposé comme droit de référence dans les négociations. Et ceci dans la foulée des délocalisations à Londres . Ce qui s’est notamment traduit par la victoire du contrat dit LMA (Loan Market Association) pour les crédits bancaires. Signe des temps, l’Association française des trésoriers d’entreprises (AFTE) a publié le pendant de ce contrat standard en droit français l’année dernière. Une véritable victoire de Paris sur Londres. Car de fait, de plus en plus d’emprunteurs français reviennent à leur droit d’origine, profitant notamment aux avocats basés à Paris.

14 mesures pour favoriser l’essor de la place de Paris

Cet exemple n’est pas isolé et bien d’autres métiers de la finance doivent pouvoir profiter de l’essor de leur filière. Ainsi, s’agissant de la gestion d’actif, la charte met en avant le poids du pôle de la gestion collective, récemment dopé par les réformes concernant l’institution du Fonds de Réserves des Retraites (FRR, le plus gros investisseur institutionnel français), dont les pratiques rivalisent de modernité avec celles des investisseurs britanniques. Pour les métiers de back-office, les partenaires vantent la qualité et l’avance technologique des systèmes, en particuliers dans le domaine de la négociation des valeurs mobilières et des fonctions post-marché (compensation, règlement-livraison). En filigrane, on devine le soutien au combat d’Euronext pour prendre le contrôle du LES.

Au delà des objectifs, la mairie, la CCIP et Paris-Europlace ont arrêté 14 mesures qui sont autant d’actions visant à promouvoir l’emploi financier en Ile de France. L’accueil des étrangers tout d’abord. On notera la volonté de susciter l’implantation de sièges d’entreprises internationales dans le domaine de la finance ainsi que la création d’un dispositif pour l’accueil de chercheurs en finance désireux de séjourner à Paris pour poursuivre leurs travaux.

Dans le domaine de la recherche et la formation, la charte prévoit un soutien au développement de la fondation Institut Europlace de Finance (EIF), l’amplification de la formation de techniciens de la finance (bac + 2, + 3) et surtout le lancement d’une formation universitaire sur le marché des dérivés et des produits structurés (HEC, Dauphine, Polytechnique, etc.). Les trois parties signataires s’engagent enfin à approfondir les travaux sur la création d’emplois par la place financière (banque, assurance, gestion, capital-développement, etc.).

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