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Middle Man : Et moi, pendant ce temps-là, je tourne la manivelle… (6e épisode)

Et ainsi passe l’été. Son lot de terrasses de pubs locaux en bord de Tamise, où l’on se laisse distraire par le moindre rayon de soleil. En tout cas, en ce qui me concerne. Pour Monsieur jeune Front, c’est plutôt une petite semaine d’excès à Ibiza. Pour les salaires moyens de banlieue du front, une quinzaine plus raisonnable en Grèce, ou encore dans cette déjà désuète mais néanmoins toujours branchée Croatie.

Dans les faits, même combat : 50 semaines de gym tri-hebdomadaire pour afficher une ligne exemplaire et 2 semaines de soleil intensif pour avoir fière allure au bureau. Le bronzage trop orange, dû à un abus de bêtacarotène, est un classique. Mais que ne faut-il pas faire pour séduire la nouvelle petite assistante en VIE, qui se laisserait en réalité facilement tenter par une soirée au rayon des gens riches.

Ainsi approche l’automne, dans un univers très semblable à n’importe quel autre milieu professionnel, l’illusion de strass et de paillettes en plus. La grande guerre des clowns tristes fait rage au sein de la salle. Dans ce grand carnaval des apparences, seuls les plus adroits politiquement et les plus volubiles sauront survivre. Disons que pour quelques semaines, le combat paraît plus équitable à renfort de crème post-exposition solaire.

Oh, je sais ce que vous vous dites : quelle digression par rapport au sujet d’origine ! Où veut-il en venir ? Le lien avec son métier dans tout ça ?…

D’abord, une fascination pure et dure pour les guerriers du sourire matinal qui m’entourent, et tous ceux qui ont survécu aux charrettes du maintenant célèbre credit crunch : du manager qui pratique le deleveraging massif, changeant de business model, au trader ayant pris 10 ans en un an de milieu hypervolatile, en passant par l’IT obligé de refondre des modèles de pricing de CDO, et le middle noyé sous le poids des nouvelles clauses de sécurité. Notre milieu n’est certes pas bienfaiteur de l’humanité mais il mérite autre chose que des clichés.

La saison se finit, je n’ai toujours pas eu ma promotion et je ne suis pas persuadé de la voir venir de sitôt. Mon coloc’ a la lâcheté des gens qui réussissent et m’abandonne un trimestre pour aller se dorer la pilule avec un poste garanti au retour. À part ça, le milieu bancaire souffre toujours plus et le pessimisme atteint les plus enthousiastes d’entre nous. Moi pendant ce temps-là, sans regret, je tourne la manivelle en pensant avec délectation à ma bière bien fraîche qui arrive pile au moment de l’éclaircie, ce rayon de soleil dont on espère tous qu’il pointera vite.

Beat credit crunch, live on rations.

The Sun, 31 juillet 2008

commentaires (7)

Comments
  1. il ne manque que la marque des costumes et autres montres et tu vas nous faire du bret easton ellis !! tu parles d’éviter les clichés mais ta description d’une salle en été en est remplie !!

  2. MiddleMan nous saoûle.
    Son affectation ajoute encore au réel épuisement résultant de la posture qui l’accable.
    L’amertume ne nourrit qu’elle même.

  3. Pas de langue de bois avec MiddleMan. Continue à dire ce que certain n’ose penser tout bas…

  4. Criant de vérité malheureusement… middleman, je ne t’envie pas je ne sais que trop bien comme le metier de middle est chiant et répétitif.

  5. Pathétique …
    tu nous saoul avec ta vie m….dik
    Merci de poster des sujets interressant ou de t’abstenir

  6. Certains se sentent vite déroutés quand on élève le niveau…

    *Pas vrai Lafamille ?

  7. esprit clair voyant continue a nous decrire ce monde obscure de la salle des marches …

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