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Une salariée attaque BNP Paribas pour discrimination

BNP Paribas avait pourtant terminé 2009 sur une note positive, en reprenant la tête du classement annuel des banques conseil en fusions et acquisitions en France (challenges.fr). 2010 débute sur un grincement de dents. La première banque française par capitalisation devra s’expliquer devant la justice le 11 janvier après que la Halde ait été saisie par une salariée, selon Le Monde. BNP Paribas est accusée d’inégalités de traitement fondées sur le sexe, la grossesse et la situation de famille .

De la BFI vers la banque de détail

Analyste financier, puis chargée d’affaires dans le pôle BFI, Mme N. s’était arrêtée de travailler à la naissance de son troisième enfant. Après des congés maternité et d’éducation parentale et deux nouvelles naissances, elle avait repris son travail dix ans plus tard, à temps partiel dans un premier temps. Affectée au marketing du pôle banque de détail, la salariée se plaint de ne pas avoir retrouvé un poste similaire à celui qu’elle occupait avant son départ et également que sa rémunération est restée la même que dix ans auparavant.

Arianna McGregor-Mezzotero, banquière également chez BNP Paribas, avait reçu près de 713 000 € de dommages et intérêts pour discrimination sexuelle en 2005 devant un tribunal londonien. La banque avait réduit son bonus de 80% alors qu’elle était enceinte.

BNP Paribas se défend cette fois en évoquant un cas très particulier et très rare d’une salariée qui a fait le choix de s’arrêter pendant dix ans . Et rappelle son engagement à ce que la proportion de postes-clés détenus par des femmes passe à 20 % d’ici à la fin de 2012 (contre environ 15 % à l’heure actuelle).

Près d’un français sur deux estime qu’être enceinte est un inconvénient dans la vie professionnelle

Hasard de calendrier, la veille de la publication de l’article par Le Monde, la Halde communiquait sur son nouveau dépliant intitulé Une grossesse sans discrimination . Depuis sa création, la HALDE a reçu plus de 400 réclamations liées à la grossesse, dont plus de 60 % au cours de l’année 2009. Les interventions de la HALDE ont abouti à des condamnations devant les tribunaux : des salariées enceintes licenciées ont ainsi obtenues des indemnités allant de 15 000 et 203 416 euros.

Dans un sondage réalisé en février 2009 par l’institut CSA, près d’un français sur deux (46%) estimait qu’être enceinte constituait un inconvénient dans la vie professionnelle. Et 23% des femmes avaient été interrogées sur leurs projets parentaux lors d’un entretien professionnel.

Natixis et sa maison-mère BPCE également devant le tribunal

Et décidément, c’est la loi des séries, Natixis et sa maison-mère BPCE sont elles aussi actuellement attaquées en justice, accusées quant à elles de communication financière trompeuse lors de l’introduction en bourse de Natixis par 730 actionnaires remontés (latribune.fr). La chute boursière de Natixis est spectaculaire : de 19,55 euros fin 2006, le titre vaut aujourd’hui un peu moins de 4 euros.

commentaires (8)

Comments
  1. Je ne veux pas être méchant mais quand on s’arrête pendant dix ans, il est très difficile de revenir à un poste d”analyte financier ou en tant que chargé d’affaires! en 10ans bcp de pratiques ont changées et les exigences sont plus élevées! 10 ans ça fait bcp qd même… non?

  2. Il est grand temps que le droit du travail soit modifié et que le salarié ne soit plus le maitre décideur dans l’entreprise. Il faudrait déja se contenter d’avoir un travail et un salair avec tous ces avantages sociaux et cesser d’en vouloir toujours plus.

  3. Ensuite, on parle de beaucoup de parité hommes-femmes, et ce différent va faire réfléchir les banquiers… tant mieux elle a bien de fait de porter plainte!!

  4. Bobysson, le droit du travail est le résultat de la pression de générations d’électeurs. Vous pouvez le déplorer, mais vous n’y pouvez rien, c’est comme ça. Ca s’appelle la démocratie parlementaire.

    La pression des électeurs pour un droit du travail protecteur est un état de fait qu’il faut intégrer dans vos modèles de raisonnement, sinon vous passerez votre vie à pester.

    Les grands financiers ont passé 20 ans de lobbying pour obtenir du législateur des lois de dérégulation. Ne vous étonnez pas que les partenaires sociaux et les électeurs fassent campagne ouverte pour des droits sociaux.
    Mon propos est là de dire que le politique, c’est de l’économie. Que l’économie, c’est du social. Que le social, c’est du politique.

    A la rigueur, les modèles de prévision devraient maintenant intégrer la pression démocratique et la pression des lobbyistes dans leur paramètres de prévision.

    A part ça, aucun état d’âme : cette salariée a raison de tirer à mort sur la corde, car son employeur est largement à même de lui payer une formation de remise à niveau.

    La loi est la loi, même si dans nos métiers, on a tendance à ne s’en rappeler que quand les flics sonnent à notre porte.

  5. je pense que le role de la femme est de s’occuper de son foyer
    donc faut choisir entre faire des enfants et le boulo
    c simple ca libererai des places je pense,
    10 ans c trop c vraiiment du n importe quoi
    disparaitre 10 ans et réclamer, faut le faire

  6. Bien qu’il soit tout a fait legitime de defendre le droit du travail, ce genre de poursuites ne fera que durcir les embauches des femmes, deja defavorisees par rapport aux hommes. Je ne suis pas sur qu’un homme ayant quitte son entreprise pendant 10 ans irait l’attaquer parce qu’il n’a plus les memes conditions qu’auparavant.

  7. Au dela de la pensee reductrice, risible et moyennageuse que le role des “femmes est de s’occuper de son foyer” ,
    il est vrai que s’absenter dix ans et demander un salaire plus eleve est quand meme assez exagere d’autant que cette dame n’a en rien progresse dans sa carriere, et se trouve au contraire avec moins d’experience que la competition. Demander une formation serait legitime, sa societe l’a reembauchee, c’est deja bien, donc tirer profit des lois et crier a la discrimination lorsque la moindre occasion se presente est honteux. Reste a savoir comment la BNP vas reagir a ses attaques.

  8. wow il ne faut pas trop abuser non plus madame. 10 ans??? d’arrêt, on ne demande à personne de faire comme madame Dati mais quand même. Après 10 ans on est plus compétant. Il ne faut pas être surprise si le salaire ne suit pas.
    Et oui ce type de comportement ne peut qu’augmenter la mefiance des recruteurs vis à vis des femmes. C’est dommage

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