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Wall Street envahit l’Europe ?

De plus en plus de sociétés américaines voient l’avantage de constituer des équipes américaines pour leurs activités à l’étranger.

Tout ne va pas pour le mieux dans le monde cosmopolite de la banque d’affaires. Des candidats américains ont été mutés d’outre-atlantique pour occuper des postes seniors en Europe. Les banquiers de Wall Street seraient-ils en train de renforcer leur emprise sur notre continent ?

L’idée que les banques donnent leur préférence aux américains est controversée. En banque d’affaires, seule la performance est supposée compter : le meilleur candidat obtient le poste, qu’il soit américain, japonais ou péruvien.

Mais en réalité, ce n’est pas aussi simple. On a assisté ces derniers mois à une marée de mutations de seniors américains vers l’Europe. Lehman Brothers a assuré sa première place en Fusions et Acquisitions en Europe en transférant Perry Hoffmeister et Carlos Fierro de New York. Goldman Sachs a transféré Rob Gheewalla à la tête de son activité mezzanine en Europe.

Les banques européennes ont-elles aussi accentué la présence de banquiers américains. Le mois dernier, David Fass et Michel Cohrs ont été promu co-directeurs de la banque d’affaires et corporate de Deutsche Bank.

En mai, UBS a nommé les américains Rick Leaman et Jimmy Neissa aux postes de co-directeurs des Fusions et Acquisitions internationales et l’Américain John Costas au poste de Président du groupe.

Est-ce le signe d’une tendance favorable aux banquiers de Wall Street ? Certains le pensent, même si personne ne souhaite réellement l’affirmer. Selon un chasseur de tête senior à Londres, les banques américaines préfèrent avoir leurs propres équipes sur le terrain pour garder un oeil sur ce qui s’y passe. Un banquier anglais affirme que les équipes européennes sont devenues moins importantes dans les activités détenues par les Américains : Nous avons descendu quelques échelons. Les banquiers américains occupent de nombreux postes de seniors en Europe. L’Américain Gordon Dyal est ainsi co-directeur de la banque d’affaires européenne pour Goldman Sachs; Peter Weinberg est co-Président de Goldman Sachs International; Harry Lengsfield, un ancien strips Trader pour Merrill Lynch à New York, dirige les marchés de la dette pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez Merrill à Londres et l’Américain Michael Uva est directeur de la banque d’affaires européenne pour Morgan Stanley.

Si les banques américaines préfèrent recruter chez eux, ils ne sont pas les seuls. Le bureau européen de Nomura est dirigé par Hiromi Yamaji et Yugo Ishida. La banque japonaise a récemment transféré Naoki Matsuba pour diriger sa division américaine equities. ABN Amro a placé de nombreux banquiers hollandais à des postes stratégiques. Dans l’unité de la banque d’affaire et Corporate de BNP Paribas à Londres, presque la moitié des postes seniors sont détenus par des français.

Pour les adeptes des théories de la conspiration, la récente vague de nominations de seniors américains n’est que la poursuite d’une tendance amorcée en 1986, date à laquelle Security Pacific, une banque américaine a racheté Hoare Govett, une société de courtage anglaise.

D’autres rachats ont suivi, en particulier celui de Schroders en 2000 par Citigroup. Ces rachats ont culminé avec la proposition de rachat par JP Morgan de 50% de la participation dans Cazenove.

En 2001, Sir Win Bischoff, ancien Président de Schroders maintenant Président de la banque d’affaires européenne de Citigroup en Europe, parlait de l’américanisation du système financier.

Dans son livre, Death of Gentlemanly Capitalism, Philip Augar, ancien directeur du courtage pour Schroders, écrivait que la banque internationale devenait une plaque tournante, New York étant la plaque tournante et Londres occupant une place moins importante sur l’échiquier.

Cependant, l’idée que les banques américaines remplacent des européens par des américains est discutable. John Moore a été transféré de New York en août au poste de directeur des ventes de fixed-income et du trading chez Bear Stearns. Il affirme que sa nationalité n’a aucune importance: la banque internationale est transparente et ne se préoccupe pas des frontières. Pour travailler dans ce domaine, vous devez comprendre cet état de fait. Je suis avant tout un banquier, je suis ensuite américain.

Aiden Kennedy, associé dans la société de recherche Armstrong International à Londres, affirme que les banques américaines ont rapatrié de nombreux américains il y a 10 ans : les sociétés étaient ouvertes par une grande majorité de banquiers américains mais elles réalisaient rapidement qu’elles avaient besoin d’équipes locales.

On compte de nombreux européens à des postes très élevés. On peut citer les italiens Claudio Costamagna, co-directeur de la banque d’affaire européenne chez Goldman Sachs, Andrea Orcel, directeur international du groupe institutions financières chez Merrill Lynch, et Dante Roscini, directeur des marchés de capitaux et du financement de la banque pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Klaus Diederichs, depuis longtemps directeur allemand de la banque d’affaires européenne de JP Morgan, et Philip Yates, le banquier anglais transféré le mois dernier au poste de co-directeur des Fusions et Acquisitions chez Merrill Lynch à New York, ne sont pas américains.

Il y a quelques avantages à travailler avec des américains sur ce côté-ci de l’Atlantique.
Selon Simon Hall, associé chez Heidrick & Struggles, cabinet de chasseurs de têtes à Londres, les banquiers américains améliorent l’image des bureaux européens: C’est toujours utile d’avoir quelqu’un qui est écouté par le management US et qui peut promouvoir et défendre l’activité européenne. A la prochaine crise, on peut espérer plus d’emplois sauvés en Europe si on a d’avantages de banquiers américains et non pas moins.

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