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Fusion Deutsche Börse – NYSE Euronext, et Paris dans tout ça ?

Le projet de fusion entre la plateforme transatlantique et Deutsche Börse, annoncé mi-févier, pose encore de nombreuses questions, parmi lesquelles celle, inévitable, de l’emploi.

Cafouillage sur la donnée emploi

Contrairement au schéma classique d’un rapprochement, il ne serait pas question ici de réduction mais de renforcement des effectifs, si l’on en croit la présentation réalisée par les deux opérateurs pour valoriser leur mariage. Celle-ci évoque un chiffre de 6.470 employés, soit 166 personnes de plus que l’addition des effectifs actuels de NYSE Euronext (2.971) et Deutsche Börse (3.333). Sauf que les deux groupes ont dans le même temps promis de réaliser 300 millions d’euros de synergies de coûts (communiqué).

Des sources proches du dossier confirment que la majeure partie des économies sera réalisée sur les plans technique et technologique, mais certains se montrent sceptiques quant aux projections en matière d’emploi à ce stade du processus. Il y a tellement d’autres questions qui se posent aujourd’hui qu’il ne serait pas étonnant que les deux groupes cherchent à s’exonérer de cet enjeu en rassurant dans un premier temps les régulateurs, estime l’un d’eux.

Il y aura des suppressions d’emplois, mais cela constitue un sujet politiquement sensible donc il est pertinent de le repousser le plus possible, tranche un analyste, incrédule cité par le Financial News.

Adaptations possibles pendant les phases d’intégration

Dominique Cerutti, directeur général adjoint de NYSE Euronext, tient d’ailleurs un discours beaucoup plus prudent dans Les Echos ce matin: Il est prématuré de parler de réduction des effectifs à l’échelle du groupe, même si des adaptations sont possibles pendant les phases d’intégration. Aujourd’hui, le groupe NYSE Euronext affiche 22 offres d’emploi sur son site Internet.

Certains craignent cependant que le scénario de la fusion réalisée en 2007 entre NYSE Group et Euronext, avec des suppressions d’emploi à retardement, se reproduise. Paris avait été alors la place plus affectée, avec des effectifs réduits quasi de moitié à l’issue d’un plan social, soit plus que 380 employés à ce jour.

Paris tire son épingle du jeu

La place de Paris va-t-elle faire figure de parent pauvre dans cette nouvelle opération dont le futur groupe verra ses deux sièges basés à New York et à Francfort? Pas nécessairement. Le contraire pourrait même être vrai.

Dabord, Paris pilotera la gestion des marchés au comptant européens et des services technologiques de l’ensemble, soit deux des trois piliers du groupe, avec le marché des dérivés, géré depuis Londres. En interne, on comprend que Paris devient ainsi une place stratégique pour le nouveau groupe.

Paris s’en sort bien, nous explique une personne impliquée dans les discussions sur le rapprochement. Il n’est pas exclu d’ailleurs qu’elle renforce à moyen terme ses effectifs sur ces deux marchés, cash et IT, au vu des ressources minimum dont elle dispose aujourd’hui.

Londres a plus à perdre

Une source interne de NYSE Euronext à Paris confirme cette vision et fait également valoir qu’un groupe qui double de volume et qui devient l’opérateur de marché le plus important au monde, doté de surcroît de grandes ambitions, multiplie de fait les opportunités de carrière pour ses collaborateurs, sans oublier de potentiels nouveaux avantages notamment en matière de participation.

Et si réduction d’effectifs il y a, la probabilité qu’elles concernent Paris est infime, selon elle. Les effectifs ont déjà été tellement rognés qu’il serait difficile d’aller plus loin, ce qui n’est pas le cas à New York.

C’est en fait Londres qui a le plus à y perdre car la gestion des activités de dérivés devrait être ramenée à Francfort, précise cette source. Les employés de Deutsche Börse sont aussi vulnérables car en tant que bourse indépendante, elle devait gérer jusqu’alors la totalité des activités d’une bourse classique, or certaines devront être désormais partagées avec NYSE Euronext.

Manceuvre délicate

En outre, le titre du nouveau groupe sera coté à Paris, de même qu’à Francfort et à New York. Là aussi, c’est un signe fort de reconnaissance de la place financière française, affirme Dominique Cerutti.

Mais cela ne suffit pas. La politique de maintien d’identité française devra être redéfinie dans cet ensemble, mais elle ne disparaîtra pas. Elle devrait même, si elle est bien menée, redorer le lustre de Paris, veut croire Georges Ugeux, PDG de Galileo Global Advisors, dans son blog. N’oublions pas que l’Europe domine cet ensemble. C’est une opportunité à saisir, même si la manceuvre sera délicate.

commentaires (3)

Comments
  1. “place financière française”…rien que ça me fait rire

  2. Phasme,

    Pourquoi autant de haine à l’égard de la place financière. Objectivement, Paris est dotée d’un marché relativement important. Nous primons la qualité et non le nombre.

    En revanche, le recrutement y est franco-français. Si la place s’internationalise elle attirera les ingénieurs du monde entier et gageons qu’elle devienne une place internationale.

    Mais il est difficile de casser les pratiques encours dans les banques: Copinage, corporatisme au détriment du talent et de l’expérience

  3. @oliv’ : “Mais il est difficile de casser les pratiques encours dans les banques: Copinage, corporatisme au détriment du talent et de l’expérience”—>entièrement d’accord. Rien que ça me fait douter de l’attirance de la place parisienne. Le bon esprit franchouillard de base…

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