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Une journée avec Karen Olney, stratégiste actions

05h45 Quand on travaille pour le marchés actions, il faut s’habituer à se lever tôt. Le matin, je me lève entre 5 et 6 heures et je quitte ma maison située à Kensington, dans l’Ouest de Londres, à 6h30. Je suis souvent assez pressée, et le petit déjeuner est assez rare; je petit-déjeune au travail quand j’ai le temps.

07h00 J’essaie d’arriver au bureau vers 7h00 tous les jours, pour le morning meeting . On passe en revue les différents événements de la nuit qui ont affecté les marchés mondiaux, ainsi que les derniers communiqués et résultats des entreprises. Les analystes actions européens commentent certaines actions qui risquent de connaître des variations.

C’est une bonne occasion de comprendre ce qui se passe sur le marché actions. Les stratégistes actions privilégient l’approche macro économique et anticipent les évolutions des différents pays ou secteurs et concentrent leurs analyses sur les événements qui pourraient avoir une influence sur les marchés.

07h30 La réunion dure en général une demi-heure. Après, ma journée peut prendre plusieurs directions. Le rôle d’un stratègiste actions est très intéressant, tout simplement parce que c’est très varié. Mon principal objectif dans la journée est de proposer des idées d’investissement.

Je m’occupe de tous les secteurs: les stratégies peuvent intégrer aussi bien des actions du secteur technologique, que des actions plus défensives, comme celles des services publics. Il s’agit de trouver des positions intéressantes sur un secteur, de dénicher les secteurs ou régions sous-évalués et d’élaborer des idées d’investissements originales. On les présente ensuite aux gérants de fonds clients et aux investisseurs institutionnels qui constituent nos clients.

Je passe du temps à lire la presse, à passer en revue les différentes évaluations d’actions et de secteurs et à lire des rapports de recherche. Je cherche des anomalies dans les évaluations: des pays ou des secteurs dont l’évaluation n’est pas en phase avec le reste du marché ou avec leurs histoires. Rechercher des valeurs démodées est le meilleur moyen de créer de la valeur, i-e car elles sont délaissées par le marché.

Prochainement elles pourraient subir des corrections de prix et récompenser ceux qui les ont achetées. L’opinion du marché peut changer rapidement et une action peut vite devenir populaire.

Pour nous aider à identifier les anomalies, nous utilisons des modèles conceptualisés sur ordinateur. Par exemple, nous pouvons utiliser un modèle basé sur les dividendes. Ce dernier calcule la valeur actuelle des dividendes qu’une société donnée est censée payer à ses actionnaires et nous comparons le résultat avec le prix actuel de l’action.

En appliquant ce modèle sur des actions dans plusieurs secteurs ou pays, nous pouvons déterminer si elles sont sur-évaluées ou sous-évaluées. Nous étudions aussi le cycle des bénéfices ou les actions et pays qui prévoient une hausse de leurs bénéfices prévisionnnels.

12h00 Mes pauses déjeuner sont très variables. Nous travaillons souvent à l’heure du déjeuner mais nous pouvons aussi avoir des déjeuners clients ou des sessions de brainstorming. C’est important de se dégager du temps pour trouver l’inspiration, qui est vital dans ce job. L’organisation de la pause déjeuner dépend vraiment des deadlines que nous avons.

13h30 La journée continue autour de discussions sur des stratégies d’investissement avec certains de nos économistes et analystes actions. En tant que stratégiste, j’essaie d’avoir un point de vue indépendant de celui des analystes ou des économistes. Bien que la situation économique soit fondamentale dans l’élaboration d’une stratégie actions, la bonne ou mauvaise nouvelle est souvent déjà intégrée dans l’évaluation du marché.

A ce moment précis, les actions quotées en Italie, au Royaume-Uni ou en Espagne semblent moins onéreuses que dans le reste des principaux pays européens. Ce sont les marchés les moins cycliques en Europe et qui ont été négligés depuis les 8 derniers mois à la suite de la récente reprise cylcique du marché. Nous pensons qu’il y a des opportunités à saisir.

Les secteurs défensifs, tels que les entreprises alimentaires, les fournisseurs de services publics ou les producteurs de tabac semblent également de bonnes valeurs. Quand le marché sort de ses obsessions cycliques, les secteurs les plus défensifs offrent des opportunités intéréssantes.

L’ensemble de Dresdner Kleinwort Wasserstein est acutellement assez pessimiste. Nous pensons que la reprise actuelle du marché des actions ne va pas durer. Il semble que l’amélioration actuelle est dûe en partie aux stimulus artificiels venant des Etats-Unis et qu’il ne s’agit pas d’une reprise avec typiquement des fondamentaux solides.

Le gouvernement américain est en pleine campagne pour la réélection, et a injecté 323 milliards d’euros de réduction d’impôts dans l’économie en début d’année. Cela a entraîné une explosion de l’activité et une hausse des marchés. Quand cette impulsion se sera dissipée au second semestre 2004, nous pensons que le redressement du marché s’affaiblira également.

Ainsi, notre message à nos clients est de ne pas s’enthousiasmer trop vite. La bulle technologique a laissé des traces, qu’il s’agit d’effacer. Nous encourageons nos clients à profiter du redressement actuel et nous veillons à ce qu’ils réalisent des bénéfices tant que la situation est favorable.

Quand les marchés anticiperont un essoufflement de la reprise, nos clients prendront rapidement leurs bénéfices (en vendant les actions qui se sont appréciées).

15h00 Rencontrer les clients est très important. Les meetings peuvent avoir lieu n’importe quand, mais je préfère les après-midi. Nous voyons régulièrement les clients à Londres mais je voyage également. Nous essayons de visiter les Etats-Unis et la plupart des pays en Europe au moins trois fois par an.

C’est l’un des aspects de mon métier que j’apprécie vraiment. C’est l’occasion d’avoir des discussions intéressantes à propos des marchés ou de la situation économique avec les directeurs d’investissements et les gérants de fonds de différents établissements financiers (y compris les hedge funds).

16h30 De retour au bureau, je commence la rédaction de notre note de recherche hebdomadaire de cinq pages. Nous avons remarqué qu’en publiant une idée intéressante par semaine, nous attirions l’attention des investisseurs. La note de la semaine dernière portait sur les valeurs et les secteurs sensibles à une augmentation des taux d’intérêt; publiée après l’augmentation récente des taux d’intérêt par la Bank of England.

Fin de journée Je quitte normalement le bureau entre 18h00 et 21h00. Occasionnellement, quand la semaine a été intense, je disparaîs un peu plus tôt pour faire du sport afin de m’aérer la tête.

L’inspiration est essentielle et une approche orignale des événements et des marchés est cruciale.

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