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Middle man : La vie en rose (pâle) (2eépisode)

J’aimerais dire : Done ! , entretien bouclé, on me file une place au front. Une success story de plus dans le monde impitoyable de la finance, les statistiques du front issues du middle remontent de 0,1%, l’espoir demeure dans un monde post-Kerviel.

Hélas, pas de pot aux roses cette semaine. L’entretien n’a pas (encore) eu lieu.

Du coup digression, puisque nous avons le temps : qu’est-ce qu’un mauvais polar ? À mon goût, c’est celui qui, après vous avoir fait le coup du suspens tonitruant, vous livre le coupable le plus improbable, genre le jardinier du voisin dont on n’a jamais entendu parler. Là évidemment frustration, il était impossible de deviner, ou même de soupçonner le coupable. À moi donc de vous livrer quelques cartes pour vous laisser le loisir de parier sur mon sort.

Pour répondre à certaines de vos remarques / interrogations (en passant, un grand merci pour vos commentaires sur le 1er épisode, ça donne du cceur à l’ouvrage !), je suis middle-officer dans une banque française : je ne finirai pas au front, qu’on se le dise. Continuons, je suis à Londres, tout est possible : j’avance de trois cases. Mon CV ne fait mention d’aucun master de finance, grande école d’ingénieurs ou de commerce : ma cote dégringole. Fumeur : je gagne trois contacts et perds deux points d’efficacité. Ne sombrons-nous pas dans le polar sans imagination, celui dont l’issue n’est que trop évidente ?

Comment mon histoire peut-elle être autre chose qu’un espoir en suspens pour ceux dans ma situation ou un énième support du débat passage MO-FO, impossible ou illégitime ? . Je ne crierai pas au mérite, ni à la méritocratie (que tous les fainéants intelligents ont maudits pendant leur scolarité), je ne ferai pas non plus appel aux citations poignantes de Walt Disney genre if you can dream it, you can do it (oups, trop tard !). Bon, si je continue à la négative, je vais surtout ne rien faire du tout.

En fait, tout ce que je propose, c’est une autre histoire pas finie d’un type qui vendait des tickets de théâtre à des vieilles dames parfumées, plus impitoyables que n’importe lequel de vos clients, multipliant les stages dans le secteur de la culture pour une demie Carte orange par mois. Quelqu’un m’a fait confiance, j’ai fait mes preuves dans ce maudit MO , mon aire d’atterrissage. Libre au lecteur de voir en ce journal les tribulations d’un charlatan en finance – cette idée me séduirait presque.

J’ai eu de la chance, ça me plaît. Il y a pire pour un indépendant amateur de logique mathématique et de formules Excel baveuses, payé pour bien vivre sur Londres. Sans compter que, désormais, j’envisage mal un travail sans le brouhaha de la salle des marchés, ses belles inconnues et son pub de décompression.

Tout est-il si rose dans la vie de middle man ? Je dois reconnaître que le milieu est très fort pour générer de la frustration, le billet du voisin est toujours plus vert (et les voisins nombreux). Mais surtout, je suis lassé de mon job, devenu routinier donc pénible, et je manque d’imagination professionnelle pour trouver une prochaine étape autre que le management de l’humain. Alors, vous pensez bien, le manager qui tombe à pic, je suis pour.

L’action rapporte toujours plus que la propagande.
Fernando Pessoa, Le Banquier anarchiste


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commentaires (5)

Comments
  1. Marrant tes deux analyses…Je m’y retrouve un peu..J’étais stagiaire chez JP à Londres il y a 3 ans. La seule chose, c’est que la bas le passage MO-FO était possible avec de très bons contacts et un peu de patience (3-4 ans en général)..Impatient comme j’étais, je suis rentré en France faire de ….l’audit..OK bref no comment.
    Dans tous les cas, bravo pour tes chroniques et bonne continuation!!!
    ps: Ecris aux Echos, tu pourrais tenir une chronique pendant la crise boursière…Genre la crise vue de Londres..

  2. Toujours cette meme dichotomie entre middle et front… mais ce probleme qui revient souvent, a savoir que les gens du middle voudraient passer au front, et que le front snobbe les candidats du middle, ne provient il pas d’une politique de recrutement mal geree? n’est il pas evident que les jeunes diplomes sortant de grandes ecoles qu’on prend en stage / premier emploi sur le middle, comme c’est si souvent le cas, vont tres vite vouloir faire le grand saut?? certes, passer par le middle n’est peut etre pas une tres bonne preparation aux metiers du front, mais c’est tout de meme mieux que rien, non?

  3. pourquoi cette obsession de vouloir passer au front?? est ce purement pour l’argent?

  4. Malgré quelques citations assez peu senties, reconnaissons que notre ami MiddleMan nous est sympathique.
    L’entretien aura lieu. Une issue heureuse?, nous n’y croyons pas, mais attendons. Et imaginons justement.

    On n’a jamais vu un steward (frustré?) prendre les commandes d’un 747, mais il peut piloter facilement un petit coucou, et plus si affinités.
    Il existe de nombreuses boutiques ‘anonymes’ qui proposent des trainee program. Pas de mensonges par omission ici : cela veut dire ‘assistant trader’, bien sûr, et pas d’arnaque, si on est à la hauteur, on est trader jr avant 2 années révolues. La sélection est rude, mais n’exclue pas les profils atypiques, au contraire. La formation, très opérationnelle, offre dans le pire des cas une lucidité décisive : de quoi ramener à la réalité tout MO qui voyait son glorieux avenir injustement verrouillé par une armée de X-ensae…
    Alors imaginons. Entretien gris pâle. Et MiddleMan qui imagine à son tour. A lui de nous dire ce qu’il veut vraiment et de s’en donner les moyens.
    Certes, ce n’est pas un vol Paris-NewYork.
    Paris-Rome, MiddleMan, tu as déjà essayé ?, par temps clair, c’est somptueux. Survoler l’Altantique, c’est d’un ennui…

  5. Marrant tes deux analyses…Je m’y retrouve un peu..J’étais stagiaire chez JP à Londres il y a 3 ans. La seule chose, c’est que la bas le passage MO-FO était possible […].

    > Marrante tes deux réactions…

    Faire du B/MO chez JP et se reconvertir ds l’audit (le choix du dépit: être le borgne au pays des aveugles)…

    “Ecris aux Echos, tu pourrais tenir une chronique pendant la crise boursière…Genre la crise vue de Londres..”

    Y’a aussi Tintin magazine qui pourrait être intéressé, no comment… :o

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