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Brexit : pourquoi les banquiers français de la City pourraient être tentés de revenir à Paris

Welcome back... in Paris !

Welcome back... in Paris !

Alors que le deuxième round de négociations sur les termes du Brexit débute ce mois-ci, les banquiers français qui travaillent à la City de Londres – et ils sont nombreux – vont-ils être tentés de revenir dans l’Hexagone, notamment dans l’hypothèse d’un hard-Brexit qui pourrait à terme remettre en cause la suprématie de Londres comme première place financière ? Pour le savoir, nous avons posé la question à des professionnels de la finance et du recrutement.

Force est de constater que pour le moment, l’attentisme semble prévaloir du côté des candidats. « Dans ce contexte post-Brexit, je reçois finalement assez peu de sollicitations de professionnels souhaitant quitter rapidement la City », reconnaît Olivier Coustaing, associé au sein du cabinet de chasse de têtes Alexander Hughes et basé à Paris. « En revanche certains posent les premiers jalons en vue d’un retour possible, selon l’évolution des négociations avec l’UE ».

« Ce que l’on a vu les quinze derniers mois c’est qu’il n’y a pas un exode de Londres vers où que ce soit. Il n’y a pas de relocalisation de telle banque ailleurs sur le continent mais au contraire une réflexion sur une relocalisation très ciblée de certaines activités », rappelle à l’AFP le responsable de la Place du Luxembourg, Nicolas Mackel, qui espère récupérer 3.000 emplois en provenance de la City.

Paris, pas la seule option

Surtout, les banquiers français de la City pourraient être tentés de se déplacer ailleurs qu’à Paris. « Le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse sont des destinations plutôt prisées », reconnaît Olivier Coustaing. Dans la course aux relocalisations post-Brexit, Francfort a pris une sérieuse longueur d’avance, ce qui fait dire à John Cryan, le patron de la Deutsche Bank, « qu’il ne s’agit pas de choisir entre Dublin, Paris ou Francfort, mais entre New York, Singapour et Francfort ».

La capitale française n’a cependant pas dit son dernier mot et l’annonce cette semaine du géant américain de l’assurance Chubb qui a choisi Paris pour son nouveau siège européen post-Brexit relance celle-ci dans la compétition. Ne reste plus qu’à savoir si cette arrivée sera suivie rapidement par d’autres, sachant que pour le moment seules HSBC, SocGen et BNP ont annoncé vouloir rapatrier des effectifs de Londres vers Paris.

Un choix personnel

En attendant, les arguments qui plaident en faveur d’un retour au bercail ne manquent pas. Un analyst en banque d’affaires travaillant à Paris a dénombré plusieurs facteurs poussant les Frenchies de la City à revenir sur Paris. A commencer par des motivations personnelles liées à des situations familiales (ce qui explique que le move se fait souvent au niveau associate).

Autres motifs de retour évoqués par notre analyst : « les craintes liées au Brexit et à la précarité des postes à Londres, de même qu’un calcul purement financier lié au coût de la vie à Londres, comparé au niveau de change de l’euro/pound ». En effet, la poursuite de la dépréciation de la Livre Sterling pourrait remettre en cause l’intérêt des expatriés à rester en Grande-Bretagne.

Autre argument et non des moindres puisqu’il garantit souvent un job à la clé pour les candidats au retour : « la majorité des fonds parisiens préfèrent recruter des jeunes banquiers (analyst 2-3 ou associate 1) de Londres plutôt que des Parisiens, car Londres est encore considéré comme le passage obligatoire pour avoir une bonne formation », poursuit-il.

Vous l’aurez compris, les profils expats sont les bienvenus. L’amélioration du régime fiscal des impatriés finira-t-il par convaincre les plus récalcitrants à l’idée d’un retour en France ? Cela reste à prouver…

Une place qui a de l’avenir…

Au-delà des considérations personnelles, des éléments conjoncturels et des incitations fiscales, d’autres arguments peuvent être avancés tels que « l’affirmation très ferme des acteurs français de la banque d’investissement comme des référents, et donc la “crédibilisation” de la place parisienne comme une grande place financière », relève notre analyst.

Faut-il rappeler que c’est une banque d’investissement française, BNP Paribas, qui a été sacrée Meilleure Banque au Monde pour les entreprises par Euromoney, et une autre banque française, Natixis, qui vient d’être considérée par TheBanker comme la Banque d’investissement la plus innovante sur les activités dérivés actions ?

Au dynamisme des banques françaises vient s’ajouter celui du marché des M&A où l’Hexagone attire les talents de la City, et pas que des Français ! Jugez plutôt : après plus de dix ans passés au sein de JPMorgan à Londres, Filippo Lo Franco s’apprête à rejoindre Mediobanca à Paris, tandis que Robin Rousseau, ex-Goldman Sachs, a été recruté par Deutsche Bank pour diriger ses activités M&A Europe depuis… Paris.

Si Francfort semble être devenue le trading hub de la City de Londres, la capitale française est bien partie pour devenir la place incontournable des M&A en Europe. Et pourquoi pas également LE hub européen de la fintech

Crédits photo :filipefrazao / gettyimages

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