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11 conseils de survie aux analysts et associates en banque d’investissement

survie

Rejoindre un graduate programme en banque d’investissement ne constitue en rien l’assurance de devenir un vrai banquier d’investissement. Les analysts de la génération Y sont de plus en plus nombreux à jeter l’éponge, les juniors démissionnent de leur propre chef : d’après Quinlan Associates, 11% des analystes en front-office et 20% des associates ont pris le large l’an dernier.

Certes, une fois entré en banque d’investissement, le plus dur est fait. Mais ne vous fiez pas aux apparences et voyez plus loin… Assurez-vous de ne pas tout gâcher durant les premières semaines, et surtout de penser à votre carrière à long terme. Avec le recul, ces banquiers d’investissement vous donnent quelques pistes en forme de guide de survie…

1. Ne demandez jamais de travail supplémentaire…

Vous pensez que demander du travail supplémentaire à vos collègues plus expérimentés en période creuse est une preuve de conscience professionnelle ? Sûrement pas… Vous allez au-devant de grandes désillusions ! C’est du moins le point de vue de Mark Hatz, ancien associate en M&A chez Goldman Sachs et Perella Weinberg Partners, qui aide maintenant les étudiants à entrer en banque d’investissement : « quoi qu’il arrive, vous aurez toujours quelque chose à faire, et les gens se souviendront de la qualité de votre travail, pas de la quantité ».

2. … mais n’en profitez pas non plus pour vous la couler douce

Les premières années en banque d’investissement s’apparentent à un apprentissage de tous les instants qui, doublé d’horaires à rallonge, vous laissent peu de temps pour penser à autre chose qu’à votre boulot.

« Ne ratez jamais une occasion d’apprendre », indique Ziad Award, ex managing director chez Bank of America Merrill Lynch, qui dirige aujourd’hui sa propre boutique, Awad Capital : « si l’un de vos collègues plus senior vous propose de travailler sur un projet hors de votre zone de confort, acceptez et lancez-vous ! Cette personne pense sans doute que vous avez les compétences requises pour le job et c’est le moment de le lui prouver. Le pire serait sans doute que vous appreniez de vos erreurs. »

3. Demandez de l’aide mais évitez trop solliciter votre boss

A l’issue du programme de formation initial, il est tentant de croire qu’on vous accordera une période de bienveillance pour vous laisser le temps d’acquérir les ficelles du métier. En réalité, c’est tout de suite ou maintenant : vous êtes censé être performant dès le premier jour. Si on vous donne du travail et que vous ramez, n’ayez pas peur de demander de l’aide – mais ne sollicitez jamais la personne qui vous a confié cette tâche.

Comme le suggère Ben Rick, ancien responsable Europe du prop trading chez Bank of America Merill Lynch, aujourd’hui managing partner de Social and Sustainable Capital : « demandez de l’aide à n’importe qui sur cette terre avant de vous retourner vers votre boss ».

4. Malheureusement, tout tourne autour de l’équipe

Vous vous voyez peut-être en superstar totalement acquise à la cause de l’esprit d’équipe, le critère incontournable des banques lors de l’embauche de nouveaux collaborateurs – voilà pour la théorie. Dans la pratique, ne perdez jamais de vue que vous n’arriverez à rien si vous ne vous entendez pas avec ceux qui vous entourent.

« L’intégration à l’équipe est de la plus haute importance », décrit un analyste DCM de Londres, en poste depuis trois ans dans son premier job en banque. « J’ai eu la chance de me retrouver dans une super équipe, avec des individus remarquables, qui parallèlement adorent le produit sur lequel nous travaillons. Mais nombre d’analystes éprouvent beaucoup plus de difficultés à accrocher avec les autres membres de leur équipe, ce qui conduit à un environnement nettement plus rude. »

5. Ne vous laissez pas entraîner dans une compétition avec vos collègues

Sachant que les banques se disputent les analystes dès leur arrivée sur le marché, difficile de vous imaginer rejeter la compétition avec vos homologues.

Reste que mieux vaut vous concentrer sur vos propres objectifs plutôt que de vous appesantir sur ceux qui vous entourent. Voilà le conseil avisé de Graham Ward, ex coresponsable Europe du capital-investissement chez Goldman Sachs, devenu professeur adjoint en leadership à l’INSEAD. « Ne vous comparez qu’à vous-même. La banque peut être très gratifiante, mais un seul d’entre vous sera le meilleur », dit-il. « Les autres peuvent gagner plus que vous, et peuvent se voir accorder durant leur carrière une pause que vous aussi, vous estimez mériter. Les programmes de développement de carrière sont imparfaits par nature. Apprenez à vivre avec. Si êtes heureux à votre poste, faites tout pour le rester. La reconnaissance finira par arriver un jour ou l’autre. Si vous êtes malheureux depuis trop longtemps, prenez vos cliques et vos claques et allez voir ailleurs. »

6. Ayez un plan de carrière bien défini

Pour Mark Hatz, il est indispensable d’avoir une perspective de carrière à long terme – n’envisagez pas de passer votre vie à ce poste, identifiez les options de sortie et où elles peuvent vous conduire : « visualisez là où vous souhaiteriez être dans 10 ans, et essayez de trouver le meilleur moyen – qui soit aussi le plus simple – pour y parvenir. »

7. Bougez-vous et accumulez les expériences

Mark Hatz conseille également de vous exposer le plus possible dans les différents secteurs – la meilleure façon de progresser rapidement étant d’acquérir une large connaissance des produits. Notez que la même approche vaut aussi en vue d’une nomination à l’étranger.

Un point confirmé par Ziad Awad, qui précise : « la mobilité géographique est tout simplement essentielle pour une progression de carrière, et son importance a toutes les chances de s’accroître compte tenu de la globalisation et des rééquilibrages économiques entre le nord et le sud ou entre l’est et l’ouest. » Et de se poser la question : « je suis passé de Paris à Londres, puis de Londres à Dubai, mais j’ai un jour décliné une offre pour travailler à New York ; il m’arrive parfois de me demander l’impact que cela aurait pu avoir sur ma carrière. »

8. Vous n’êtes pas qu’un titre sur une carte de visite

Les analystes ont beau être au bas de l’échelle, il vous faut mettre en avant, dès votre premier poste, les signes particuliers que les banques recherchent pour l’avenir. Comme l’indique Graham Ward, « occuper un poste basique ne vous dispense pas de vous comporter en leader ». Il poursuit : « Leadership éclairé, capacité à influencer, contribution à la construction et la consolidation des équipes, toutes ces qualités sont celles d’un leader que les banques apprécient et valorisent dès l’arrivée dans la structure. »

9. Considérez que vous êtes embarqué pour un voyage au long cours

La plupart des banquiers juniors se concentrent à leurs débuts sur les bénéfices à court terme – c’est à qui décrochera le plus gros bonus, le titre le plus pompeux et la meilleure évaluation annuelle. Cependant, les carrières en banque d’investissement peuvent durer longtemps – avec des hauts et des bas. Ben Rick confesse : « avec le recul, force est de constater que les plus performants à leur arrivée ont disparu de la circulation au bout de quelques années, alors que d’autres, laissés pour compte lors des premières promotions dans la hiérarchie, se sont révélés particulièrement doués par la suite ». Et d’ajouter : « Beaucoup de choses sont indépendantes de votre volonté ; soyez patients et attendez que les occasions se présentent, ce qui ne manquera pas d’arriver si vous êtes assez bon. »

10. N’allez pas imaginer que votre boss s’intéresse à votre cas

Un problème familial ? Un dîner annulé ? Il va falloir vous y habituer – votre boss est humain, et sans doute vous exprimera-t-il sa compassion dans une situation donnée ; mais le business reste sa priorité.

Comme le souligne Ziad Awad, « ne partez pas du principe qu’ils sont ‘à l’écoute’ de vos problèmes personnels, qu’il s’agisse d’une tragédie familiale ou de votre mariage et votre lune de miel tout proches ». Une analyse qu’il conclut sans complaisance : « Il peut exprimer poliment une certaine compassion – ou pas. Mais, surtout dans une grande structure, il a un business à faire tourner, et c’est à vous d’adapter votre vie à votre contexte professionnel, et pas le contraire. »

11. Prenez soin de vous

Dans un poste qui peut vous occuper jusqu’à 90 heures par semaine, difficile de trouver du temps pour d’autres centres d’intérêt hors de la banque. Vos amis peuvent vous tourner le dos, votre santé physique peut être mise à rude épreuve, et le bien-être mental passe au second plan. Malgré tout, n’oubliez jamais que ce n’est qu’un job !

« Ne laissez personne vous imposer sa perception de votre propre personnalité. Un autre monde vous attend à l’extérieur, avec une multitude de grandes choses à accomplir, bien plus chargées de sens et de finalité » assène Graham Ward. « Il y a de fortes chances que vous ne soyez plus dans la même boîte à 65 ans ; donc prenez le temps de vous occuper de vous : faites du sport et gardez la ligne, prenez toutes vos vacances, et cherchez toutes les occasions d’apprendre hors de la finance. »


Crédit photo : Getty Images

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