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Ces nouvelles formes de travail qui révolutionnent les métiers de la finance…

Certains ont fait le choix de travailler... depuis chez eux

Certains ont fait le choix de travailler... depuis chez eux

Pas toujours facile de travailler toute la journée au bureau, surtout avec les températures qui grimpent. Sachez que certains financiers ont opté pour des formules de travail autres que le salariat classique. D’autant plus que les nouvelles formes de travail ont tendance à se développer : intrapreneuriat, travail à temps partagé, management de transition, télétravail…. Bref, ce ne sont pas les formules qui manquent !

Encore faut-t-il réussir à faire la bascule, ce qui n’est pas si facile étant donné que tous les établissements financiers ne jouent pas le jeu. Sans parler de la difficulté de travailler en solo ou de se mettre à son compte. Pourtant, certains s’en sortent plutôt bien. Sur la base de témoignages de professionnels de la finance, voici tout ce qu’il faut savoir sur ces nouvelles formes de travail dont l’une d’entre elles sera peut-être un jour votre quotidien…

L’Intrapreneuriat ou comment monter sa boîte tout en restant salarié

Vous lisez bien : 72% des salariés français sont intéressés par l’intrapreneuriat. Tel est le résultat de l’enquête de Deloitte sur le sujet, réalisée auprès de 4,000 salariés. « Cette démarche entrepreneuriale qui se crée et se développe au sein d’une organisation, permet de développer des services ou produits innovants, ou d’explorer le champ de nouvelles technologies, procédures, stratégies, utilisées par l’entreprise », explique Philippe Burger, associé responsable Capital humain chez Deloitte.

La majorité des répondants qui ont déjà eu une expérience d’intrapreneur se disent prêts à retenter l’aventure. Cette démarche séduit car elle comporte peu de risque, n’engage que le savoir-faire du salarié et non ses avoirs financiers et biens personnels. Pour ces raisons, 74% des participants à l’enquête souhaitent commencer la démarche d’intrapreneur d’ici les 3 prochaines années. C’est également un bon tremplin pour se lancer dans l’entrepreneuriat : 65% estiment que leur expérience d’intrapreneur les a incités à devenir entrepreneur.

Encore méconnu, l’intrapreneuriat concerne aujourd’hui peu de monde : seuls 12% des répondants sont intrapreneurs, alors que les entrepreneurs sont plus nombreux (38%). Perçu aujourd’hui comme une démarche de niche, l’intrapreneuriat est une tendance qui devrait néanmoins s’étendre dans les prochains mois et années à venir, et ce pour l’ensemble des secteurs, y compris la banque et la finance.

Des efforts restent encore à faire. « Les conditions de travail non favorables à l’émergence de démarches intrapreneuriales au sein des entreprises peuvent expliquer le faible développement de l’intrapreneuriat », fait ainsi remarquer Vincent Guesdon, directeur innovation chez Deloitte. Selon les répondants à l’enquête, seulement 9% des entreprises possèdent actuellement un programme d’intrapreneuriat, et celui-ci est relativement récent. A vous donc de convaincre votre employeur de s’y mettre, si ce n’est déjà fait…

Le travail à temps partagé, source d’équilibre…

Le travail à temps partagé permettrait un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. « Les professionnels ayant des engagements privés empiétant sur les périodes habituellement travaillées se retrouvent souvent en tension avec les entreprises qui les emploient et qui pourront considérer, souvent à tort, que cette disponibilité en pointillé est signe d’une implication et d’une efficacité plus limitées », relève Stéphane Astruc, directeur du réseau Finaxim, réseau national d’experts en temps partagé sur les fonctions RH, Finance, Informatique, Marketing Digital, et Achats.

Et d’ajouter : « Le travail par mission est un soutien à ceux qui souhaitent préserver ces plages de temps non professionnel, et notamment les femmes. En effet les entreprises utilisatrices ne sont comptables que des journées d’intervention planifiées dans leurs locaux, le reste de l’emploi du temps appartenant totalement à l’intervenant ».

Pour la gente féminine, cette formule peut donc être un moyen de renforcement de leur positionnement professionnel. « Dans le travail à temps partagé, ou le management de transition, la décision de recourir à l’expertise d’un professionnel échappe aux logiques de carrière interne aux entreprises », souligne Emmanuel de Prémont, président de Finaxim. « Les femmes et les hommes intervenant en mission se retrouvent en égalité de chances et de rémunération, s’ils disposent de la disponibilité requise par la mission et des compétences pour la réaliser ».

… témoignages à la clé

De plus en plus de cadres financiers optent pour cette formule. « Après une première expérience professionnelle dans de grands groupes en tant que salarié et au sein de PME, j’ai opté pour le travail a temps partage sous statut indépendant », témoigne David Bibard, 40 ans contrôleur de gestion a temps partagé depuis 2010. « Ce nouveau mode d’organisation de travail m’a permis de mieux gagner ma vie et d’avoir du temps pour mieux gérer ma vie de famille, étant père de deux enfants ».

Il reconnaît que le statut d’indépendant nécessite, pour trouver des clients, d’avoir une démarche de réseau très active, car selon lui, « 95% des affaires arrivent par le réseau que l’on se construit soi-même ». Et d’ajouter : « Pour exercer ce métier en statut d’indépendant il faut avoir une âme entrepreneuriale et avoir une première expérience professionnelle en tant que salarié ». Pas question donc de rester dans sa coquille…

« Cette organisation de travail me permet aujourd’hui de repartir ma semaine en trois : le professionnel sur la base de 3/4 jours par semaine, le familial et amical et l’associatif sur la base chacun d’un jour par semaine », témoigne pour sa part Marie Hélène Marot, DAF à temps partagé depuis 2011 et qui a ainsi eu le temps de créer le groupe féminin au sein de l’association DFCG pour faire évoluer le rôle de la femme de la finance dans les entreprises.

Selon elle, les atouts de la formule sont indéniables. Sur les fonctions finance, ils permettent un meilleur rééquilibrage des responsabilités et des rémunérations entre hommes et femmes. « On ne remarque jamais de réticence a faire entrer un DAF a temps partagé femme en entreprise versus en mode salarié », explique-t-elle. « Les femmes ont des qualités particulières pour réussir en temps partage : leur intérêt pour le jeu collectif et leur aptitude a mener plusieurs vies de front ». Avis aux amatrices…

Le management de transition, testé et approuvé !

Pour la troisième année consécutive, Delville a réalisé avec la junior-entreprise de l’Essec une enquête professionnelle sur le management de transition (pour y participer, cliquez ici). En attendant les résultats de 2017, attardons nous un peu sur l’enquête conduite en 2016 et dont les résultats « montrent encore une fois l’importance grandissante du management de transition au sein des entreprises, avec un niveau de satisfaction toujours aussi élevé », commente Anthony Baron, co-fondateur de Delville Management.

Dans cette enquête une plus grande part des répondants a eu recours à un manager de transition (43% contre 35% en 2015). Ces même clients ont, également, fait appel aux managers de transition plus souvent : 21% y ont eu recours 2 à 3 fois, contre seulement 16% l’an dernier. Et parmi les secteurs qui renouvellent le plus leur expérience (2 à 3 fois), on trouve la banque-assurance. Pour les répondants, les directions financières tiennent toujours la part la plus importante avec 37% des missions proposées. Certes, la plupart des missions sont courtes et durent moins de 12 mois, mais côté salaire, rien à redire : pour un directeur administratif et financier, la rémunération la plus couramment pratiquée (29% des répondants) est comprise entre 900 et 1.199 euros/jour.

Signe de la vitalité du secteur, les cabinets spécialisés en management de transition recrutent en ce moment à tour de bras, notamment des professionnels issus du conseil en stratégie. C’est le cas par exemple de EIM, leader européen du secteur fondé en 1989 par Egon Zehnder et dont les 10 Partners du bureau de Paris traitent une nouvelle mission tous les deux jours. Dans ce contexte, guère étonnant que EIM ait annoncé ce mois-ci le renforcement de ses équipes avec l’arrivée en tant qu’associés de Florent Chapus (ex-Boston Consulting Group) et de Thierry Fournier (ex-Arthur Andersen et Bain & Company).

Télétravail : pas dans la culture managériale

Selon une étude publiée cette semaine par le think tank économiste libéral Fondation Concorde, près de 25 % des actifs français seraient éligibles au télétravail, soit près de 6,7 millions de travailleurs. Toujours selon cette étude, le télétravailleur moyen est âgé d’environ 42 ans, majoritairement urbain et titulaire d’un diplôme minimum Bac + 3. Pour des raisons assez évidentes (secret bancaire, confidentialité des informations, nécessité de travailler en équipe…), les métiers de la banque d’investissement ne permettent généralement pas de travailler à distance, à quelques exceptions près, comme la recherche actions.

Pourtant, des marges de progression sont possibles notamment par rapport à d’autres pays où cette forme de travail à distance est bien plus développée. C’est notamment le cas des pays anglo-saxons et scandinaves où l’on compte entre 20 et 35% de télétravailleurs, contre 2% en France. Deux rasions expliquent pourquoi le télétravail est très peu développé dans l’Hexagone : il ne s’inscrit pas (encore) dans la culture managériale, et la réglementation inhérente est trop rigide et pas assez incitative.

Ne reste là aussi plus qu’à convaincre votre hiérarchie des avantages (nombreux) du télétravail… Pour vous y aider, voici selon France Stratégie les avantages pour l’employeur et l’employé :

  • Baisse de 5,5 jours par an d’arrêts maladies
  • Augmentation du temps de travail de 2,5%
  • Augmentation de la productivité de 22%
  • Augmentation du temps de sommeil de 45 min par journée télétravaillée
  • Temps moyen gagné en moyenne par jour télétravaillé : 37 min
  • 96% de satisfaction des 2 parties prenantes


Crédits photo : Kelvin Murray / gettyimages

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