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La conformité a beau ne pas être sexy, je n’ai pas envie de travailler ailleurs dans la banque. Voici pourquoi…

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Dans les banques d’investissement, les emplois dans la conformité ne sont certes pas aussi recherchés que les jobs en front office, mais ayant travaillé en middle-office chez J.P. Morgan pendant plus de trois ans, je dirais que quiconque dédaigne ces postes passe à côté de quelque chose.

Quel que soit l’environnement politique, la réglementation continuera à jouer un rôle clé dans le secteur financier. Il semble y avoir une pression pour une approche plus qualitative que quantitative de la réglementation. Si bien qu’il ne s’agit pas seulement de travailler dans un secteur où les banques recrutent, mais bien dans une activité de plus en plus pertinente pour y faire carrière.

Pour commencer, travailler dans la conformité offre aux juniors l’opportunité de travailler aux côtés du front-office et du senior management en banque d’investissement. Et il ne s’agit pas seulement de faire de la figuration. Nombreux sont les problèmes de réglementation et de conformité qui surviennent quotidiennement et certains sont récurrents dans la durée. Ainsi, vous bénéficiez d’une formation accélérée pour connaître toutes les réglementations et leur impact, tout en siégeant aux côtés des professionnels de la vente et du trading et en découvrant leurs jobs.

Il s’agit d’une fonction technique, mais les responsables compliance et juridiques ont également besoin de développer des compétences professionnelles et interpersonnelles. Par exemple, alors que sur le desk de trading les associates apprennent à aborder des problèmes sensibles en un minimum de temps avec des profils seniors impliqués dans l’activité, c’est là une excellente occasion de construire un réseau, fournir des solutions aux problèmes urgents et connaître une activité en particulier tout en maîtrisant les implications juridiques et réglementaires.

En tant que responsable conformité directement responsable des questions réglementaires concernant diverses facettes de l’entreprise, il y a un “siège réservé” pour quelqu’un comme moi. Les problèmes de réglementation ont beau être complexes, ils doivent être résolus rapidement car cela peut mettre en danger un accord commercial. Dans ces circonstances, vous avez la possibilité de développer une solution créative, de proposer la solution à l’entreprise et de l’exécuter.

S’appuyant sur une solution créative, il faut qu’un professionnel regarde au-delà de la règle juridique et comprenne l’activité d’un point de vue opérationnel, financier et de gestion des risques. Il est pertinent de comprendre les clients et comment ils gagnent de l’argent, ainsi que les moteurs de profit de l’entreprise. Il n’y a aucune formule magique qui satisfasse l’exigence réglementaire. Lorsque nous offrons notre solution à l’entreprise, nous illustrons en quoi elle correspond raisonnablement aux besoins de l’activité et satisfait à l’exigence réglementaire.

Traiter avec le front-office n’est pas vraiment facile. Celui-ci a tendance à se considérer comme “créateur d’argent” et quiconque n’y travaille pas est perçu comme une “entrave” dans leur course à faire de l’argent.

La confiance est ici capitale. Les employés en front-office doivent être convaincus qu’en tant que professionnel de la conformité, vous chercherez à trouver des solutions alternatives et créatives au lieu de simplement répondre «non». Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de zones «grises» dans le trading et si ceux qui y travaillent peuvent trouver un biais pour éviter une certaine contrainte de conformité, ils le feront. Le problème est que dans la compliance, que vous l’aimiez ou pas, vous êtes la personne qui doit dire quand quelque chose ne peut pas être fait, mais quand on croit en vous, alors il est beaucoup plus facile de dire «non».

Par exemple, le desk de trading devait fixer un certain seuil de crédit pour ses clients afin de se conformer à une certaine règle de la SEC. Le desk proposait initialement une limite s’élevant à environ x million de dollars. Malheureusement, il s’agissait d’une limite vraiment élevée et risquait d’être réglementé. En fait, le desk n’était pas tout à fait capable de justifier pourquoi la définition de limites de crédit aussi élevées était raisonnable pour leur activité. Mais la vraie raison pour laquelle ils fixaient la limite de crédit élevée était parce que cela leur donnerait assez de latitude pour mener leurs opérations. En tant que professionnels de la conformité, nous avons dû dire non à cette limite de crédit. En soulignant divers cas réglementaires et l’esprit de la loi, et en exécutant une série d’hypothèses, nous avons finalement convaincu le desk que la limite devait être abaissée et avons réussi à la réduire de près des deux tiers du chiffre initial.

Parmi les inconvénients lorsque l’on travaille dans la conformité, il y a l’image de marque : ce n’est pas considéré comme «sexy». Mais lorsqu’un individu devient professionnellement un partenaire de confiance dans l’entreprise, votre expertise est recherchée.

Pour les personnes diplômées en droit, la conformité n’offre pas le type de travail juridique que la plupart des jeunes diplômés recherchent. Si votre intérêt réside dans le travail juridique traditionnel, vous devriez envisager un cabinet d’avocats classique. Toutefois, si votre intérêt consiste à développer une expertise dans le secteur bancaire, le droit des valeurs mobilières et les règlements financiers, alors un poste en conformité dans une grande banque est à même de vous offrir cela.

Stacey Kelly est le pseudonyme d’une responsable conformité chez J.P. Morgan.


Photo credit : utah778/GettyImages

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