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Brexit : Paris peut-elle remplacer Londres ?

Entre Londres et Paris, il n'y a qu'un pas... ou presque !

Entre Londres et Paris, il n'y a qu'un pas... ou presque !

Vous voulez faire carrière dans la finance ? Alors vous n’aurez peut-être bientôt plus besoin de passer par la case Londres… Telle était en substance la conclusion d’une table ronde sur l’avenir de la finance européenne dans un monde post-Brexit organisée mardi dans le cadre des House of Finance Days 2017 qui se tiennent du 6 au 23 mars 2017 à l’université Paris Dauphine.

Le Brexit soulève des enjeux déterminants pour l’avenir de la finance en Europe. Londres peut-elle garder une place dominante malgré la perte probable du passeport européen ? Quelles lignes de métiers seront les plus touchées? Quelle sera la prochaine place financière majeure en Europe ? Autant de problématiques auxquelles les intervenants de la table ronde ont tenté de répondre.

On ne remplace pas d’un coup 150 ans d’Histoire…

Alors, Paris peut-elle remplacer Londres ? « La réponse est non. La place financière de la City, c’est 150 ans d’Histoire », explique Nicolas Baverez, essayiste et avocat. « Mais le Brexit offre une possibilité d’accueil d’un certain nombre d’activités et de talents ». Et d’ajouter : « Au moment même où le Royaume-Uni fait sa contre-révolution libérale, c’est l’occasion unique pour la France de faire sa révolution libérale ».

A l’heure actuelle, la fiscalité et les charges qui pèsent sur le travail en France sont encore trop dissuasives, d’autant plus que dans l’hypothèse de plus en plus probable d’un hard brexit, les britanniques vont baisser la réglementation et les impôts de façon agressive. A cela vient s’ajouter le risque de voir la France elle aussi quitter l’UE. « Nos clients ont surtout peur d’une chose : le Frexit », rapporte ainsi Jimmy Zou, associé chez PwC qui conseille ses clients sur le Brexit.

En attendant, la place financière de Paris peut prétendre jouer un rôle majeur dans la relocalisation de certaines lignes de métiers basées à la City de Londres, même si comme le montre le graphique ci-dessous il va falloir compter avec la concurrence de Francfort. « La part de marché récupérable par la France pourrait être cependant améliorée », constate Nicolas Baverez. « Nous n’insistons pas assez sur le fait que la France possède de grandes banques saines qui ont plutôt bien traversé la crise financière ».

Transfert potentiel des marchés globaux de Londres vers l’UE 27

Bruegel

Source : Bruegel

Mettre fin à une “anomalie”

Aujourd’hui, la plupart des banquiers qui s’occupent du corporate banking des grands groupes d’Europe continentale sont basés à Londres. Idem pour la plupart des asset managers qui gèrent l’épargne des entreprises et des particuliers. De même que la plupart du trading en euros…. qui se fait depuis Londres. Tel est le constat dressé par Stéphane Boujnah, directeur général et président du directoire d’Euronext, qui était lundi l’invité d’honneur de Paris Finance Conference organisée par l’ESCP, HEC Finance Club, Club Finance Paris, ESSEC Transaction, Centrale Finance et les associations de finance des Arts et Métiers ParisTech et de l’Université Paris-Dauphine.

Si l’on peut considérer cela comme « normal » dans le cas où l’on partage un destin commun, « à la seconde où ce n’est plus le cas, cela devient une anomalie complète », relève Stéphane Boujnah qui milite pour un rapatriement de ces activités sur le Vieux continent. Et de rappeler que le marché unique n’a pas été conçu pour créer des places off-shore.

Quelques pistes de réflexion…

Si transferts il devait y avoir, ceux des activités de change, de taux et de crédit devraient être facilités par la digitalisation. Par contre, « le transfert des infrastructures de marché et des chambres de compensation devrait être plus délicat », note pour sa part Michel Pébereau, président du Centre des Professions Financières, lors de la table ronde des House of Finance Days 2017.

Et le président d’honneur de BNP Paribas de suggérer quelques pistes comme le déblocage de la titrisation (qui est belle et bien repartie dans les pays anglo-saxons), l’instauration de normes comptables davantage adaptées au modèle économique européen (en limitant par exemple la fair market value… aux activités de marché) ou bien encore la suppression de l’ISF et la baisse de la taxe sur les salaires et des charges patronales qui engendrent un “écart dévastateur” en termes de revenus des opérateurs de marché par rapport aux autres places financières.

La Fintech, principale bénéficiaire ?

« Le Brexit a une importance plus grande encore pour la fintech que pour les banques du fait du passeporting européen », indique Alain Clot, président de France Fintech. Cet ancien banquier de chez SocGen aime à rappeler que si « délocaliser une banque ou une salle de marché c’est compliqué, une start-up, ça se fait presque en quelques clics ! ». Et de souligner l’importance de la data en France où des Français se voient confier le développement de datacenters par certains GAFA. Preuve que la France n’a pas encore dit son dernier mot dans la course visant à récupérer une partie de l’hégémonie de la City de Londres….


Crédits photo : Caroline Purser / gettyimages

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