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Les erreurs commises par les nouveaux associates en banque d’investissement

La route est longue...

La route est longue...

Les banques d’investissement viennent de promouvoir leurs analysts de troisième année au rang d’associates. Des promotions qui peuvent même survenir avant trois ans dans le cas des banques avec de nouveaux programmes de formation accélérée. Pour les juniors ayant réussi à se plier au rythme de semaines de travail de 70 heures et plus, c’est un tout nouveau défi qui les attend.

Avant que les analysts deviennent associates à part entière, ils doivent passer une période transitoire comme « associé 0 ». Si cela semble une manière douce de vous initier au poste, c’est en fait un test. « Vous n’êtes pas automatiquement traité comme un associé. À ce stade, vous obtenez un avant-goût de ce qui est à venir et devez prouver que vous êtes capable d’exécuter des choses avec peu ou pas d’encadrement », explique Danyaal Shah, un vice-president (VP) travaillant dans une banque d’investissement à Canary Wharf.

Comme les analysts ont pris du galon, on attend plus d’eux. Voici donc comment survivre, selon les témoignages de banquiers d’investissement qui sont passés par là eux aussi :

1. Les nouveaux associates s’attendent à un changement immédiat

Pour la première fois en trois ans, les analysts promus ne se retrouvent plus en bas de la stricte hiérarchie des banques d’investissement. Le travail nécessaire pour arriver ici est conséquent et la courbe d’apprentissage est incroyablement raide. « Penser qu’un nouveau titre signifie tout à coup que vous laissez tomber toutes les responsabilités de votre poste précédent est une erreur », explique Mark Franczyk, qui a travaillé dans l’equity capital market (ECM) chez J.P. Morgan pendant dix ans avant de partir pour devenir chef pâtissier et blogueur.

Et de compléter : « Ne vous attendez pas à ce que tout change du jour au lendemain. Ce ne sera pas le cas. Un nouvel associate devra encore faire beaucoup de ‘travail d’analyst’, peut-être pendant plusieurs mois. Si vous agissez comme si ces tâches n’étaient plus dignes de vous, vous échouerez. Quel que soit le niveau que vous atteignez, votre rôle principal est de toujours faire les choses »

2. Les nouveaux associates oublient… qu’ils n’ont plus droit à l’erreur

Les analysts sont pardonnés pour les erreurs, parce que les associates sont censés prendre sur eux avant qu’un managing director (MD) ne pointe le bout de son nez pour jeter un coup d’oeil sur votre travail. Peut-être un analyst ayant suivi un programme de formation aurait de toute façon été mis sur la touche, mais si vous n’avez pas le niveau nécessaire, cela se verra lorsque vous aurez atteint le rang d’associate.

« Le plus grand changement auquel vous habituer est que vous aurez subitement beaucoup de responsabilités », indique Danyaal Shah. « Au moment où vous devenez associate, vous devriez être un expert dans un secteur d’activité en particulier. Vous n’avez quasiment pas droit à l’erreur. Les MD’s pardonneront aux analysts, mais beaucoup moins facilement aux associates ».

« En tant qu’analyst, vous êtes focalisé sur… l’analyse – à savoir le brassage sans fin des datas. Souvent, vous n’avez aucune idée sur les destinataires de cette analyse. Même si vous faites tout pour y parvenir, il peut être difficile d’avoir une vue d’ensemble », ajoute Mark Franczyk.

3. Ils passent trop de temps à gérer l’urgence, pas assez à planifier

En tant qu’analyst, vous vous voyez confier par votre associate un flux régulier de travail qui doit être fait de façon précise et dans les temps. En tant qu’associate, non seulement vous devez comprendre ce qui peut et doit être délégué, mais aussi prendre le temps de planifier des responsabilités supplémentaires. Soudainement, le nombre de réunions – internes et externes – où l’on exige votre participation augmente.

« Au début, ce peut être écrasant », fait remarquer Danyaal Shah. « Si vous êtes le genre de personne distraite dans les réunions, ou qui ne parvient pas à suivre ou à comprendre les points d’action clés, vous aurez du mal. Qui plus est, quand vous êtes à l’extérieur avec des clients, vous devez avoir des réponses à toutes les situations. Il est peu probable que la responsabilité vous incombe entièrement, mais vous représentez une banque d’investissement et les clients s’attendent à ce que quiconque travaille sur le projet soit un expert de ce qu’ils essaient de réaliser ».

La clé, selon Danyaal Shah, est de pouvoir déléguer suffisamment de travail pour pouvoir planifier suffisamment.

4. Ils se perdent dans l’instant T et cessent d’apprendre et de comprendre

« Parlez à n’importe quel analyst pendant cinq minutes, et vous entendrez inévitablement le terme ‘courbe d’apprentissage abrupte’. Les trois premières années de travail peuvent être brutales, mais vous ne pouvez pas arrêter de progresser une fois promu associate », relève Danyaal Shah.

Et de poursuivre : « La force d’être un associate, en dépit de la responsabilité accrue, est que vous serez en mesure de déléguer certaines des tâches plus triviales ou répétitives. La clé pour réussir en tant qu’associate est de pouvoir résoudre les problèmes par vous-même et vraiment les comprendre ».

« Vous êtes encore à des années de l’exécution du show, mais votre objectif principal n’est plus ‘ce que nous faisons ?’ mais plutôt ‘pourquoi nous le faisons ?’ », note Mark Franczyk. « Un bon analyst peut réussir en produisant un modèle parfaitement fonctionnel. Un associate doit être capable de comprendre, et d’avoir une vision d’ensemble ».

5. Ils raisonnent comme un associate au lieu d’un VP

Lorsque vous êtes en dernière année d’analyst, vous « travaillez déjà au niveau associate », selon le DRH d’une grande banque d’investissement américaine. Si bien que lorsque vous devenez associate, votre attention devrait se porter sur ce qu’il faut faire à un niveau VP.

« Le défi à relever en tant qu’associate est que vous êtes maintenant officiellement engagé dans l’escalator de la réussite et devez donc commencer à vous comporter comme quelqu’un qui veut atteindre le prochain niveau », relève Kevin Rodgers, l’ex-responsable mondial des changes chez Deutsche Bank, qui est maintenant auteur et commentateur de marché.

Et de conclure : « Le plus gros problème est que les employés s’attendent à ce que la promotion se fasse simplement parce qu’ils sont restés assez longtemps. Cela ne marche pas comme ça. Être associate signifie que vous visez le grade de VP et agissez en conséquence. De même, être VP signifie que vous commencez à agir un peu comme un MD, etc. Donc, rester assis et faire ce que l’on vous dit est le moyen le plus facile d’être mis sur la touche ».


Photo: Getty Images

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