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Tout le monde aurait-il oublié les liens historiques de J.P. Morgan avec Paris ?

JPMorgan Paris

Si les accords de passporting entre le Royaume-Uni de l’UE devaient être enterrés, J.P. Morgan serait contraint de délocaliser des milliers d’emplois hors de la Grande-Bretagne, a indiqué jeudi son CEO Jamie Dimon. Et quand on sait que la fin du passporting est une hypothèse sérieuse envisagée par les analystes de Deutsche Bank…

Dans ce cas, où J.P. Morgan pourrait-il transférer ces milliers d’emplois hors UK ? Jamie Dimon ne s’est pas exprimé sur le sujet mais les dernières annonces de la place financière de Paris visant à attirer les banquiers avec des allégements fiscaux sur le revenu jusqu’à 50% et la possibilté d’exclure de l’assiette de l’ISF les actifs étrangers pendant huit ans rendent subitement la destination France bien plus attrayante.

Qui plus est, J.P. Morgan et la France entretiennent depuis très lontemps des liens de proximité. La banque américaine a ouvert un bureau parisien sous la houlette de Drexel Harjes, dont J. Pierpont Morgan était un associé, en 1868… soit il y a presque 150 ans !

Deux ans plus tard, J.P. Morgan a contribué aux destinées de La République française en octroyant un prêt de 10 M£ à Napoléon III qui s’en est servi pour financer la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Guerre qui a conduit à l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne, mais a confirmé J.P. Morgan comme un allié du gouvernement français. En échange, la banque s’est vue offrir un bâtiment à la Place de la Concorde à Paris, qu’elle a troqué en 1916 contre ses locaux actuels place Vendôme.

Ce ne fut pas la dernière fois J.P. Morgan vint en aide du gouvernement français. Au cours de la Première Guerre mondiale, elle a accordé un prêt de 500 M$ à la France, soit le plus grand prêt international jamais octroyé à cette époque.

Cela pourrait s’apparenter à de l’histoire ancienne, mais un ancien banquier de J.P. Morgan à Paris a indiqué que ces prêts historiques étaient dans l’ADN de l’entité française de la banque US. « J.P. Morgan a toujours eu une place privilégiée en France. Elle est souvent considérée comme une banque française si bien qu’il serait facile pour elle de déplacer des gens là-bas », indique-t-il sous couvert d’anonymat.

Pour le moment, J.P. Morgan emploie à Paris des banquiers privés, des gestionnaires d’actifs et des banquiers d’investissement orientés sur le marché français, ainsi que quelques traders et vendeurs, sachant que le gros des troupes des opérations de trading européen est basé à Londres.

Malgré l’avertissement de Jamie Dimon, l’associé d’un grand cabinet conseil indique que les emplois étaient peu susceptibles d’être déplacés du Royaume-Uni à court-terme. « Pour le moment, toutes les banques se contentent de retravailler sur les stratégies de localisation qu’elles ont mises en place depuis 2008 », nous confie-t-il. « Nous attendons de savoir ce qu’elles présenteront à leurs conseils d’adminstration autour de septembre, et c’est à partir de ce moment là que les choses commenceront peut-être à bouger ».

Et le consultant d’ajouter que ce n’est pas qu’une question de Brexit, mais aussi d’optimisation des coûts. « Le Credit Suisse a délocalisé des banquiers qui étaient basés à Londres bien avant que tout cela n’arrive », rappelle-t-il.

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