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« Il est urgent que la France porte à sa tête une nouvelle génération de responsables politiques, y compris des financiers… »

François Vigne, un financier dans la course à l’Elysée pour 2017

François Vigne, un financier dans la course à l’Elysée pour 2017

François Vigne, fondateur et Managing Partner de Sycomore Corporate Finance, banque d’affaires indépendante basée à Paris, vient d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Interview exclusive avec ce financier qui revient sur son parcours, ses motivations, son programme politique, ses solutions pour l’emploi, son regard sur la finance…

Vous avez décidé d’être candidat à l’élection présidentielle de 2017. Pouvez- vous nous rappeler brièvement votre parcours (diplômes, expériences professionnelles) et nous dire quel a été le déclic qui vous a amené à prendre cette décision ? Et surtout, quelles sont vos motivations ?

Diplômé de l’Essec, de Sciences-Po et de l’Ecole Française du Barreau, j’ai d’abord choisi de travailler dans de grandes banques françaises (de CCF Charterhouse à la Société Générale en passant par CACIB), où j’ai exercé des fonctions de responsable mondial fusions & acquisitions. Désireux de bâtir sur du roc et convaincu que le nouveau monde né de la crise de 2008 requiert de nouveaux acteurs plus agiles, plus engagés et mobilisés par le long terme, j’ai décidé en 2012 de créer Sycomore Corporate Finance avec mes associés et toute l’équipe de collaborateurs que nous avons recrutée. Nous nous sommes depuis rapidement développés.

Ma décision est mûrement réfléchie. J’y travaille depuis juin 2012 avec toute l’équipe du nouveau parti (la France en marche) que j’ai créé au lendemain de l’élection de François Hollande. Elle répond aussi aux nombreux appels à me présenter que j’ai reçus d’élus comme de simples citoyens depuis plusieurs mois. Nous vivons aujourd’hui une fin de régime, la crise politique et sociale la plus grave traversée par notre pays depuis 1958. Face à cette situation, deux attitudes sont possibles : la fuite ou l’action. Avec la France en marche, j’ai choisi l’action pour assurer le redressement de notre pays et le remettre sur la voie de la prospérité et du progrès.

Avez-vous déjà exercé des responsabilités politiques précédemment ? Quel regard portez-vous sur les financiers qui se lancent en politique ?

J’ai participé à de nombreuses campagnes et eu différents engagements au sein de l’UMP où j’étais chargé des fédérations professionnelles. C’est parce que j’ai pu constater, de l’intérieur, les blocages du système des partis actuels et afin d’y mettre fin que j’ai décidé de fonder « la France en marche ».

Je me réjouis que des non-professionnels de la politique, avec des parcours différents, choisissent de s’y investir, dès lors qu’ils le font pour servir notre pays. Depuis trop longtemps, ce sont les mêmes apparatchiks, avec les mêmes parcours, dans les mêmes partis, qui font les mêmes promesses, avec les résultats que l’on connaît. Pour sortir de l’impasse actuelle, il est urgent que la France porte à sa tête une nouvelle génération de responsables politiques, y compris des financiers…, capables de s’affranchir des discours convenus, des recettes éculées et des schémas du passé.

Quelle a été la réaction de votre entourage professionnel à l’annonce de cette décision ? Pourrez-vous concilier vos fonctions actuelles de Managing Partner chez Sycomore Corporate Finance pendant votre campagne électorale ?

Je n’ai reçu que des encouragements et des félicitations depuis l’annonce de ma candidature. Aujourd’hui, tout le monde est bien conscient que les choses ne s’amélioreront pas toutes seules. La France ne repartira de l’avant que si nous prenons notre destin en main. C’est ce que je fais aujourd’hui.

Comme vous l’avez compris, je ne fais pas partie des gens payés par l’Etat à faire campagne… Je continue donc à exercer mes responsabilités de Managing Partner chez Sycomore Corporate Finance. J’ai pris toutes les dispositions nécessaires, avec mes associés et grâce à la force de notre équipe, pour que mon engagement n’affecte pas notre activité, ni la qualité des prestations que nous rendons à nos clients.

Disposez-vous déjà d’une équipe de campagne ? Avez-vous bon espoir de recueillir les 500 parrainages nécessaires pour concourir à l’élection ?

J’ai avec moi une équipe d’une trentaine de personnes très mobilisées. Je suis très confiant sur ma capacité à obtenir les 500 parrainages nécessaires au regard des 261 déjà obtenus.

Quelles seront les grandes lignes de votre programme politique ? Quelles sont les trois premières décisions que vous prendrez si vous êtes élu ? Avec qui et comment comptez-vous gouverner ?

Mon diagnostic est le suivant. Notre pays est aujourd’hui paralysé par un système politique hors d’âge, qui tourne en rond, et un État devenu aussi tentaculaire qu’inefficace. Nos dirigeants politiques actuels passent leur temps à fabriquer des réformes pour le secteur privé, qui n’a pas besoin d’eux, mais ils répugnent à réformer l’Etat et le système politique, ce pourquoi les électeurs les ont pourtant élus. Il nous revient de réaliser cette transformation pour remettre la France en marche et en faire la « smart nation » du XXIème siècle.

Mon programme découle de cette analyse. Il tient en sept points : 1) Transformer nos institutions pour en supprimer les archaïsmes et les lourdeurs (Conseil Economique, Social et Environnemental, conseils départementaux, gouvernements pléthoriques, etc.) en donnant à notre pays une organisation politique performante, 2) Réformer de fond en comble l’Etat pour le rendre plus efficace et moins coûteux tout en renforçant les moyens affectés à ses missions régaliennes 3) Donner la priorité absolue à l’emploi en mettant en place un contrat unique, comme le recommande notre prix Nobel Jean Tirole, et en assurant la compétitivité de notre économie grâce à la baisse des prélèvements fiscaux et sociaux, 4) Etablir un nouveau pacte citoyen reposant sur une citoyenneté plus responsable, plus engageante et plus respectueuse de la liberté de chacun, 5) Mettre les jeunes au cœur du système en modernisant notre système éducatif, en réservant un tiers des sièges d’élus aux moins de 40 ans et en stoppant la dérive de la dette publique, 6) Faire de la France la championne de la transition énergétique et de l’économie décarbonée et 7) Reconstruire l’Europe autours de projets mobilisateurs.

Trois mesures ne suffiront pas à transformer la France. Elles indiqueront cependant le mouvement. Dans ces conditions, les trois premières mesures que je prendrai seront les suivantes :

-j’organiserai un référendum pour faire adopter par les Français les changements constitutionnels indispensables, y compris le non remplacement d’un parlementaire sur deux ;

– je porterai la durée du travail à 39h payées 39, sauf durée plus courte négociée au niveau de l’entreprise, et j’unifierai l’ensemble des régimes publics et privés pour assurer la fluidité et la reprise du marché de l’emploi ;

– je baisserai de 10% les dépenses de fonctionnement de l’Etat, à l’exception des dépenses régaliennes, afin d’amorcer la baisse des prélèvements fiscaux et sociaux.

Quel regard portez-vous sur le marché de l’emploi en France ? Quel est le discours que vous avez envie de tenir aux nombreux Français expatriés (dans la finance mais pas seulement) pour leur donner envie de revenir ?

Il commence enfin à s’améliorer, mais si lentement… Ma révolte face au chômage de masse et de longue durée est une raison essentielle de mon engagement. Je n’accepte pas de voir tant de Français, en particulier jeunes, sans emploi alors que notre pays dispose de tant d’atouts ! A nous de changer les règles pour parvenir au plein emploi comme chez nos voisins.

Concernant les jeunes expatriés, je souhaite d’abord leur dire que je suis fier de l’image de la France qu’ils projettent dans les pays où ils ont choisi d’exercer leurs talents. Mais ils peuvent aussi compter sur moi pour créer un nouvel environnement favorable à l’initiative, à l’innovation, à la prise de responsabilité et à la réussite, qui les convaincra de revenir s’établir chez nous, dans le plus beau pays du monde !

Un petit mot sur l’hypothèse d’un Brexit ?

Je souhaite profondément que le Royaume-Uni reste au sein de l’Union Européenne. Nos amis britanniques ont, tout comme l’Union, beaucoup à perdre à un Brexit. Je leur fais confiance pour voter le maintien dans l’Union le 23 juin prochain. Quoi qu’il advienne, il nous restera ensuite à la transformer en profondeur pour lui donner un nouvel avenir.

La finance a plutôt mauvaise presse auprès du grand public, et le scandale des Panama Papers ainsi que montant de certains bonus n’ont rien arrangé. Cette défiance est-elle justifiée selon vous ? Quelles mesures comptez-vous prendre pour restaurer la confiance du grand public ?

La finance est d’autant plus mal aimée qu’elle sert de bouc émissaire à des hommes politiques désireux de se défausser de leur propre responsabilité. Il lui reste clairement des progrès à faire, mais les choses vont dans le bon sens et la finance s’est beaucoup plus réformée que l’Etat français par exemple. Je pense également essentiel de faire prendre conscience aux Français de l’atout que représente un système financier fort, garant de l’indépendance nationale et de la croissance future. Concernant la confiance du grand public, elle ne sera assurée à plus long terme que si nous garantissons l’avenir de l’euro en réformant en profondeur le fonctionnement de l’Union européenne et de la zone euro, ce qui est l’une de mes 7 priorités.

Enfin, quels conseils donneriez-vous à des financiers en poste qui, eux aussi, aimeraient se lancer en politique, et éventuellement vous rejoindre ?

Je leur conseille de rejoindre la France en marche. Tous sont bienvenus, dès lors qu’ils partagent notre objectif de remettre notre pays sur la voie de la croissance, de la grandeur et de l’avenir.

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