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Ethique : un mot qui vous suivra tout au long de votre carrière en finance

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De nombreuses études montrent que les ‘digital natives’ et autres représentants de la Génération Y, qui constituent le gros des recrutements des grandes banques françaises, sont particulièrement en attente de sens et d’éthique en ce qui concerne leurs carrières en finance, loin de l’image des ‘années fric’ que véhiculaient les golden boys dans les années 80.

Une prise de conscience qui commence dès les bancs de l’école. « L’une de nos principales missions est de faire comprendre aux étudiants que le monde de la finance n’est pas le “Far West” et qu’il existe des règles qu’ils doivent respecter. D’ailleurs, notre école a pour symbole l’effigie de la déesse FIDES, dont la devise est “entretenir la confiance” », rappelle Alfonso Lopez de Castro, directeur de Financia Business School où la déontologie et l’éthique représentent près de 20% du volume des enseignements.

Les organismes de certifications ne sont pas en reste. Le CFA Institute a ainsi mis en place il y a quelques années le Claritas, un nouvel examen en finance destiné à « restaurer l’intégrité et la réputation » du secteur financier. L’éthique s’impose aussi dans les Executive MBA, comme celui de l’Edhec qui propose une série de cours liés à l’éthique : philosophie, éthique des affaires, management des risques criminels, réflexion sur les valeurs personnelles.

L’éthique, du CV à l’entretien

Dès lors, on comprend toute l’importance de mentionner ce terme sur votre CV. Attention toutefois : « le terme éthique, tout comme d’autres mots génériques comme ‘leadership’, sont à proscrire de votre CV s’ils ne se réfèrent pas à des exemples précis », indique un recruteur en finance qui a souhaité conserver l’anonymat. Car plus que des mots, l’éthique est une notion qui se traduit avant tout par un comportement exemplaire, comme ne pas mentir sur son CV, ne pas dénigrer la concurrence lors d’un entretien d’embauche, rester poli en toutes circonstances, etc.

D’ailleurs, les recruteurs eux-mêmes sont sensibilisés à la notion d’éthique : le Syntec Conseil en Recrutement dispose d’un Comité Ethique, et des associations comme A Compétences Egales rappellent régulièrement aux recruteurs les attitudes à avoir vis-à-vis des candidats. Louis-Simon Faure, consultant en recrutement des cadres et dirigeants et auteur du livre Le recrutement éthique  recommande par exemple aux recruteurs de mettre à disposition des candidats une salle d’attente confortable avec de la lecture adaptée au public qu’ils reçoivent, ou bien de toujours parler concrètement en se focalisant sur les événements factuels, les chiffres et les tâches professionnelles.

Dans la finance, l’éthique est partout

Analyse ISR, green finance, crowdfunding solidaire : de nombreux métiers financiers ont fait de l’éthique la raison d’être de leur existence. Et certains d’entre eux recrutent activement. D’autres métiers, comme les compliance officers, sont chargés de propager (et vérifier) le respect de l’éthique au sein des banques. « La fonction conformité dans les banques a gagné en importance et en indépendance au cours des dernières années. Les lourdes amendes infligées aux grands groupes bancaires ainsi qu’une incitation parfois coercitive des régulateurs ont été des aiguillons déterminants dans ce mouvement », rappelle David Pilczer, consultant senior chez Groupe Square.

Dans la banque, tout le monde est aujourd’hui concerné. « Le front office a de plus en plus la responsabilité de l’éthique », rappelait ainsi Pierre Pourquery, European Head of Control and Compliance solutions chez EY Financial Services, lors d’une conférence organisée le mois dernier à Paris par la Fédération bancaire française (FBF) et la Revue Banque autour de l’éthique et la bonne conduite dans la banque et la finance.

Et aucun domaine n’y échappe. Dans l’asset management, par exemple, les investisseurs institutionnels accordent plus d’importance aux standards éthiques d’une société de gestion qu’à n’importe quel autre critère. Pour eux, « agir de façon éthique » puis « divulguer dans le détail tous les frais et tarifs » sont considérées comme les qualités les plus importantes d’une société de gestion. Par ailleurs, « le développement des fonds éthique renforce le besoin de gérants expérimentés et prenant en compte, au-delà des critères financiers traditionnels, des critères de saine gouvernance », rapporte Olivier Coustaing, client partner chez Alexander Hughes.

Ethique et finance font-elles bon ménage ?

Déjà que la finance n’avait pas bonne presse aux yeux de l’opinion, ce n’est pas l’affaire (une de plus !) des Panama Papers qui va mettre un terme au ‘banker bashing’. Pour un banquier, parler d’éthique devant le grand public est devenu un exercice périlleux. Moins périlleux toutefois que celui qui consiste pour un professionnel de la finance de dénoncer les agissements frauduleux au sein de son entreprise. En France, plusieurs ‘lanceurs d’alertes’ ont été menacés ou poursuivis par leur employeur, ce qui a incité des mouvements associatifs ou politiques à demander la mise en place d’une législation afin de les protéger. A ce sujet, le projet de loi Sapin qui devrait encadrer la protection des lanceurs d’alerte sera débattu à l’Assemblée nationale le 7 juin prochain.

Encore faut-il que les lanceurs d’alerte en question soient reconnus de bonne foi et animés de bonnes intentions. Ce qui n’est pas toujours facile à démontrer. Pour preuve, les conseillers prud’homaux ne sont pas parvenus à trouver un accord dans le conflit qui oppose Natixis et son ex-directeur des contrôles et risques, licencié par son employeur en novembre 2014, après 16 ans d’ancienneté dans la banque.

Sachez enfin que si continuer de travailler en banque vous pose un réel cas de conscience, rien de vous empêche de mettre votre expérience en finance au service de l’éthique, comme l’a fait Christophe Nijdam qui, après avoir occupé pendant plus d’une douzaine d’années des fonctions de direction au sein de plusieurs grands établissements bancaires français, a rejoint en janvier 2015 Finance Watch, une association indépendante sans but lucratif destinée à établir un contrepoids au puissant lobby de l’industrie financière.

Crédit photo : JJPan

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