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Les gestionnaires d’actifs doivent-ils craindre les robo-advisors ?

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Les professionnels de l’investissement s’inquiètent des imperfections des services de conseil automatisés, des risques de vente abusive de conseils financiers et de possibles défauts en matière de protection des données. Tel est le constat d’une étude « Fintech » réalisée auprès des membres du CFA Institute, l’association mondiale des professionnels de l’investissement, auprès de plus de 3.800 de ses membres à travers le monde.

Parmi le nombre toujours croissant d’innovations technologiques dans le secteur de la finance, ce sont les robo-advisors (robots conseillers) qui auront l’impact le plus conséquent à court (un an) et moyen terme (cinq ans). Les professionnels interrogés estiment à une majorité écrasante (70 % d’entre eux) que cet impact sera positif pour les investisseurs grand public aisés, avec une réduction des coûts, un meilleur accès aux services de conseil et une plus grande variété de produits.

« Notre étude confirme l’intuition selon laquelle les innovations technologiques rapides pourraient potentiellement reconfigurer, voire bouleverser le secteur de la gestion d’actifs », indique Svi Rosov, analyste pour le CFA Institute. Car sans surprise, la gestion d’actifs (54%) est considérée par les professionnels de l’investissement comme étant le secteur susceptible d’être impacté, loin devant la banque (16%) et les métiers titres (12%), l’assurance (8%), la gestion de fortune et le conseil financier (7%).

Des craintes mitigées

« L’étude révèle également que les professionnels de l’investissement ne sont pas encore convaincus que les investisseurs en profiteront de manière univoque », poursuit Svi Rosov. En effet, ce qui divise le plus les participants de l’étude est l’impact des outils de conseil financier sur la fraude et la vente abusive, ainsi que sur la qualité des services de gestion : les avis sont divisés à part presque égale entre, d’un côté, les professionnels persuadés que la prévalence grandissante des outils de conseil financier accentuera la fraude et la vente abusive et, de l’autre, ceux qui sont convaincu du contraire.

Cependant, en termes de risques liés aux robo-advisors, ces mêmes professionnels estiment à 46 % que le risque le plus élevé concerne des défauts dans les algorithmes de gestion financière, suivis par la vente abusive (un risque élevé pour 30 % des personnes interrogées) et un défaut potentiel de protection des données (pour 12 % des personnes interrogées).

Quid des conseillers en chair et en os…

L’étude estime en outre qu’il est improbable que les outils financiers automatisés remplacent le contact avec les conseillers en chair et en os pour les investisseurs institutionnels et les particuliers très fortunés (high-net-worth individual). Le caractère « sur-mesure » du conseil financier pour ces segments de marché particuliers est en effet difficilement compatible avec l’automatisation et la standardisation qui caractérisent des outils tels que les robo-advisors. « Les robo-advisors ne prendront jamais la place des gestionnaires d’actifs traditionnels pour les clients les plus aisés », confirme une étude de Citi qui vient elle aussi de paraître. De fait, ces investisseurs, au portefeuille conséquent et aux besoins d’investissement potentiellement très divers et complexes, continueront sans doute à préférer un conseil personnalisé et à visage humain.

« Une partie de la population voudra toujours une personne physique devant elle. Notre offre s’adresse à tous les autres », rassure Guillaume Piard, fondateur du service d’investissement automatisé Evest.fr, à l’occasion d’une table ronde d’experts intitulée FinTech 2016 : l’ère des Robo-Advisors et organisée mardi 12 avril par CFA Society France dans les locaux de BNP Paribas (preuve de l’intérêt des banques traditionnelles pour le sujet). Pour cet ancien banquier de Lehman Brothers et Nomura qui a travaillé dix ans en finance de marché, « les robo-advisors ne sont pas souvent positionnés sur le trading algorithmique et derrière la technologie, il y a bien un comité de gestion constitué de personnes en chair et en os », comme dans n’importe quelle société de gestion traditionnelle.

Ne pas opposer les deux modèles

Certains robo-advisors entendent bien se développer en parfaite harmonie avec les acteurs classiques (banques privées, CGPI,…). « Notre ambition est de les amener à s’auto-disrupter en leur proposant de les équiper avec notre palette de services », explique ainsi Nicolas Gonzales, co-fondateur de Fundvisory qui se définit comme un équipementier de la finance du futur en gestion de portefeuille, recherche et ingénierie financière et en technologie digitale.

« L’idée n’est pas d’opposer les modèles. Ces derniers se complètent : les modèles traditionnels ont besoins des nouveaux pour pénétrer de nouveaux marchés et acquérir de nouveaux clients. Ils sont tous les deux utiles au marché et au financement de l’économie », complète Franck Guiader, directeur de la Division Régulation de la Gestion d’Actifs à l’AMF. De quoi apaiser les craintes des assets managers traditionnels les plus inquiets face à l’émergence des robo-advisors, qu’ils s’appellent Betterment ou WealthFront aux Etats-Unis ou encore Yomoni, Marie Quantier, Advize, FundShop, WeSave (ex-Anatec)… dans l’Hexagone.

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