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SocGen poursuivi par un employé licencié trop compétent ?

Un ancien responsable des ventes de produits de taux (Fixed income) en Europe pour les institutions financières chez SocGen à Londres a engagé un bras de fer juridique avec son ex-employeur.

Raphael Geys accuse la banque de l’avoir licencié en novembre 2007, huit mois après une promotion, car les termes de son contrat, vraisemblablement basé sur un intéressement aux résultats, se seraient révélés trop généreux .

L’ex-employé se rebiffe et réclame ce qu’il affirme lui être dû, à savoir 12,5 millions d’euros, alors que la banque ne lui aurait versé que 7,9 millions d’euros lors de son licenciement. Raphaël Geys a plus que doublé le résultat opérationnel de son département qui est passé de 205 millions d’euros au moment de son arrivée en janvier 2005, à 440 millions d’euros fin 2007.

Raphael Geys ne semble pas avoir rejoint un grand établissement financier depuis son licenciement et il serait actuellement consultant en Belgique, où il a étudié.

Un cas qui n’est pas isolé

Aussi surprenant que cela puisse paraître, et si l’on en croît les avocats londoniens, les cas de professionnels super performants licenciés et réclamant d’importants dédommagements financiers ne seraient pas rares.

On serait tenté de penser que les banques ont tout intérêt à garder ces éléments, explique Charles Ferguson, avocat londonien spécialisé dans la défense de traders. Pourtant, chez certaines institutions, il existe un plafond au-delà duquel elles ont une vraie réticence à payer. La moindre excuse est alors utilisée pour faire sortir celui qui a franchit cette limite.

La plupart des banques incluent une clause dans leurs contrats qui spécifie que pour percevoir votre bonus, vous devez être employé à la date du paiement de celui-ci. Il n’est donc pas surprenant de voir les licenciements se multiplier chaque année quelque temps avant le versement des bonus.

Une clause surprenante

Parallèlement, les contrats qui stipulent un intéressement aux résultats peuvent être rendus caducs si les traders ou les sales sont licenciés pour faute grave, motif favori des banques dans ce type de limogeage.

L’intéressement sur les résultats est une pratique courante dans les hegde funds, beaucoup moins dans les banques, de surcroît françaises. SocGen a également introduit une clause plutôt atypique dans le contrat de Geys : si celui-ci refuse les indemnités de départ et décide de poursuivre la banque, il perd alors le droit à toute indemnité (timesonline.co.uk).

Dans des documents remis devant la Haute Cour de Londres, la banque a souligné que le contrat de travail de Raphaël Geys prévoyait certains versements au moment de la résiliation de son contrat en échange d’un engagement de sa part à ne pas faire de réclamation supplémentaire.

Aux yeux des avocats du droit du travail anglais, cet élément est particulièrement bizarre. Si la raison du licenciement était pour la banque de se soustraire du montant dû ou même si la banque a essayé de le convaincre d’accepter des indemnités moindres, et qu’il ne s’agissait donc pas d’un licenciement légitime, alors ce professionnel a de bons arguments pour sa défense et a raison de porter l’affaire devant le tribunal , relève Ronnie Fox du cabinet Fox Lawyers.

commentaires (6)

Comments
  1. Histoire bidon. 440 m d’Euros c’est déja plus que le P&L complet du fixed Income sales (dérivés compris) de la SG. Et le sieur n’a jamais été MD de la business line.
    C’est pas sérieux….

  2. Pas bidon du tout. Je connais bien un autre cas similaire a la SG en eqd.

    Cela se fait au detriment de la performance a long terme pour l’actionnaire, mais au profit des autres managers qui ont moins a redistribuer a autrui.

  3. Bidon qd même car encore une fois, un MD qui n’est pas un MD et qui ne gère qu’une partie du P&L de la ligne fixed income ne peut pas être considéré comme générant un P&L équivalent à TOUT le P&L sales de la ligne métier. CQFD.
    De plus comparer l’activité FIX et EDQ à la SG même après Kerviel est hors de toute réalité (c’est du 1 pour 4 minimum).
    Et en dernier lieu à la SG comme ailleurs dans le fixed c’est le trading qui est payé et dans l’EQD c’est la vente…. et aucun trader fixed income n’a jamais pu toucher un tel bonus à la SG…imaginez un sales.

  4. cette personne a notamment “amené “IKB comme contrepartie a la SG et cela a couté bcp d’argent à cette dernière….le P&L se réfère aux Sales Credits et pas aux vrais revenus qui sont “bookés” par les desks de trading ; toucher 8mio d'”exit package” dans ces circonstances n’est il pas déja une bénédiction?

  5. Le plus gros bonus payé par la SG a été de 6,5 mio et chez les EDQ (cf même un article sur ce site) et ce niveau n’a jamais été réellement dépassé par le passé en Europe chez SG CIB.
    Le plus gros bonus du FI a été moitié moindre et attribué à un trader. Comme toutes les années passées.

    Comment peut on croire qu’un type présent depuis moins de 2 ans dans une banque puisse prétendre à un bonus (même d’exit package) équivalent au double ?

    Et comment faire avaler qu’en période de pertes pour le Fixed Income de 885 mio d’€ en 2007 (+année Kerviel), un petit génie ait réussi à doubler son P&L ? Sachant qu’encore une fois AUCUNE business lines Sales dans le monde n’affiche bcq plus de 200 mio de P&L sur une année pour un total 2007 de 1,4 milliards d’Euro (cf. bilan)? Et ce sur la seule clientèle Taux Institutions Financières Europe . Un tiers du business à lui tout seul…… c’est sur la SG a bien fait de le virer…… Imaginez 3-4 sales comme ça apportant quasi 1 ard de P&L en plus et chez la SG c’est leur faillite en paiement de bonus.. restons sérieux.
    Les miracles des statistiques sans doute et des effets d’annonce judiciaires à l’américaine….

  6. ces montants de bonus en M€, vrais ou faux, donnent la nausée quand pour sa part on pinaille pour qq centaines d’€.

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