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La faillite de Hottinger révélatrice de la fragilité des petites banques privées suisses ?

Hottinger & cie serait-elle l'arbre qui cache la forêt ?

Hottinger & cie serait-elle l'arbre qui cache la forêt ?

Si des opportunités sont à saisir dans les grandes banques suisses (notamment chez Credit Suisse qui dans le cadre de sa réorganisation a décidé de se renforcer en Suisse), ce n’est peut-être pas le moment le plus opportun d’aller frapper à la porte des petites banques privées suisses. L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) vient en effet de décider cette semaine l’ouverture d’une procédure de faillite à l’encontre de la banque de droit suisse Hottinger & Cie spécialisée dans la gestion de fortune.

Pour justifier sa décision, la FINMA évoque le risque de surendettement qui menace la banque. « Les efforts déployés par la banque et ses actionnaires n’ont pas été couronnés de succès. La recapitalisation prévue n’a pu être réalisée et la dotation en fonds propres restait trop faible par rapport aux exigences légales », précise la Finma dans un communiqué, précisant qu’aucun investisseur convenable ne s’est déclaré prêt à reprendre la banque, et ce malgré des rumeurs de rachat qui circulaient autour de la banque début septembre.

A noter que cette faillite fait des remugles au-delà de la Suisse. Face à la suspicion née de d’un patronyme très proche de celui de la banque zurichoise, la Banque Hottinguer située à Paris à tient à préciser qu’elle et ses filiales (Hottinguer et Cie Gestion Privée et Hottinguer Corporate Finance) n’ont aucun lien capitalistique, juridique, commercial ou autres avec la banque suisse Hottinger et Cie S.A. « La Banque Hottinguer est l’unique établissement portant ce nom à exercer des activités de Banque en France, régulées par la Banque de France », rappelle Jean-Philippe Hottinguer, président du Conseil de Surveillance.

L’arbre qui cache la forêt ?

Retour sur la victime. La banque Hottinger & Cie présente un bilan total d’environ 145 millions de francs de suisse (134 millions d’euros) et 1,5 milliard de francs suisses d’actifs sous gestion. Elle compte près de 1.500 clients (qui seront dans un premier temps remboursés à hauteur de 100.000 francs suisses) ainsi qu’une cinquantaine d’employés principalement à Zurich où siège la banque et à Genève où elle dispose d’une importante filiale, mais également à Bâle, Sion et Brigue, et même à New York où la banque est présente.

Cette procédure de faillite – fait assez rarissime sur les rives du Léman – d’une banque, qui plus est vieille de 200 ans, est-elle un cas isolé ou bien un révélateur de la fragilité des petites banques privées suisses ? Car jusqu’au dernier moment le patron de Hottinger & Cie semble avoir été à la recherche d’opportunités, « comme de nombreux acteurs de la place, notamment de petite taille », avait-il précisé par email au Journal Le Temps.

Ce qui est certain, c’est que cela fait maintenant plusieurs années que le secteur est en pleine consolidation. Régulièrement de petits établissements ou des succursales étrangères de grandes banques se font avaler par plus importants qu’eux (souvent des banques suisses). En février 2015, la banque privée Notenstein, une filiale du groupe Raiffeisen, avait ainsi repris la banque privée La Roche.

D’autres faillites à venir ?

Alors qu’à fin 2013, on comptait 283 établissements bancaires opérant en Suisse, ils n’étaient plus que 275 à fin 2014. « Ce recul s’explique par cinq retraits du statut bancaire, deux liquidations, deux rachats par d’autres banques », rappellent les auteurs du Baromètre bancaire 2015 réalisé par l’Association suisse des banquiers (ASB).

Et ce n’est vraisemblablement là qu’un début. Les choses pourraient empirer avec le durcissement de la réglementation bancaire internationale et la fin annoncée du secret bancaire suisse en 2018. « La consolidation à laquelle assiste le secteur bancaire n’est pas prête d’avoir trouvé son épilogue », confirme dans un entretien avec AWP Philipp Rickert, responsable des services financiers de KPMG Suisse, pour qui le nombre d’établissements est amené à se réduire drastiquement, à potentiellement moins de 200. Pas très rassurant.

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Crédit Photo : ©Fred Merz/Rezo

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