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Du back au front office : le grand saut

Le passage du back et middle office vers le front office revient un peu à escalader la muraille de Chine. Seuls quelques individus peuvent profiter d’une promotion interne. L’exception confirme la règle.

Si vous avez un jour flirté avec l’espoir de profiter du charme, du pouvoir et de l’argent et associés aux fonctions de front office, vous risquez malheureusement de vous languir. En France, on aime bien mettre les gens dans des cases, nous a confié un chasseur de tête. Difficile ensuite d’en sortir… .

Il y a aussi l’argument, assez consensuel, selon lequel à chacun ses compétences . Les profils et les compétences développés en back office et front office sont très différents, estime Dexia. Un back-office doit être très précis et organisé, aimer la technicité des processus et des procédures, etc. Un front office doit avoir une très grande résistance au stress, aimer les chiffres et surtout avoir une passion pour les marchés financiers et leur évolution .

Une mobilité plus facile pour les professionnels du middle-office

Mais, après tout, l’espoir est permis. Il est possible de passer du back office au front, affirme pour sa part le porte-parole de Fortis. Ces passages sont gérés au cas par cas, en fonction des compétences personnelles et de la personnalité du professionnel. Ceci se fait alors dans le cadre d’une réorientation de carrière plutôt que d’une promotion .

Le front office regroupe trois grandes lignes métiers : le trading, la gestion de fonds et les fonctions commerciales. Il y a peu de chances de décrocher un poste de trader, regrette Vincent Picard, du cabinet de recrutement FED Finance. Il y a de moins en moins de postes en France. En revanche, la gérance de fonds offre plus de possibilités après un début de carrière en middle office. Mais celles-ci demeurent rares. Enfin, l’accès aux fonctions commerciales est possible mais difficile . Il apparaît, dans tous les cas, que plus vous êtes en contact avec un trader, plus vous maximisez vos chances de le remplacer un jour.

Mobilité interne vs recrutement via un cabinet

Nous misons sur la mobilité interne, assure de son côté le groupe bancaire belge Fortis. Chaque poste à pourvoir est d’abord mis à disposition du personnel. Si, après trois mois, il n’est pas pourvu alors nous faisons appel à une candidature externe . C’est sans doute en Belgique, plus qu’en France, que cette opportunité se présente le plus souvent. Contrairement à l’Hexagone, il n’y a pas de formation pure à la finance en Belgique. Toute jeune recrue suit une formation de deux ans (graduate program). Une personne en middle office ou back office peut tout à fait intégrer un poste de front office, estime Fortis. La formation est faite pour cela. Nous voulons donner l’occasion à nos employés de se tester sur différents métiers et zones géographiques .

Si vous ne parvenez pas à vos fins via l’évolution interne, vous pouvez être pessimiste… Car un tel mouvement ne passe jamais par un cabinet de recrutement, affirme Shaun Springer, manager du cabinet de recrutement Napier Scott. Si je faisais cela, mon client se poserait des questions sur ma méthodologie . Bref, il ne faut pas compter sur les cabinets de recrutement pour vous aider à arriver à vos fins. Les banques, surtout en France, mettent cartes sur table dès les premiers échanges de l’entretien d’embauche. Les banques ne laissent aucun espoir, constate FED Finance. Si, en plus vous n’avez pas fait une grande école, alors c’est cuit ! .

D’intéressantes évolutions de carrières .. dans tous les cas

Andrew Pullman, directeur des ressources humaines de la société de conseil et ancien chef du service capital markets de Dresdner Kleinwort tempère : Les meilleurs éléments de tous les départements peuvent obtenir un poste en salle marché . De son côté, John Harker, responsable des ressources humaines de Citigroup, délivre ce conseil : Mieux vaut s’écarter des principaux centres financiers. Les bureaux plus excentrés ou de taille plus réduite permettent à leurs employés de la polyvalence . Enfin gardez bien en tête que les fonctions back et middle office offrent, chacune à leur manière, d’intéressantes évolutions de carrières , relève Vincent Picard.

commentaires (9)

Comments
  1. Il ne faut pas hésiter à partir à Londres!!!

  2. L’article que je viens de lire est bien Français, surtout quand on sait qu’aux US n’importe quel profil peut travailler dans une salle de marché, seules les compétences comptent!!!!

  3. Je dis qu’il est possible de passer du back au front, à condition bien sûr d’avoir le niveau théorique requis (master en finance de marché au min), et les qualités personelles (dynamisme, passion des marchés, gestion du stress etc) requises.
    Evidemment la France est le pays le moins évident pour ce type de “saut”, c’est pourquoi il ne faut pas hésiter à tester l’international pour une expérience en front, quitte ensuite à revenir en France et pouvoir mieux se vendre. Tout cela en prenant bien garde toujours d’avoir un parcours professionnel des plus cohérents…et last but not least d’avoir une motivation sans limite !

  4. Qu’est ce que vous appelez par niveau théorique requis? J’ai malheureusement l’impression qu’un “simple” master en finance de marché ne suffit pas mais qu’il faut l’avoir obtenu dans une très grande école.
    Je ne suis pas sur que la motivation suffise (même si je l’éspère) car en France les recruteurs jettent les CV où il n’est pas inscrit le nom d’une école prestigieuse.

  5. Je ne suis pas sur que le passage d’un back/ middle vers un front se fasse sur des critères de motivation. Je connais quelques personnes qui ont eu cette chance et cela ne se fait que par “piston” (la voie royale etant d’effectuer un stage au front office et de se faire embaucher à la suite de son stage)

    Pour ma part je pense avoir demontré ma motivation en suivant des cours du soir en finance de marché ( niveau master) et maths pour la finance pendant trois ans…sans resultat.

    Les cabinets de recrutement ont tendance en effet à proposer aux candidats un poste en rapport avec leur experience passée sans tenir compte des desirs d’evolution. J’ai l’impression que l’exception française fait que “l’on est bon à faire que ce que l’on a déjà fait” et cela est vraiment dommage.

    Cet avis est tiré de mon experience (5 ans) dans un grand groupe bancaire, je pense que la situation est toute differente dans de petites et moyennes entreprises

    Mon conseil pour les jeunes diplômés: n’esperez pas evoluer d’un back middle vers un front dans une grande entreprise tentez directement d’effectuer votre stage de fin d’etudes au front office, sinon privilegiez les petites et moyennes structures

  6. Je suis un peu confus: En effet la structure de l’organigramme est fonction des besoins du marché et de la nature de la banque.Toutes les interventions que j’ai lues sont différentes des réalités du marché en afrique.Ainsi les professionnels préfèreent une migration du front vers le back.

  7. le grand saut j’ai deja essayé mais je suis tombé dans le ravin, et maintenant j’ai mal partout!!

  8. Remettons les choses a leur place : il y a 2 soprtes de Midlle :

    1/middle operationnel regroupant les assistants traders travaillant donc en proche collaboration avec le FO (booking des deals, analyse risque, valo)et Middle.

    2/Les autres MO appelés aussi Middle-Back qui font du referentiel, du rapprochement, du contrôle. La tendance est la même chez tous les leaders. Face à des produits et process de plus en plus complexes, sont crées des cellules specialisées par produit, process garantissant que tous ce qui est traité au Fo arrive bien sur le marché et au client.

    Les assistants traders ont 1 chance/300 de devenir trader en promotion interne. Les cas sont très rares. En plus de 4 ans en rouge et noir j’en ai vu qu’une petite dizaine …sur des centaines de candidats, rajouté à cela un turnover impressionnant sur ce type fonctions support.

    Les candidats experimentés en “Middle-Back” et les juniors diplomés d’ecole d’eco ou de Master universitaire : 0 chance d’accés au FO, pas sur Paris du moins …

    A 100% d’accord avec Dom, rien à voir avec la motivation. La SG pour ne pas a citer est la plus elitiste de toutes les banques. Certains HEC sont dans ses murs a faire du booking et du rappro rebarbatif et inintéressant à souhait …

    Les postes de trader sont exclusivement reservé à des profils ingénieurs à double voire triple compétence issus de prestigieuse ecole.

    Partez à Londres ….enfin c’est plus trop la periode ..on assiste à un flux inverse de puis la crise. On est peut-être pas si mal en France.

    Pour toutes les personnes omnibulées par la voie royale, n’oublions pas qu’il y a de belles carrières dans les fonctions supports type Back et Middle-Office. Il faut juste se montrer curieux et dynamique. “Petit”Bac+4 en Eco, je suis responsable d’une douzaine de personne en MO et j’ai vu de belles evolutions de “simples” technicien BO vers des postes d’Audit, Orga, Manager operationnel, Manager de 2nd niveau, Chef de projet, etc …

  9. Assez instructif vos opinions quant à l’évolution impossible en France, due à une hyper-rigidité des recruteurs, et aussi toujours due à ce problème d’accès aux grandes cartes de visites (pardon aux grandes écoles).
    Est-il possible d’envisager sans se mentir à soi-même une carrière en FO si on n’a pas fait HEC DEAUPHINE ? et si papa ou tonton n’est pas trader à Paris ? Car ce métier et son environnement sont une passion pour moi…

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