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Les investment bankers d’UBS doivent prendre plus de risques ou être moins payés !

On n’aimerait pas être à la place d’Oswald Gruebel demain à la journée Investisseurs d’UBS alors qu’il devra s’expliquer sur les pertes accusées dans sa banque d’investissement au troisième trimestre, la seule dans le secteur.

Ne pas payer en 2008 a coûté cher à la banque

Nous avions suggéré à l’occasion de la publication des résultats que des licenciements n’étaient pas à exclure, sachant que le directeur financier du groupe, John Cryan, avait alors écarté l’idée de ne pas payer correctement les 17.000 employés de la division.

Nous sommes l’exemple vivant d’une banque qui a expérimenté ne pas payer ses collaborateurs et cela ne nous a franchement pas réussi en 2008 , avait-il alors tranché. Une vague de défections avait affecté la première banque suisse après des bonus en chute de 78%. UBS a dû récemment embauché plus de 850 personnes dans ses activités de trading, assurant aux recrues qu’elles seraient payées le prix du marché, quoi qu’il arrive.

Aujourd’hui Bloomberg revient à la charge. Pour la journaliste, le CEO Oswald Gruebel est sur la corde raide .

Dernière de la classe

Sur les neuf premiers de l’année, les revenus d’UBS dans le trading étaient les plus mauvais sur un panel de huit établissements (45% en dessous de la moyenne trimestrielle de Goldman Sachs, JPMorgan, Citigroup, Bank of America, Deutsche Bank, Barclays, Morgan Stanley et Credit Suisse réunis). Et aussi 27% moins que ses propres objectifs. Les activités actions ont signé le deuxième plus mauvais trimestre en sept ans alors que les résultats du fixed income étaient quasiment divisés de moitié sur un an.

Ils doivent prendre à nouveau des risques ou payer moins, a indiqué Kian Abouhossein, analyste chez JPMorgan à l’agence. La question est la suivante : est-il nécessaire d’avoir les meilleurs collaborateurs sur le marché si vous menez un business très orienté sur les activités de flux. C’est le dilemme sur lequel ils doivent se décider .

Payés à se tourner les pouces ?

Les actifs de la banque uniquement détenus à des fins de transaction sur les marchés s’élevaient à 246 milliards de francs au troisième trimestre contre 654 milliards à la fin 2005. Nous n’avons plus le même volume de positions. Nous nous reposons davantage sur les personnes qui souhaitent faire du business avec nous , avait commenté John Cryan il y a mois.

Le souci : Une banque qui oriente son activité vers les clients est complètement soumise aux aléas de leur demande. Si les clients n’appellent pas, les collaborateurs sont littéralement assis là à se tourner les pousses parce qu’ils ne sont autorisés à rien faire d’autre , relève Dirk Hoffmann-Becking, un analyste chez Sanford C. Bernstein à Londres, interrogé par Bloomberg.

Prendre plus de risques est un pari… périlleux

Mais, dans ce cas, comment se permettre de payer ses collaborateurs aussi généreusement qu’UBS le fait ? La rémunération moyenne par banquier s’élève actuellement à CHF322k ($331k), plus élevé que chez sa concurrente Credit Suisse (CHF293k) et en hausse de 14% par rapport 2009. Sur l’ensemble des activités BFI, UBS a mis 83% de ses revenus pour Q3 de côté pour les rémunérations de ses employés. Sur 2010, le ratio atteint 56%, le plus élevé parmi ses concurrents.

Le mois dernier Oswald Gruebel avait indiqué au journal allemand Welt am Sonntag que la banque d’investissement devait prendre plus de risques si elle voulait rester dans la compétition. Une orientation qui ne fait pas l’unanimité. Nous avons vu il y a cinq ans ce que cela donnait quand UBS décidait de rattraper la concurrence en prenant plus de risques, témoigne Dirk Becker analyste chez Kepler Capital Markets à Francfort. Ce n’était pas une bonne idée .

commentaires (1)

Comments
  1. Il est temps de rendre UBS à Warburg.

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