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L’avenir des banques d’investissement : l’homme devra-t-il s’effacer devant l’ordinateur ?

banques d'investissement

Les banques d’investissement sont à la croisée des chemins. La culture reste orientée vers les bonus, en dépit de la pression du régulateur et des politiques pour limiter les abus ; les problèmes de réputation sont légions, et les actionnaires ne cessent de se plaindre de la rentabilité des capitaux propres qui stagne désespérément.

Les choses doivent évoluer. Un point largement souligné, et qui fait l’objet d’un rapport à large spectre d’EY sur l’avenir de la banque d’investissement. Le cabinet y dresse une liste de suggestions quant aux nécessités d’évolution du secteur. Il va sans dire que ces propositions auront inévitablement des conséquences sur les perspectives d’emploi et les salaires.

  1. La compétition sur tous les fronts

Les banques d’investissement sont en compétition avec les fonds spéculatifs en termes de recrutement de traders et de revenus du trading, et sont confrontées à celle des fonds de capital-investissement – qui chassent les meilleurs talents, et des banques d’affaires et autres boutiques qui cherchent à prendre pied dans le domaine du conseil. Par la force des choses, nombre de banques d’investissement ont déjà dû revoir leur business model et se retirer de certaines fonctions de trading – ce qu’EY décrit comme un passage en mode « protection pour la survie ». Ceci signifie concrètement moins de postes en trading, en particulier en fixed income, devises et matières premières, mais potentiellement plus dans les fonctions de conseil.

Ci-dessous un aperçu des changements stratégiques annoncés pour les grandes banques d’investissements, issu d’un rapport du FMI et intégré à l’étude EY.

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  1. D’autres banques devraient suivre l’exemple de ‘délocalisation régionale’ initié par Deutsche Bank

Sans surprise, EY demande aux banques de déterminer les tâches qui doivent demeurer en interne, et celles susceptibles d’être mutualisées, décentralisées voire entièrement externalisées. Celles de back et front office n’ont aucune obligation d’être basées dans les centres financiers générateurs de coûts et peuvent être facilement délocalisées en région, sur des sites plus abordables. La tendance devrait ‘s’accélérer’ dans les années à venir.

EY indique par ailleurs que 20% à peine des clients génèrent 80% des bénéfices réalisés par les banques d’investissement et évoque un point intéressant par rapport à la délocalisation régionale d’un plus grand nombre de fonctions. A l’heure actuelle, les banques ont pour principal objectif de fournir des services ‘personnalisés’ à quelques clients dûment sélectionnés, alors qu’accorder une attention accrue aux clients ‘intermédiaires’ serait en fait un bon moyen de booster leur chiffre d’affaires.

Deutsche Bank a déjà franchi le pas l’an dernier en installant à Birmingham des traders ‘low touch’, qui gèrent des opérations pour le compte de plus de 500 clients moins importants, mais en leur accordant plus d’attention : un changement facilité par des niveaux de salaires inférieurs, liés à une implantation géographique plus favorable en termes de coûts. Et un essai transformé jusqu’à présent, qui pourrait motiver d’autres banques à emprunter la même démarche.

  1. Les banques d’investissement doivent attirer une autre typologie de collaborateurs

J.P. Morgan et Goldman Sachs ont toutes deux réagi à la rhétorique des rémunérations en banque d’investissement en déclarant qu’elles continueraient de rémunérer la performance. Bien que les compléments de salaires se soient récemment trouvés au cœur de plusieurs scandales dans le secteur de la banque d’investissement, peu de banques rééquilibrent les rémunérations en minorant la part de la performance.

Selon EY, c’est un autre point qui doit changer dès l’embauche. Il faut arrêter de balancer toujours plus d’argent aux juniors pour les convaincre que la banque d’investissement est le créneau idéal pour lancer leur carrière. A cet effet, « les établissements financiers devraient réfléchir à d’autres formes d’incentives, comme des programmes de reconnaissance en interne, plus de mobilité, des possibilités de détachement, de formation – continue ou complémentaire, et une meilleure allocation du temps en faveur du développement de concepts novateurs ou l’accessibilité à des fonctions transversales pour les collaborateurs ». Bonne chance !

D’autant que ces perspectives ne sont pas sans lien avec un renforcement de la culture du risque, d’où le graphe ci-dessous reprenant les principales initiatives en ce sens.

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  1. Les banques d’investissement sont destinées à se différencier par la technologie plutôt que par les hommes

La finance, c’est avant tout un capital humain – c’est du moins ce que professe la sagesse populaire. Embauchez les bonnes personnes pour générer de bons résultats. Le message est en passe d’évoluer – et investir dans la technologie devient la perspective d’avenir.

« Dans un avenir toujours plus frileux vis-à-vis du risque, la capacité des personnels à innover pour générer plus de chiffre sera limitée. Dans ce contexte, les grandes banques d’investissement se distingueront par le coût, la rapidité d’exécution et la qualité du service », prédit EY.

Partant du principe que les banques d’investissement délocalisent de plus en plus fréquemment les fonctions informatiques vers des sites offrant une meilleure maîtrise des coûts, ou se tournent vers des solutions existantes pour là encore réduire les coûts, cela n’a rien d’une bonne nouvelle. Les trois quarts des sommes allouées à l’informatique concernent la maintenance des systèmes existants. Pour EY, « le défi pour les banques d’investissement est tel qu’elles seront contraintes de faire plus avec moins ».


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